EduBourseActualitésUn rapport de la Commission montre que la stratégie de Lisbonne peut...

Un rapport de la Commission montre que la stratégie de Lisbonne peut apporter une contribution significative à la croissance

Une étude empirique montre que les mesures envisagées dans la stratégie de Lisbonne permettraient d’accroître le taux de croissance potentiel de l’Union européenne de 0,5-0,75 point, le rapprochant ainsi de l’objectif de 3 %. Sur une période de dix ans, l’augmentation du niveau du PIB pourrait atteindre 7 à 8 %.

Un nombre croissant d’études analysant l’impact économique des différentes réformes structurelles prônées par la stratégie de Lisbonne ont été réalisées ces dix dernières années. Elles concluent toutes à la nécessité de conduire des réformes pour accroître le potentiel de croissance de l’économie européenne à moyen et long terme. Il faut agir. A titre d’exemple, le vieillissement démographique réduira à lui seul dans les décennies à venir de près de moitié le taux de croissance potentiel de l’UE, qui passera de 2 – 2,25 % actuellement à environ 1,25 %.

La Commission s’est appuyée sur ces études pour évaluer le coût [1] de l’absence de mise en place des réformes structurelles de Lisbonne. Elle s’est penchée en particulier sur les mesures destinées à supprimer les obstacles restants au bon fonctionnement du marché intérieur, à intégrer plus avant les marchés financiers, à encourager les investissements dans la connaissance et l’innovation, à moderniser les politiques du marché du travail, à accroître la cohésion sociale et à améliorer la protection de l’environnement.

Selon les estimations de la Commission, les réformes des marchés de produits et du travail engagées durant la seconde moitié des années 90 ont entraîné à moyen terme une hausse de la croissance annuelle du PIB de près de 0,5 point. En tenant également en compte les effets des investissements accrus dans la connaissance prévus par la stratégie de Lisbonne, l’augmentation de la croissance potentielle de l’UE pourrait atteindre ¾ de point. Ceci rapprocherait le taux de croissance potentiel de l’UE de l’objectif de 3 % et aboutirait à une augmentation cumulée de la croissance de 7 à 8 % sur une période de dix ans.

Les études démontrent également l’utilité d’une approche globale en matière de réformes structurelles. Pour être pleinement efficaces, les mesures de réforme adoptées dans un domaine doivent être complétées par des mesures d’accompagnement dans d’autres domaines.

A titre d’exemple, les entreprises innovantes ont besoin de marchés de produits et de capitaux efficaces pour pouvoir mettre sur le marché des innovations génératrices de croissance, ainsi que d’une main-d’œuvre hautement qualifiée pour tirer parti des nouvelles technologies.

Achever le marché intérieur des biens et des services et garantir une concurrence efficace dans des secteurs tels que l’électricité et les télécommunications sont deux illustrations du type de réformes nécessaires au bon fonctionnement des marchés de produits. Selon une étude [2] citée dans le rapport, la libéralisation des marchés de l’électricité et des télécommunications se solderait par une hausse du PIB à long terme de 0,6 point. C’est la raison pour laquelle la Commission suit de près l’évolution de ces secteurs et a engagé cette semaine une action contre dix États membres pour non-application de la législation destinée à ouvrir le secteur de l’énergie à la concurrence (voir IP/05/319).

La Commission a également adopté cette semaine une communication visant à améliorer l’environnement réglementaire des entreprises (voir IP/05/311). La charge administrative, associée à une réglementation médiocre, tend à grever le potentiel de croissance de l’Europe. Une étude récente[3] citée dans le rapport estime qu’une réduction de 25 % de la charge administrative aurait pour effet d’accroître le PIB réel de 1 %.

[1] L’étude intitulée «The economic costs of non-Lisbon: a survey of the literature on the economic impact of Lisbon-type reforms» est disponible à l’adresse http://europa.eu.int/growthandjobs/index_en.htm [2] Commission européenne, 2002, «Chapitre 2 – Réformes structurelles des marchés du travail et des produits et résultats macroéconomiques de l’UE» de «L’économie de l’UE: bilan de 2002». [3] Tang, P et G. Verweij, 2004, «Reducing the administrative burden in the EU», document de travail du bureau néerlandais d’analyse des politiques économiques, CPB.
Pierre Perrin-Monlouis
Pierre Perrin-Monlouis
Fondateur de Rente et Patrimoine (cabinet de gestion de patrimoine), Pierre Perrin-Monlouis est un analyste et trader pour compte propre. Il vous fait profiter de son expérience en trading grâce à ses analyses financières et décrypte pour vous les actualités des marchés. Son approche globale des marchés combine à la fois l'analyse technique et l'analyse fondamentale sur l'ensemble des marchés : crypto, forex, actions et matières premières.
ARTICLES SIMILAIRES