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Balance des paiements – août 2005

1. Résultats mensuels

1.1. En août 2005, le déficit du compte de transactions courantes diminue légèrement en données cvs, à – 2,3 milliards d’euros.

1.1.1. Le déficit cvs des échanges de biens est stable ce mois-ci, à – 2,6 milliards, la reprise des exportations (en hausse de 2,3 %) ayant compensé la poursuite de l’augmentation des importations d’énergie en valeur.

1.1.2. Les recettes et les dépenses cvs de services hors voyages fléchissent en août 2005, respectivement de 1,2 % et 0,4 %. Le déficit se creuse légèrement à – 0,1 milliard.

1.1.3. Les recettes des voyages baissent de 1,9 %, après un précédent repli de 2,2 % en juillet, tandis que les dépenses sont en progression constante depuis le début de l’année. L’excédent mensuel s’inscrit à 0,5 milliard en données cvs, en recul de 0,1 milliard par rapport à juillet.

1.1.4. L’excédent cvs des revenus continue à s’accroître, à 1,5 milliard, sous l’effet d’un vif rebond des versements des non résidents (+ 7,6 %), en particulier de revenus d’investissements de portefeuille, tandis que les dépenses ne progressent presque pas.

1.1.5. Les transferts courants nets à destination de l’étranger se montent à 1,7 milliard ce mois-ci en données cvs.

1.2. Le compte financier fait apparaître des sorties nettes de 29,8 milliards d’euros en août 2005.

1.2.1. Les investissements directs présentent un solde net de – 4,4 milliards. Tandis que les investissements directs étrangers en France se stabilisent à 3 milliards, les investissements directs français à l’étranger sont en forte hausse, à 7,4 milliards, sous l’effet d’une augmentation du montant des opérations en capital social, en particulier pour des investissements à l’extérieur de la zone euro.

1.2.2. Les investissements de portefeuille dégagent un solde positif de 2,6 milliards en août 2005. Les achats de titres étrangers par les résidents passent de 22,1 milliards en juillet à 7,3 milliards, principalement du fait de ventes nettes d’actions à hauteur de 11,3 milliards qui contrastent avec les achats de même montant effectués le mois précédent. Les achats de valeurs obligataires sont en baisse de moitié à 4,8 milliards, plus que compensés par les investissements en titres du marché monétaire qui s’accroissent de plus de 13 milliards, à 13,7 milliards. Ces évolutions retracent notamment le comportement des institutions financières monétaires (IFM) résidentes. Pour leur part, les non-résidents ont acheté des titres français pour 9,9 milliards, dont 3,6 milliards d’actions, autant d’obligations et 2,6 milliards d’instruments du marché monétaire. A noter que ce mois-ci, en l’absence d’émission d’OAT ou de Bons du Trésor à intérêt fixe, les opérations des non-résidents sur titres émis par le secteur des administrations publiques ont été globalement équilibrées.

1.2.3. Les « autres investissements » (dépôts-crédits) se soldent par des sorties nettes de 27,2 milliards, dont 18,7 milliards correspondent à un désendettement net des IFM vis-à-vis de l’extérieur.

2. Résultats cumulés

2.1. En données brutes et compte tenu de la révision des données du deuxième trimestre, le compte de transactions courantes présente un déficit de 19,8 milliards d’euros sur les huit premiers mois 2005, en augmentation de plus de 15 milliards par rapport à la période correspondante de l’année 2004.

2.1.1. D’une période à l’autre, le déficit des échanges de biens se creuse de 15,7 milliards, à – 17 milliards, la progression des importations (10,8 %) étant beaucoup plus rapide que celle des exportations (3,7 %).

2.1.2. Le déficit des services hors voyages se maintient au même niveau que lors des huit premiers mois 2004, soit – 0,6 milliard ; recettes et dépenses augmentent de concert à un rythme modéré (de l’ordre de 3 %).

2.1.3. L’excédent des voyages est en passe de diminuer pour la troisième année consécutive : il s’établit à 5,4 milliards sur les huit derniers mois, contre 6,1 milliards sur les huit premiers mois de l’année 2004, la reprise des dépenses des résidents à l’étranger (9,3 %) étant plus marquée que celle des dépenses des non-résidents sur le territoire français (3,6 %).

2.1.4. Le solde des revenus s’accroît de quelque 3 milliards par rapport aux huit premiers mois 2004, à 5,2 milliards, notamment sous l’effet de la forte croissance des revenus d’investissements de portefeuille versés par les non-résidents. Ce résultat traduit l’appétit des résidents pour les valeurs étrangères l’année passée (180 milliards d’euros de titres achetés, dont 119,4 milliards d’obligations, après révision).

2.1.5. Les transferts courants nets à destination de l’étranger augmentent de 1,7 milliard, à – 12,7 milliards, principalement sous l’effet d’une hausse des transferts des administrations publiques résidentes.

2.2. Sur les huit premiers mois 2005, le compte financier affiche un solde négatif de – 21,7 milliards d’euros.

2.2.1.Les investissements directs français à l’étranger comme les investissements directs étrangers en France sont en hausse depuis le début de l’année. Les premiers s’accroissent de plus de 30 % par rapport aux huit premiers mois 2004, à 34,7 milliards, notamment sous l’effet d’opérations effectuées hors de la zone euro, tandis que les seconds augmentent de plus de 130 % à partir du bas niveau enregistré en 2004.

2.2.2. Les investissements de portefeuille font apparaître un solde débiteur de – 18,8 milliards sur les huit premiers mois de l’année, en net retrait par rapport au solde de la période correspondante de 2004. Les résidents ont acheté des titres étrangers à hauteur de 126,8 milliards depuis le début de l’année, contre 151,1 milliards sur les huit premiers mois 2004. En revanche, les non-résidents ont accru leurs achats de titres français, à 108 milliards contre 94,7 milliards. Les achats de titres publics à moyen et long terme sont globalement stables. En revanche les non résidents procèdent à des ventes nettes de titres courts publics dans un contexte d’accroissement de l’écart de taux d’intérêt entre la zone euro et les États-Unis. Au total, les achats de titres publics se réduisent, passant de 62,5 milliards à 36,2 milliards.

2.2.3. Les « autres investissements » (dépôts-crédits) dégagent un solde proche de l’équilibre (- 2,6 milliards), la réduction de 13,6 milliards des engagements nets des institutions financières monétaires compensant une progression de l’endettement de 11,1 milliards de l’ensemble des autres secteurs résidents.

Pierre Perrin-Monlouis
Pierre Perrin-Monlouis
Fondateur de Rente et Patrimoine (cabinet de gestion de patrimoine), Pierre Perrin-Monlouis est un analyste et trader pour compte propre. Il vous fait profiter de son expérience en trading grâce à ses analyses financières et décrypte pour vous les actualités des marchés. Son approche globale des marchés combine à la fois l'analyse technique et l'analyse fondamentale sur l'ensemble des marchés : crypto, forex, actions et matières premières.
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