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Résultats 2004 du groupe SNCF

RESULTAT COURANT CONSOLIDE DU GROUPE SNCF 2004 :

+ 286 M. D’EUROS, CONTRE -197 M. D’EUROS EN 2003 A PERIMETRE CONSTANT

RESULTAT NET PART DU GROUPE SNCF 2004 : + 323 M. D’EUROS, CONTRE + 11 M. D’EUROS EN 2003

DES ENGAGEMENTS TENUS : FAIRE MIEUX QUE LE BUDGET 2004ET ACCELERER LE RETOUR A L’EQUILIBRE DANS LE PLAN DE MARCHE DU GROUPE

Le Conseil d’administration, réuni le 23 mars 2004 sous la présidence de Louis Gallois, a approuvé les comptes de l’exercice 2004.

Par rapport à l’année 2003, le périmètre du groupe a évolué du fait de la recomposition du capital de Kéolis (mise en équivalence à compter du 1er septembre 2004) et du passage de l’intégration globale à la mise en équivalence de Cegetel SAS, issue de la fusion de Telecom Développement et des activités de téléphonie fixe du groupe Cegetel fin 2004. L’ensemble des comptes 2004 est, en conséquence, comparé aux comptes 2003 retraités de l’impact de ces deux évolutions.

1 – RESULTATS DU GROUPE

ü Un pas important vers l’autofinancement des investissements par la trésorerie dégagée par l’exploitation

Comme il s’y était engagé, le groupe SNCF a réalisé en 2004 un pas important vers l’autofinancement de ses investissements par l’exploitation. Alors même qu’il a accru ses investissements nets sur fonds propres de 10,2% à 1,5 Md d’euros pour préparer l’avenir, le groupe SNCF a réduit l’écart négatif entre ces investissements et sa capacité d’autofinancement de 39% à -192 M d’euros en 2004 contre -340 M d’euros en 2003, grâce à une progression de 28% de sa CAF (1,3 Md d’euros). Ce pas confirme que le groupe est sur son plan de marche lui permettant de viser pour 2006 l’autofinancement de ses investissements sur fonds propres par la trésorerie dégagée par son exploitation.

Cette progression a été réalisée tout en assurant une maîtrise de la dette nette du groupe, stable à 7,7 Md d’euros (dont 7, 0 Md d’euros pour l’EPIC).

La situation financière du Groupe continue donc à être maîtrisée avec un ratio d’endettement net (dette nette/capitaux propres + provisions pour risques et charges) en légère amélioration à 1,3 contre 1,4 à fin décembre 2003, sur la base d’un ratio dette nette/capacité d’autofinancement passant de 7,7 ans fin 2003 à 5,9 ans fin 2004.

ü Une progression de l’autofinancement fondée sur un socle de performances opérationnelles

La SNCF a fondé l’amélioration de ses résultats avant tout sur une progression des performances opérationnelles :

ü amélioration de la qualité de service aux clients : ainsi, la régularité moyenne des trains TER et celle des activités Grandes lignes ont progressé respectivement de 1,7 et de 0,7 points ;

ü gains d’efficacité industrielle : ainsi, le taux de remplissage des trains Fret a progressé de 7% entre 2003 et 2004.

ü nouveaux progrès dans la sécurité des circulations : ainsi, les événements de sécurité ont baissé de 22% entre 2003 et 2004

Les indicateurs commerciaux et financiers sont en progression dans toutes les branches d’activité par rapport à 2003.

Le chiffre d’affaires atteint 22,1 milliards d’euros, soit une croissance de 5,8% à périmètre constant. Cette performance est réalisée dans un environnement économique externe contrasté et dans un contexte interne de progrès dans le dialogue social (accord sur l’amélioration du dialogue social et la prévention des conflits et accord salarial en octobre, accord sur l’accompagnement social du plan Fret en juillet, accord sur les contractuels étrangers en septembre).

Sur la base d’une progression de 28% de l’excédent brut d’exploitation à périmètre constant (1,7 Md d’euros), malgré une hausse des charges d’exploitation de péages et d’électricité de 134 millions d’euros,

ü le résultat d’exploitation passe de 65 millions d’euros à + 647 millions d’euros ;

ü le résultat courant des sociétés intégrées atteint + 286 millions d’euros contre -197 millions en 2003 à périmètre constant.

