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Coface – Notes pays @rating

Coface reclasse la note du Vietnam et déclasse celles de la Bolivie, du Paraguay et de l’Uruguay.
Coface lève la surveillance positive de la note de la Turquie et met celles d’Israël, de l’Egypte et de la Jordanie sous surveillance négative.

Avril 2002 Juillet 2002 Septembre 2002 Décembre2002 mars 2003
Vietnam C sous surveillance positive C sous surveillance positive C sous surveillance positive C sous surveillance positive B
Bolivie B B B B C
Paraguay B sous surveillance négative C C sous surveillance négative C sous surveillancenégative D
Uruguay B C C C D
Turquie C C C C sous surveillance positive C
Israël A3 sous surveillance négative A4 A4 A4 A4 sous surveillance négative
Egypte B B B B B sous surveillance négative
Jordanie B B B B B sous surveillance négative

Ä VIETNAM : reclassement de C (sous surveillance positive) en B, en raison du dynamisme économique du pays.
La croissance de l’économie vietnamienne se poursuit à un rythme soutenu, grâce à la vigueur de la demande interne, stimulée par une politique budgétaire expansionniste, mais aussi grâce au dynamisme des entreprises privées, à la hausse des investissements directs étrangers et aux effets positifs de l’accord commercial avec les Etats-Unis. La modernisation de l’économie accroît cependant les importations de biens durables et contribue à une légère détérioration des comptes extérieurs, sans poser toutefois de problème de financement, tandis que les réserves de change demeurent insuffisantes pour écarter tout risque de pénurie de devises.

Par ailleurs, depuis avril 2001, les changements à la tête du Parti Communiste et la mise en place d’une assistance financière et technique du FMI, en échange d’un ambitieux programme d’assainissement du secteur public industriel et bancaire, traduisent un engagement plus fort des autorités en faveur des réformes économiques. Néanmoins, pour que le processus d’ouverture économique s’accélère, un changement profond des mentalités est indispensable, en sus d’une modification substantielle de l’environnement des affaires, bien que l’évolution semble irréversible dans la perspective notamment de la future adhésion du pays à l’OMC.
Il est enfin très difficile d’avoir des informations financières sur les entreprises ; en outre, le droit des obligations et des faillites est quasi-inexistant et le secteur bancaire reste peu solvable.

Ä BOLIVIE : déclassement de B en C

Les violentes émeutes de la mi-février, qui ont entraîné la mort d’au moins 30 personnes, reflètent le faible soutien populaire de la nouvelle coalition au pouvoir comme l’avait déjà montré le résultat spectaculaire à l’élection présidentielle de l’été dernier du défenseur des planteurs de coca, l’indien Evo Morales. L’élection de Gonzalo Sanchez de Lozada n’avait finalement été due qu’au rassemblement hétéroclite des partis traditionnels. La forte pression de la rue devrait freiner toutes tentatives de réformes pourtant essentielles en raison de la détérioration des finances publiques, risquant ainsi de compromettre l’indispensable assistance multilatérale. Elle pourrait de plus, en cas de nouvelles émeutes, entraîner la chute du gouvernement et une nouvelle période d’instabilité politique.
Le mécontentement s’explique par quatre années de progression de l’activité sensiblement inférieure au taux de croissance de la population. L’activité liée aux hydrocarbures ne parvient pas à masquer la baisse des autres secteurs résultant en partie de la crise argentine qui entraîne une chute des transferts des expatriés.

Ä PARAGUAY : déclassement de C en D

La crise argentine et le ralentissement de la croissance des autres principaux partenaires commerciaux du pays aggravent nettement une récession qui dure depuis 1998. Par ailleurs, le retour de travailleurs expatriés, outre qu’il contribue à l’exacerbation des tensions sociales, réduit aussi les ressources en devises. La forte dépréciation de la monnaie paraguayenne, le guarani, fragilise les bilans des banques et des entreprises en raison de la dollarisation importante de l’économie. Elle affaiblit la capacité de paiement du pays dans un contexte où les réserves de changes sont à un niveau trop faible et l’accès aux financements extérieurs est extrêmement restreint.
Le pays a fait appel au FMI pour éviter un défaut sur sa dette publique mais, en raison de la pression de la rue et de la faible cohésion politique, il s’avère incapable de faire passer les réformes demandées par l’institution financière multilatérale, notamment concernant le secteur public qui est hypertrophié. En l’absence d’un accord, un défaut sur la dette est ainsi probable. Il entraînerait une nouvelle chute du guarani qui affaiblirait encore un peu plus les entreprises endettées en dollar.

