Combien a gagné Total grâce à la hausse des prix de l’énergie ?

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TotalEnergies a enregistré une forte hausse de son bénéfice net au troisième trimestre, la flambée des prix du gaz provoquée par la guerre en Ukraine ayant aidé le groupe français à surmonter une nouvelle charge de dépréciation de plusieurs milliards de dollars.

Les actions de TotalEnergies ont grimpé de 2,95 % jeudi pour clôturer à 54,48 €, se rapprochant du sommet annuel de 56,52 € enregistré le 8 juin dernier.

Le bénéfice ajusté avant intérêts, impôts, dette et amortissement a augmenté de 74 % en glissement annuel au cours de la période de trois mois, pour atteindre 19,42 milliards de dollars.

Cette progression est due en grande partie à l’unité intégrée gaz, énergies renouvelables et électricité de TotalEnergies, qui a affiché un résultat d’exploitation record grâce à une hausse de 54 % du prix de vente moyen du gaz naturel liquéfié par rapport au trimestre précédent. Cela a permis de compenser l’impact d’un arrêt non planifié de la production dans ses opérations sur le champ pétrolifère de Kashagan, en mer Caspienne.

Parallèlement, le bénéfice net, qui tient compte d’une charge de dépréciation de 3,1 milliards de dollars, a augmenté pour atteindre 6,6 milliards de dollars. TotalEnergies a déclaré que la charge était “liée à la Russie”, mais n’a pas fourni d’autres détails.

Au début du mois, le directeur général Patrick Pouyanné a déclaré lors d’un forum à Londres que TotalEnergies continuerait à expédier du gaz naturel liquéfié de Russie tant qu’il n’y aurait pas de sanctions européennes sur ce combustible. Mais Pouyanne a souligné que l’entreprise n’investissait plus dans de nouveaux projets dans le pays.

TotalEnergies a déclaré que les bénéfices trimestriels élevés l’ont conduit à annoncer un acompte sur dividende supplémentaire de 0,69 dollar par action plus tard dans l’année, marquant ainsi son troisième versement aux actionnaires en 2022.

Pour l’avenir, TotalEnergies a prévenu que les marchés du pétrole et du gaz sont confrontés à une “forte volatilité.” Toutefois, elle s’attend à ce qu’une récente réduction de la production par les pays de l’OPEP+ et une prochaine interdiction européenne des exportations d’énergie russe continuent de soutenir les prix du pétrole en 2023, malgré un ralentissement prévu de l’activité économique mondiale l’année prochaine.

“Les prix du gaz devraient également rester élevés, en raison de la nécessité d’importer [du gaz naturel liquéfié] en Europe pour remplacer les importations de gaz russe”, ajoute-t-elle.