La progression des fondamentaux du groupe est particulièrement nette. Hors impact des mouvements sociaux sur la période, notamment ceux du printemps 2003, et de l’accroissement des charges de péages et d’électricité en 2004, le résultat courant augmente en effet de 347 M€ à périmètre constant, reflétant l’impact du dynamisme commercial et des programmes de performance : mobilisation des cheminots pour “ Faire mieux que le Budget 2004 ” sur l’établissement public SNCF, avec un impact de 200 millions d’euros, et accélération du programme Talent, avec une performance achat de 74 millions d’euros. L’EPIC SNCF, pour sa part, a enregistré un résultat courant de 128 millions d’euros ([1]) contre -204 millions d’euros en 2003 et -91 millions d’euros prévus dans le budget initial pour 2004.

ü le résultat net part du groupe atteint 323 millions d’euros contre 11 millions d’euros en 2003. Le résultat net de l’EPIC est de 290 millions d’Euros.

Le groupe SNCF enregistre ainsi depuis début juillet 2003 son troisième résultat semestriel bénéficiaire consécutif. A périmètre constant, toutes les branches contribuent à ces performances.

2 – RESULTATS DES BRANCHES

ü Poursuite du redressement de la branche Fret et atteinte des résultats de la première année du plan Fret avec une légère avance

Sur la base d’une progression de 1,7% de son chiffre d’affaires, qui atteint 6 393 millions d’euros, la branche Fret accélère son redressement, en rétablissant un EBE positif à 59 millions d’euros contre -67 millions d’euros en 2003 et en dégageant un résultat d’exploitation consolidé de -245 millions d’euros, soit une réduction de 43% du déficit par rapport à 2003 (-429 millions d’euros).

Tout en mettant rapidement en place sa nouvelle organisation industrielle et commerciale, Fret SNCF a respecté son plan de marche en réduisant ses pertes légèrement mieux que ce qui était prévu dans le plan Fret (résultat courant de -382 Millions d’euros contre -405 millions d’euros dans le plan Fret) soit, au total une réduction de 14,5% du déficit par rapport à 2003 (-447 millions d’euros). A l’issue d’un an de négociations, le plan Fret a été approuvé le 2 mars 2005 par la Commission de Bruxelles.

Pour sa part, Geodis poursuit l’accélération de sa croissance rentable, apportant une contribution de 65 millions d’euros au résultat courant du groupe et le Sernam respecte son plan de marche en réduisant ses pertes courantes de 40% (-40 millions d’euros en 2004). Depuis la décision de Bruxelles du 20 octobre 2004 de procéder à l’adossement du Sernam, la S.NC.F. recherche activement une solution garantissant l’avenir industriel du Sernam.

Néanmoins, la branche Fret demeure confrontée à des enjeux économiques très lourds, notamment en ce qui concerne le transport combiné pour lequel il est nécessaire de définir sans délai un nouveau modèle économique pour cette activité. Enfin, VFLI a fait l’objet d’une restructuration industrielle, financière et comptable en 2004. Sur le résultat courant de la branche, la CNC (-19 millions d’euros) et VFLI (-14 millions d’euros) ont ainsi pesé négativement à hauteur de 33 millions d’euros en 2004.

ü Forte croissance de la branche Transport Public

La branche Transport Public, qui a été constituée en 2004, a enregistré en 2004 un chiffre d’affaires de 6 111 millions d’euros (+12 % à périmètre comparable).

L’EBE ressort à 652 millions d’euros et le résultat d’exploitation atteint 320 millions d’euros. Sur le périmètre de l’EPIC, le résultat courant de la branche (TER et Transilien) a atteint 95 millions d’euros contre 51 millions d’euros en 2003.

Dans une année marquée par l’arrivée des nouveaux automoteurs (AGC, TER EN, ZTER), développement de nouvelles tarifications en régions (notamment pour les chômeurs) et la généralisation du pass Navigo pour le Transilien, la branche Transport Public confirme sa dynamique de croissance :

ü tant en France avec, pour le Transilien, le renouvellement du contrat avec le Syndicat des Transports d’Ile de France et celui, pour Kéolis, du réseau urbain de Lyon ainsi que le développement des offres TER et Transilien et du transport urbain de Keolis ;

ü qu’à l’international, avec la belle croissance de Keolis, qui a réussi le démarrage de l’exploitation de la franchise Transpennine en Grande-Bretagne.