Ä URUGUAY : déclassement de C en D

Après trois années de récession, la chute de l’activité, en 2002 a dépassé 10%, le pays ayant été durement ébranlé par la contagion de la crise argentine, le retrait massif de leurs fonds par les déposants et l’effondrement de sa monnaie. La croissance devrait rester encore négative en 2003 en raison du manque de liquidités, de politiques budgétaire et monétaire restrictives, de la persistance des incertitudes dans un contexte régional défavorable.

L’ampleur de la récession et l’effondrement de la monnaie ont fortement dégradé la solvabilité de l’Etat et celle des entreprises, car l’endettement public et privé est essentiellement libellé en devises étrangères. Une restructuration de la dette publique ainsi que de celles de nombreuses entreprises privées est maintenant difficilement évitable car les ratios d’endettement sont parmi les plus élevés des pays émergents.

Ä TURQUIE : note C, levée de la surveillance positive

La croissance et la désinflation ont certes été les bonnes surprises de l’année 2002. En outre, les entreprises turques ont fait preuve d’une grande faculté d’adaptation, développant leurs exportations dans un contexte difficile et affichant de bons comportements de paiements. Toutefois, la situation financière du pays reste fragile : la dette publique interne est très élevée et les taux d’intérêt, situés à un niveau prohibitif, sont très vulnérables à une crise de confiance. Dans ce contexte, la décision du gouvernement turc de conduire une coopération minimale avec le gouvernement américain dans le cadre de l’intervention militaire en Irak pourrait être coûteuse. L’aide américaine bilatérale devrait être plus limitée que prévu, ce qui peut entretenir la défiance sur les marchés financiers et compromettre le bouclage du besoin de financement cette année. La possibilité d’émergence d’un Etat kurde indépendant en Irak risque, par ailleurs, d’augmenter la présence militaire turque en Irak, ce qui est susceptible d’entraîner des troubles dans la région.
Cette situation pourrait avoir des conséquences défavorables sur la conduite des réformes structurelles dans le cadre du programme FMI, mais aussi sur l’ensemble de l’activité économique et sur la situation financière des entreprises.

Ä ISRAEL : note A4 placée sous surveillance avec implication négative.

L’activité économique est en recul. L’insécurité, depuis le déclenchement de la nouvelle Intifada, en septembre 2000, a affecté la plupart des secteurs de l’économie et notamment le tourisme. Par ailleurs le secteur des nouvelles technologies, qui était à l’origine d’une forte accélération de la croissance économique en 2000, a depuis lors été sévèrement affecté par le retournement de conjoncture aux Etats Unis. Il pourrait encore pâtir de la faiblesse de la reprise outre atlantique. La perte d’activité pèse sur les recettes fiscales alors que les dépenses de sécurité progressent. Un budget d’austérité que les autorités devraient continuer d’appliquer constitue une contrainte supplémentaire sur le redémarrage de l’économie.
L’évolution de la situation politique avec l’Autorité Palestinienne, dont on n’entrevoit pas de sortie de crise à court terme, pèse gravement sur la situation économique et financière du pays. Dans ce contexte, les défauts de paiement et le nombre de faillites des entreprises sont en augmentation. Le conflit en Irak aggrave la situation actuelle, les risques d’attaques sur son territoire n’étant pas négligeables.

Ä EGYPTE : note B placée sous surveillance avec implication négative.

