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Crise du logement: Une affaire d’État, un État qui peut et doit mieux faire!

Comme tous les ans, les acteurs du logement social regroupés au sein de l’USH se sont retrouvés pour confronter leur analyse de la situation, présenter leurs propositions pour un droit au logement opposable qui soit effectif, à commencer pour les plus démunis.

Comme tous les ans, le gouvernement profitant de l’opportunité qui lui est ainsi offerte cherche à valoriser sa propre action. Pourtant, il est en situation d’échec malgré une mobilisation conséquente de moyens. Certes, il y a la loi de cohésion sociale mais que pèse-t-elle face aux drames vécus ces dernières semaines, à la panne constatée dans la construction de logements sociaux d’autant que les ambitions affichées sont toujours en deçà des besoins à satisfaire?

L’Etat fait-il tous les efforts nécessaires? Peut-il dire qu’il en est ainsi quand:

1) Il présente comme une mesure extraordinaire l’acquittement de ses dettes envers les bailleurs sociaux (un an d’arriérés de subventions d’un montant estimé à 500 millions d’euros pour les logements sociaux neufs réalisés)?

2) Il ne s’attaque pas résolument à la crise foncière et mégote sur les aides à la pierre qui ne sont pas à la hauteur de ce qu’il faut allouer pour avoir des coûts de construction en rapport avec les loyers HLM.

3) Il revalorise seulement de 1,8% les aides à la personne; ceci à comparer à la perte de pouvoir d’achat au moins 3 fois supérieure et après avoir rappeler que le forfait «charges» n’a pas évolué depuis deux ans.

4) Il donne l’impression d’improviser en annonçant une prochaine loi qui va alléger la charge des bailleurs sociaux à travers le financement du logement social (foncier et construction), faciliter la mise à disposition des terrains disponibles qu’il maîtrise, se donner les moyens de fixer lui-même les règles de constructibilité. Il oublie qu’il aurait pu le faire si la loi d’habilitation l’autorisant à légiférer par ordonnance avait été inspirée par l’idée du logement social «grande cause nationale».

A quand une refonte de l’évaluation foncière détachée de la loi du marché ?

A quand de vraies sanctions à appliquer aux communes qui ne respectent pas la loi SRU?

A quand dans le secteur en fin de conventionnement la reconnaissance d’un droit pérenne à un logement à loyer plafonné dès lors que le bénéficiaire remplit toujours les conditions d’éligibilité que cela soit au niveau de l’accès comme à celui du maintien dans des logements aidés?

A quand donc une «loi Habitat pour tous» et non pour quelques uns comme cela a déjà été fait avec le «de Robien»?

L’urgence commande une action résolue de l’Etat à commencer par des moyens financiers renforcés et des procédures simplifiées.

Le logement mérite d’être avec l’Emploi et l’Education une priorité nationale. Qu’il en soit enfin ainsi!

Pierre Perrin-Monlouis
Pierre Perrin-Monlouis
Fondateur de Rente et Patrimoine (cabinet de gestion de patrimoine), Pierre Perrin-Monlouis est un analyste et trader pour compte propre. Il vous fait profiter de son expérience en trading grâce à ses analyses financières et décrypte pour vous les actualités des marchés. Son approche globale des marchés combine à la fois l'analyse technique et l'analyse fondamentale sur l'ensemble des marchés : crypto, forex, actions et matières premières.
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