Enfin, l’année 2004 a été marquée pour cette branche par la stabilisation du capital de Kéolis, le fonds d’investissement britannique 3I et la SNCF ayant conclu un partenariat capitalistique dans le cadre d’un LMBO A compter du premier septembre 2004, les comptes de Kéolis sont intégrés par mise en équivalence et non plus par intégration proportionnelle dans les comptes consolidés de la Branche Transport public et du groupe SNCF Cet effet ne jouera en année pleine qu’en 2005.

ü Poursuite de la croissance rentable de la branche Voyageurs France Europe

La branche Voyageurs France Europe confirme sa dynamique de croissance rentable et a réalisé en 2004 un chiffre d’affaires de 5 501 millions d’euros (+6,5%).

L’EBE atteint 880 millions d’euros. Le résultat d’exploitation s’élève à 523 millions d’euros (contre 257 millions d’euros en 2003). Sur l’EPIC, le résultat courant de la branche atteint 275 millions d’euros contre 99 millions d’euros en 2003.

La branche VFE. confirme son dynamisme commercial en France et en Europe, avec une nette croissance des trafics (+3,3 %) tant sur la grande vitesse, notamment Eurostar (+9,7%) que sur les Corail “ Teoz ”, l’accélération des volumes d’affaires de Voyages sncf.com (+71%), et la progression des recettes commerciales (hors produits du trafic) en gares. La rentabilité de la branche s’améliore grâce aux succès des innovations commerciales et aux programmes de réduction des coûts. Les innovations ont notamment concerné le Corail de nuit (Lunéa), Id TGV, le “ ticketless ” sur Thalys et le développement du wifi en gares. L’environnement externe reste toutefois difficile avec la concurrence des compagnies aériennes “ low costs ” et un marché tourisme atone.

ü Amélioration des performances de la branche Infrastructure dans le cadre d’un modèle économique dont l’équilibre demeure à trouver

Les résultats de la branche Infrastructure sont marqués par le changement de méthode de consolidation de Telecom Développement / Cegetel. Le chiffre d’affaires atteint 4 054 millions d’euros, en progression de 3% à périmètre constant.

L’EBE atteint 144 millions d’euros (contre 147 millions d’euros en 2003 à périmètre comparable) et le résultat d’exploitation atteint +50 millions d’euros, soit une amélioration de 33 millions d’euros (soit +188 %) à périmètre constant.

La branche Infrastructure s’est trouvée au cœur des efforts de l’entreprise pour assurer la sécurité des circulations face à la menace AZF. Elle poursuit ses efforts de productivité, l’optimisation de son organisation industrielle (réorganisé des moyens de pilotage des circulations avec la création de Centres régionaux des Opérations), et enregistre la montée en puissance des travaux de la ligne TGV Est. Elle continue de développer ses prestations d’ingénierie à l’international (notamment Corée du Sud et Chine).

En revanche, le gestionnaire délégué de l’infrastructure ne dispose pas à ce jour d’un modèle économique équilibré, le résultat économique de la convention de gestion avec RFF dégageant un résultat courant de -50 millions d’euros, en dégradation par rapport à 2003 (-29 millions d’euros). L’audit international conjoint RFF – SNCF sur la qualité de l’infrastructure et l’efficacité du dispositif de maintenance devrait contribuer à bien éclairer les enjeux de cette activité essentielle au fonctionnement du système ferroviaire.

PERSPECTIVES 2005

ü Une année tournée vers la préparation de l’avenir à partir de la consolidation de des valeurs et des engagements de la S.N.C.F. vis-à-vis de ses clients et de ses partenaires

Tout en maintenant l’objectif de poursuite du désendettement du groupe, la SNCF consacre ses résultats au financement des investissements de développement et de compétitivité (les investissements bruts de la SNCF (EPIC) sont budgétés pour 2005 à 2,2 Md d’euros, dont 1,2 Md d’euros sur fonds propres), à la modernisation des outils de travail, à travers le programme “ PEP’S ” (25 M euros), et à la poursuite des recrutements (l’EPIC a ainsi recruté 3921 agents en 2004 et décidé en janvier 2005 de renforcer les embauches de 300 agents sur le Transilien) et au juste retour des efforts accomplis sur les agents (politique salariale).