Après avoir connu des taux de croissance supérieurs à 5% durant les années 1990, l’Egypte enregistre depuis plusieurs années un ralentissement de la croissance (autour de 2%), en raison de la pénurie de devises, de la frilosité des investisseurs liée aux incertitudes de la politique de change et de la baisse du tourisme (moins catastrophique toutefois que ce qui était craint au lendemain des attentats du 11 septembre).
Le conflit en Irak exacerbe les sentiments anti-israéliens et anti-américains de la population entretenus par le conflit israélo-palestinien. Une résurgence des attentats est à craindre, ayant un effet dissuasif sur les touristes occidentaux. Alors que le gouvernement vient de libérer le système de change, les incertitudes régionales sont susceptibles d’entretenir l’attentisme des investisseurs tandis que l’aversion au risque rend l’accès au marché plus difficile. Dans ce cas, la croissance et les comptes extérieurs et intérieurs seraient affectés. Un nouvel affaiblissement de la monnaie ne peut être exclu. Le comportement de paiement des sociétés égyptiennes pourrait alors en être affecté.

Ä JORDANIE : note B placée sous surveillance avec implication négative.

Le Royaume Hachémite est fortement exposé en cas de conflit en Irak tant au plan politique qu’économique. La suspension des échanges avec l’Irak pourrait avoir un impact considérable sur l’économie jordanienne, dans la mesure où cela prive la pays d’un approvisionnent en pétrole, pour moitié à titre gratuit, et dans la mesure où l’Irak est au premier rang des exportations de la Jordanie. Une situation de conflit à ses portes va accélérer la chute du tourisme et entraîner une suspension des investissements. Les autorités redoutent également un afflux de réfugiés. Dans ce contexte, il faut s’attendre à une détérioration de la situation économique et financière. La Jordanie ne pourra surmonter ses difficultés sans aide additionnelle de la communauté internationale.
Au plan politique, la stabilité du régime, déjà fragilisée par la situation israélo-palestinienne, pourrait être remise en cause en fonction de l’évolution de la situation en Irak. Cet environnement est peu favorable aux entreprises jordaniennes et pourrait générer des retards de paiements.

Par ailleurs Coface rappelle et confirme les notes des pays suivants :

Pays Note Surveillance
Bahreïn A2 négative
EAU A2
Koweit A2 négative
Oman A2
Qatar A2
Arabie Saoudite A4
Iran C
Liban C
Syrie C
Yemen C
Rep Centrafricaine D

Contact presse : Christine Altuzarra
( 33 (0)1 49 02 16 29
[email protected]

Tous nos communiqués, publications et informations financières sur Coface sont disponibles sur Internet : http://www.coface.fr

Fort de plus de 50 ans d’expérience, Coface facilite les échanges entre les entreprises partout dans le monde. Pour cela, il offre à toutes les entreprises des solutions pour gérer, financer et protéger leurs transactions, en leur permettant d’externaliser, en tout ou partie, la gestion et les risques liés à leur relations commerciales clients/fournisseurs. Il met à la disposition de ses 83.000 clients ses deux métiers historiques (assurance-crédit domestique ou export, et les services de credit management comme l’information d’entreprise, la notation @rating -premier système mondial d’information, de notation du risque de crédit-, le recouvrement et la gestion de créances), et trois métiers complémentaires : l’assurance caution, le marketing B2B et le financement du poste clients. Coface est présent directement dans 56 pays, et dans 91 pays grâce aux deux réseaux internationaux qu’il a créés (CreditAlliance pour l’assurance-crédit et InfoAlliance pour l’information d’entreprise). Ces deux réseaux sont structurés autour d’une gamme de produits et de services (Notation @rating), ainsi que d’une gestion partagée des risques de crédit (Système Risque Commun). Coface est l’un des leaders mondiaux de l’assurance-crédit et des services de credit management. En France, il gère l’assurance-crédit à l’exportation pour le compte de l’Etat. Il est noté AA par Fitch Ratings et coté à la Bourse de Paris.

31 mars 2003

Méthodologie de la notation pays @rating

Les notations @rating Coface sur 141 pays sont accessibles et mises à jour régulièrement sur le site cofacerating.fr, rubrique rating pays. Leur consultation est gratuite.

