Alors qu’un nouvel écosystème des paiements est en train de voir le jour, les volumes de paiements digitaux continuent à progresser

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La digitalisation accrue des paiements B2B impacte les marchés régionaux

Paris, New York, le 9 octobre 2017 — Selon l’édition 2017 du World Payments Report (WPR 2017), les volumes de paiements digitaux devraient augmenter de 10,9% d’ici 2020 pour atteindre près de 726 milliards de transactions à travers le monde. Réalisé par Capgemini, l’un des leaders mondiaux du conseil, des services informatiques et de l’infogérance, et BNP Paribas, acteur majeur et l’un des leaders mondiaux des transactions bancaires et de la gestion de capital, le WPR 2017 anticipe une hausse de 19,6% des volumes générés par les économies émergentes, soit trois fois plus que pour les économies matures. Les pays asiatiques émergents[1], avec à leur tête la Chine et l’Inde, devraient voir leurs volumes de paiements progresser de 30,9%. Enfin, selon les estimations, le TCAC[2] des paiements non-cash[3] effectués par des entreprises et des organismes publics devrait être de 6,5% pour la période 2015-2020, ce qui correspond à plus de 122 milliards de transactions.

Entre 2014 et 2015, le volume des transactions non-cash dans le monde a augmenté de 11,2% pour atteindre les 433,1 milliards, ce qui représente la plus forte hausse de la décennie. En 2015, la croissance a été portée par les marchés en développement, qui ont progressé de 21,6%. Les marchés matures ont de leur côté enregistré une croissance de 6,8%, contre 6% en 2014.

Malgré une adoption de plus en plus répandue des paiements digitaux, ceux en espèces restent prédominants, en particulier pour les transactions de faible valeur. Selon le WPR 2017, la mobilité, le secteur des loisirs, les médias, ainsi que les technologies telles que la domotique, le paiement sans contact, les « wearables »[4] et la réalité augmentée devraient favoriser la progression des transactions non-cash.

Par ailleurs, la digitalisation accrue des paiements B2B impacte les tendances régionales. Sur les marchés matures d’Asie-Pacifique, les PME utilisent la facturation digitale, les cartes virtuelles, ainsi que les solutions financières et comptables hébergées dans le Cloud. Les pays asiatiques émergents plébiscitent quant à eux les cartes de crédit, qui simplifient et sécurisent les paiements tout au long de la chaîne logistique.

L’émergence d’un nouvel écosystème des paiements

Le WPR 2017 met également en lumière divers facteurs comme la directive DSP2[5], les FinTechs, l’évolution des attentes des entreprises et des clients en matière de services à valeur ajoutée et la multiplication des technologies de paiement qui, en créant un environnement réglementaire évolutif, favorisent l’émergence d’un nouvel écosystème des paiements.

« Au sein de ce nouvel écosystème dynamique, les acteurs du secteur des paiements doivent procéder à une réévaluation stratégique de leur position, » explique Anirban Bose, Directeur des marchés bancaires et financiers chez Capgemini. « Les banques doivent profiter de cette opportunité pour améliorer leurs offres, en collaborant notamment avec les FinTechs et les développeurs tiers. Les progrès technologiques ainsi que les avancées sectorielles majeures, comme les APIs[6] ouvertes, les paiements instantanés, la blockchain et la standardisation réglementaire, incitent à ces collaborations. »

Une nouvelle opportunité pour les trésoriers d’entreprise

Les entretiens réalisés dans le cadre de ce rapport ont également permis d’identifier les bénéfices mais aussi les défis que représente ce nouvel écosystème pour la trésorerie des entreprises. En effet, les trésoriers d’entreprise exigent aujourd’hui de pouvoir s’appuyer sur des services de bout en bout plus fiables et participent ainsi à l’évolution de l’écosystème des paiements. Compte tenu du secteur très concurrentiel dans lequel les banquent évoluent, elles peuvent saisir cette opportunité pour consolider les relations avec leurs clients, tout en en attirant des nouveaux. Par ailleurs, la gestion de la trésorerie est de plus en plus digitalisée. L’automatisation des tâches répétitives permet aux trésoriers de se concentrer sur les prévisions de trésorerie ainsi que sur la prévention des fraudes. Dans le domaine des financements commerciaux, les banques et les FinTechs s’intéressent aux « smart contracts » reposant sur la blockchain pour optimiser leurs processus. Enfin, pour les paiements transfrontaliers, les banques expérimentent la blockchain afin de développer en interne des plateformes évolutives de paiement digital.

La collaboration et les systèmes ouverts constituent des menaces de sécurité pour les trésoreries d’entreprise. Les sociétés s’attendent donc à ce que leur banque les aide désormais à améliorer leurs infrastructures de sécurité. De plus, dans ce nouvel écosystème des paiements, les développeurs tiers interagissent directement avec les clients des banques partenaires, ce qui soulève des questions en matière de sécurité, de confidentialité des données et de détection des attaques.

