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Projet de Loi de Finances 2006 – On ne change pas une politique qui perd

Le projet de Loi de Finances 2006, que le ministre de l’Économie vient de présenter s’inscrit sans surprise dans la continuité de la politique très libérale réaffirmée par le gouvernement depuis le printemps dernier. La contre réforme annoncée de l’impôt sur le revenu est marquée par la diminution de la progressivité et la suppression de l’abattement de 20% dont les hauts revenus seront les principaux bénéficiaires. Dans le même temps, le gouvernement reconduit une politique économique aujourd’hui en échec.

Dans un environnement économique déprimé, la CGT-FO condamne la persistance du dogme budgétaire. Par le blocage de la dépense publique, le gouvernement se prive d’un levier d’action pour relancer l’activité et lutter contre le chômage par la création d’emplois durables. La prévision de croissance retenue (2,25%) supérieure à celle projetée par les experts, tient plus du pari que d’une vision pertinente de la réalité économique.

Une fois de plus, les entreprises sortent gagnantes de la présentation budgétaire. Le gouvernement reconduit les baisses de charges sociales, supprime définitivement la surtaxe Juppé sur l’impôt sur les sociétés et ajoute une bonne poignée d’allègements fiscaux, comme par exemple sur la taxe professionnelle, principale ressource des collectivités locales. Force Ouvrière n’accepte pas cette série de cadeaux fiscaux qui sévit depuis des années au détriment des services publics et de la solidarité nationale. Ces allègements fiscaux sont accordés sans contrepartie en termes de salaires et de maintien des entreprises sur le territoire et ne bénéficient nullement à la croissance et à l’emploi. Si l’on peut effectivement souhaiter que «le travail paye plus que l’inactivité», encore conviendrait-il de revaloriser les salaires des actifs dans le public comme dans le privé.

Sous cet angle, l’augmentation de la prime pour l’emploi fait figure d’alibi social. Pour FO, son développement met en lumière la stagnation des salaires et un accroissement inquiétant de l’emploi précaire, terreau de la récession. Cette revalorisation ne saurait se substituer à des augmentations de salaires, seules à même d’enrayer l’affaiblissement du pouvoir d’achat des ménages, ce qui conduit FO à revendiquer le 4 octobre «plus de salaires et moins de précaires». De même, FO se montre très sceptique sur la portée effective des «primes à la mobilité» annoncées par le ministre, s’il s’agit d’emplois précaires et mal payés. Le problème du chômage ne se règle pas par des incitations du style «prime de 1000 euros pour les bénéficiaires de minima sociaux» mais bien par l’offre d’un volume d’emplois suffisant pour répondre à la demande.

De plus, FO ne saurait se satisfaire des 75 euros d’aide à la cuve dans un contexte de hausse des prix du pétrole. Elle revendique des mesures concrètes en faveur des salariés. Ainsi, elle demande que des primes ou indemnités de transport apparaissent sur le bulletin de salaire.

La CGT-FO met en garde le gouvernement contre l’appauvrissement des services publics qui, au travers des réductions d’effectifs et de moyens de fonctionnement conduisent à un retrait de l’Etat incompatible avec le maintien de notre modèle républicain. Une priorité s’impose: restaurer la confiance des ménages, des salariés en particulier en tirant les leçons de l’échec d’un libéralisme agressif, facteur de dépérissement de la cohésion sociale. Force Ouvrière appelle toutes ses organisations à revendiquer et à mobiliser au cours de la journée du 4 octobre.

Pierre Perrin-Monlouis
Pierre Perrin-Monlouis
Fondateur de Rente et Patrimoine (cabinet de gestion de patrimoine), Pierre Perrin-Monlouis est un analyste et trader pour compte propre. Il vous fait profiter de son expérience en trading grâce à ses analyses financières et décrypte pour vous les actualités des marchés. Son approche globale des marchés combine à la fois l'analyse technique et l'analyse fondamentale sur l'ensemble des marchés : crypto, forex, actions et matières premières.
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