La note pays @rating attribuée par Coface mesure le niveau moyen de risque d’impayé à court terme présenté par les entreprises d’un pays. Elle indique dans quelle mesure un engagement financier d’une entreprise du pays concerné est influencé par les perspectives économiques, financières et politiques du pays. Cependant, les opérateurs du commerce international savent qu’il peut y avoir de bonnes entreprises dans de mauvais pays, et de mauvaises entreprises dans de bons pays ; et que le risque global est fonction tout à la fois des spécificités de l’entreprise, et de celles du pays dans lequel elle opère. La notation pays @rating complète donc tout naturellement la notation entreprise @rating, en permettant de mieux apprécier globalement le risque d’une opération.
Coface suit en permanence 141 pays au travers d’une série d’indicateurs permettant d’apprécier les facteurs politiques, le risque de pénurie de devises, la capacité de l’Etat à faire face à ses engagements vis-à-vis de l’étranger, le risque de dévaluation suite à des retraits brutaux de capitaux, le risque de crise systémique du secteur bancaire, le risque de conjoncture et le comportement de paiement des opérations payables à court terme.
Une note synthétique est attribuée à chacun des 141 pays suivis sur la base de 7 familles de risques. De façon similaire aux agences de notation, les notes sont classées en 7 niveaux s’échelonnant de A1 à A4 pour les risques « investissement » et B,C,D pour les risques « spéculatif » .

Comment sont attribuées les notes pays ?
Ces notes s’appuient sur la double expertise développée par Coface :
ðexpertise macroéconomique en matière d’appréciation des risques pays au travers d’une batterie d’indicateurs macroéconomiques,
ðexpertise microéconomique à travers le suivi sur ses bases de données de 44 millions d’entreprises dans le monde entier, et 50 ans d’expérience sur les défauts de paiement sur les flux qu’elle garantit
.
Des indicateurs regroupés en sept familles
Coface suit en permanence sur ces 141 pays une batterie d’indicateurs, dont chacun fait l’objet d’une note individuelle. Les indicateurs sont regroupés en 7 familles. Les trois premières familles permettent d’apprécier :
 les facteurs politiques susceptibles d’interrompre les paiements ou l’exécution des contrats en cours,
‚ le risque de pénurie de devises résultant d’une crise de balance des paiements pouvant déboucher sur une situation de non-transfert et/ou de rééchelonnement de la dette extérieure contractée par des débiteurs publics ou privés,
ƒ la capacité de l’Etat à faire face à ses engagements vis-à-vis de l’étranger.
Trois autres sous-ensembles d’indicateurs macro-économiques ont pour but d’estimer la probabilité de nouvelles manifestations du risque-pays à la lumière de l’expérience acquise à la suite des récentes crises de marché. Il s’agit :
„ du risque de dévaluation brutale suite à des retraits brutaux de capitaux,
… du risque de crise systémique du secteur bancaire apprécié en combinant une analyse du risque d’éclatement des bulles financières et l’évaluation de la solidité du secteur bancaire.
† du risque de conjoncture reflétant le risque de ralentissement de la croissance à court terme en dehors de toute crise financière extérieure qui résulterait de l’un des risques analysés précédemment.
Enfin, le dernier sous-ensemble mesure l’expérience enregistrée sur les garanties délivrées par Coface et ses partenaires assureurs crédit et permet d’apprécier :
‡ le comportement de paiement sur les opérations payables à court terme.

Pierre Perrin-Monlouis
Pierre Perrin-Monlouis
Fondateur de Rente et Patrimoine (cabinet de gestion de patrimoine), Pierre Perrin-Monlouis est un analyste et trader pour compte propre. Il vous fait profiter de son expérience en trading grâce à ses analyses financières et décrypte pour vous les actualités des marchés. Son approche globale des marchés combine à la fois l'analyse technique et l'analyse fondamentale sur l'ensemble des marchés : crypto, forex, actions et matières premières.
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