Le rapport met également en évidence un autre défi de taille : le manque de standardisation lié aux différentes normes des organismes de réglementation nationaux et leur interprétation. « Les entreprises et banques multinationales souhaitent une meilleure harmonisation des réglementations à l’échelle du secteur, indique Bruno Mellado, Directeur des paiements et des créances chez BNP Paribas. Dès lors que les questions de sécurité ne seront plus un problème, la collaboration et les partenariats au sein du nouvel écosystème des paiements se renforceront et généreront de la valeur pour les entreprises, les banques et les FinTechs. Ce nouvel environnement permettra de surmonter la plupart des défis auxquels sont confrontées les banques et les entreprises, mais il en restera encore quelques-uns. Les acteurs du secteur peuvent se préparer aux incertitudes liées à l’évolution de l’écosystème des paiements en collaborant avec des banques et des partenaires possédant l’expertise adéquate. »

L’impact des KRIIs (ou Key Regulatory Innovation Initiatives)

Les KRIIs qui visent à encourager la concurrence et réduire les risques sont pointés du doigt dans le rapport car elles compliquent l’environnement réglementaire en renforçant la concurrence entre les prestataires de services et en perturbant des segments traditionnellement stables de la chaîne de valeur des paiements. Elles peuvent cependant améliorer la standardisation et la transparence, ce qui devrait se traduire par des innovations majeures à long terme pour les clients. Les KRIIs mises en œuvre depuis la publication du World Payments Report 2016 se concentrent sur la monnaie digitale, la réduction des paiements en espèces, les FinTechs et les APIs.

Le rapport traite aussi des défis rencontrés par les différentes parties prenantes au moment de la mise en place de la directive DSP2 en Europe. Avec cette nouvelle directive dont l’entrée en vigueur est prévue pour janvier 2018, l’Europe fera un grand pas en avant vers un marché digital interopérable, impactant ainsi largement les banques, prestataires de services de paiement, FinTechs et entreprises. Cependant, un manque de coordination et de gestion intégrée des données au sein des banques européennes pourrait aboutir à des conflits d’objectifs et de priorités et compromettre ainsi la standardisation et la transparence attendues. Parallèlement, les KRIIs concernant les paiements instantanés, la réduction des paiements en espèces et la cybersécurité pourraient encourager les prestataires de services de paiement à créer des solutions qui renforcent la satisfaction client.

Méthodologie du World Payments Report 2017

Cette année, le World Payments Report rassemble des données sur le marché des paiements dans les régions suivantes, qui ont été regroupées en fonction de critères géographiques et économiques et en fonction de la maturité du marché des paiements « non-cash » : Amérique du Nord (Canada et États-Unis), Europe, marchés matures d’Asie-Pacifique, marchés asiatiques émergents, Amérique du Sud et CEMEA[7]. Les résultats du WPR 2017 sont issus d’une enquête mise en ligne en juin 2017 et à laquelle ont répondu les acteurs du secteur travaillant dans des banques, des FinTechs, des institutions financières et des entreprises. Des entretiens auprès de cadres dirigeants ont également été menés. Les résultats de l’enquête et des entretiens ont été intégrés dans notre analyse tout au long du rapport.

[1] Les pays asiatiques émergents sont : la Chine, Hong Kong, l’Inde et les autres marchés asiatiques.
[2] Le taux de croissance annuel composé (TCAC) équivaut au taux de croissance moyen d’un investissement au cours d’une période variable.
[3] « Paiements non-cash » fait référence à l’ensemble des solutions de paiement excluant les paiements en espèces.
[4] Wearable désigne un vêtement ou un accessoire intégrant de l’informatique et de l’électronique.
[5] La révision de la directive sur les services de paiement (DSP2) est une directive de la Commission européenne, qui vise à faire jouer la concurrence en matière de services de paiement, en facilitant l’accès aux données client des banques.
[6] API : Interfaces de Programmation d’Application.
[7] CEMEA : Pologne, Russie, Arabie Saoudite, Afrique du Sud, Turquie, Ukraine, Hongrie, République Tchèque, Roumanie, et autres marchés de l’Europe Centrale et du Moyen Orient.

À propos de Capgemini
Avec plus de 190 000 collaborateurs, Capgemini est présent dans plus de 40 pays et célèbre son cinquantième anniversaire en 2017. Le Groupe est l’un des leaders mondiaux du conseil, des services informatiques et de l’infogérance et a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de 12,5 milliards d’euros. Avec ses clients, Capgemini conçoit et met en œuvre les solutions business, technologiques et digitales qui correspondent à leurs besoins et leur apportent innovation et compétitivité. Profondément multiculturel, Capgemini revendique un style de travail qui lui est propre, la « Collaborative Business ExperienceTM », et s’appuie sur un mode de production mondialisé, le « Rightshore® ».

Rightshore® est une marque du groupe Capgemini

À propos de BNP Paribas
BNP Paribas est une banque de premier plan en Europe avec un rayonnement international. Elle est présente dans 74 pays, avec plus de 192 000 collaborateurs, dont plus de 146 000 en Europe. Le Groupe détient des positions clés dans ses trois grands domaines d’activité : Domestic Markets et International Financial Services, dont les réseaux de banques de détail et les services financiers sont regroupés dans Retail Banking & Services, et Corporate & Institutional Banking, centré sur les clientèles Entreprises et Institutionnels. Le Groupe accompagne l’ensemble de ses clients (particuliers, associations, entrepreneurs, PME, grandes entreprises et institutionnels) pour les aider à réaliser leurs projets en leur proposant des services de financement, d’investissement, d’épargne et de protection.

En Europe, le Groupe a quatre marchés domestiques (la Belgique, la France, l’Italie et le Luxembourg) et BNP Paribas Personal Finance est le 1er acteur spécialisé du financement aux particuliers en Europe.

BNP Paribas développe également son modèle intégré de banque de détail dans les pays du bassin méditerranéen, en Turquie, en Europe de l’Est et a un réseau important dans l’Ouest des Etats-Unis. Dans ses activités Corporate & Institutional Banking et International Financial Services, BNP Paribas bénéficie d’un leadership en Europe, d’une forte présence dans les Amériques, ainsi que d’un dispositif solide et en forte croissance en Asie-Pacifique.

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