En outre, en 2004, au-delà de la mise en œuvre des investissements et des programmes de performance, qui tous préparent l’avenir, la SNCF a réalisé un intense travail interne visant à rappeler ses valeurs et ses engagements dans la charte de service public, diffusée à deux millions d’exemplaires. La SNCF a présenté à son conseil d’administration les lignes de force du projet industriel 2006-2008 qu’elle entend mettre au point en 2005 à travers trois axes clefs :

ü une stratégie de fort développement en France et en Europe : financement sain de la croissance des investissements, développement des partenariats européens et préparation active à la mise en concurrence de certains de ses grands métiers ;

ü une stratégie fondée sur une politique d’entreprise de services et de service public : consolidation des fondamentaux (sécurité, ponctualité, information) et extension des avancées sur les services (distribution, services aux personnes à mobilité réduite, service clientèle Fret…) ;

ü une accélération de la construction des outils de mise en œuvre de la stratégie : rationalisation de l’organisation du groupe SNCF autour de ses branches industrielles, consolidation de l’entreprise intégrée (intégration industrielle, managériale, territoriale, technique et financière), rénovation managériale et stimulation de l’innovation dans toutes ses activités, poursuite de la modernisation de l’entreprise pour livrer la bataille de la compétitivité.

Les comptes de l’année 2005 devraient être marqués notamment par les effets sur les méthodes de consolidation de la recomposition du capital de Kéolis, par ceux issus de la cession de 40% du capital de la S.H.E.M. au groupe Suez en janvier 2005 et par ceux issus des conséquences de l’arbitrage en cours entre la S.N.C.F. et R.F.F. sur le patrimoine immobilier, travaux sur lesquels le groupe S.N.C.F. et R.F.F. enregistrent des avancées. En outre, le passage aux normes I.F.R.S., prévu pour le 1er janvier 2007, est activement préparé par le groupe, les principaux impacts devant concerner les engagements sociaux, les plans d’amortissements, la valorisation des actifs et l’information sectorielle.

Sur le plan stratégique, le groupe SNCF entend confirmer le respect de son plan de marche vers un modèle économique lui permettant de financer de manière saine son développement et d’assurer l’autofinancement de ses investissements sur fonds propres par la trésorerie nette dégagée de son exploitation. Il entend en particulier faire un saut de performance sur la régularité du Transilien dans le cadre d’un plan ad hoc avec les différentes parties prenantes, la SNCF ayant d’ores et déjà décidé début janvier de mettre en œuvre 300 recrutements supplémentaires d’urgence et continuer à s’attacher à résorber ses foyers de perte qui représentent environ 650 millions d’euros sur les comptes 2004 (Fret SNCF, Trains Inter Régionaux, Convention de gestion avec RFF, Sernam et CNC).

L’année 2005 sera également l’année de mise au point du projet industriel 2006-2008 période pendant laquelle le groupe SNCF entend faire de nouveaux progrès en termes de compétitivité, de qualité de service et de service public, et enfin d’innovation afin de “ donner au train des idées d’avance ”.

http://www.entreprise-sncf.com/communiq/communiq512.html

(1) 128 millions d’euros, hors versement d’un dividende de 200 millions d’euros par S.N.C.F. Participations résultant d’opérations sur le périmètre du groupe afin de pré-financer la part en capital de la SNCF pour le plan Fret.

Pierre Perrin-Monlouis
Pierre Perrin-Monlouis
Fondateur de Rente et Patrimoine (cabinet de gestion de patrimoine), Pierre Perrin-Monlouis est un analyste et trader pour compte propre. Il vous fait profiter de son expérience en trading grâce à ses analyses financières et décrypte pour vous les actualités des marchés. Son approche globale des marchés combine à la fois l'analyse technique et l'analyse fondamentale sur l'ensemble des marchés : crypto, forex, actions et matières premières.
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