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Dexia- Des résultats 1999 en forte hausse. Un déploiement stratégique intensif

Le Conseil d’Administration de Dexia, s’est réuni le 14 mars 2000. Il a arrêté les comptes du groupe pour l’exercice 1999 et entériné de nombreux projets et initiatives stratégiques, tous de nature à imprimer une accélération importante à la dynamique du groupe Dexia et donc à la croissance de ses résultats futurs.

I- 1999 : Une étape majeure dans l’organisation du groupe Dexia

1999 est l’année au cours de laquelle le groupe Dexia a défini et mis en place sa nouvelle structure et son organisation, et posé les bases de sa stratégie pour l’avenir.
Au premier semestre, l’OPE couronnée de succès sur la BIL a permis d’acquérir la quasi totalité des actions de cette filiale au Luxembourg, et d’organiser autour d’elle l’ensemble des activités de banque privée, de gestion d’actifs et d’administration de fonds d’investissement. Ces métiers représentent désormais un pôle d’expertise, de profitabilité et de développement très significatif au niveau du groupe Dexia dans son ensemble.
Dans la deuxième partie de l’année, le groupe a engagé et réalisé l’unification de sa structure juridique et managériale, en lançant l’OPE de Dexia Belgium sur Dexia France. Il n’existe désormais qu’une holding unique, et qu’un seul titre Dexia, coté sur 3 places, et totalisant une capitalisation boursière voisine de 11 Milliards d’€. Parallèlement une structure de management unifiée a été mise en place, avec un Comité Exécutif unique, réunissant les responsables des trois métiers stratégiques, ainsi que ceux des deux grandes fonctions de support.
Cette réorganisation a été menée pour rendre possible la mise en œuvre d’une stratégie s’inscrivant dans un environnement bancaire en pleine mutation, et alors même que les résultats ont continué de progresser, tout comme s’est confirmée la solidité financière du groupe.

II- Une stratégie qui s’inscrit dans un environnement bancaire en pleine mutation
Dès le début de l’année 2000, Dexia met en place un projet ambitieux tirant parti de toutes les opportunités qu’offre la reconfiguration de l’industrie bancaire en Europe et dans le monde, tirée par la technologie Internet et par l’Euro. Ces ouvertures nombreuses permettent au groupe Dexia, de devenir un acteur majeur de la nouvelle économie bancaire.

Ce projet s’articule autour de quatre initiatives, toutes d’importance :
– Devenir, à travers l’acquisition de l’assureur spécialisé américain Financial Security Assurance (FSA), l’acteur incontesté du financement des équipements collectifs et des services financiers au secteur public, au plan mondial désormais ;
– Toujours grâce à cette acquisition, devenir un acteur de premier plan dans le métier du rehaussement de crédit. Ce métier est voué à une forte croissance notamment en Europe, où la titrisation et l’émission de valeurs mobilières sont appelées, avec l’Euro, à devenir des marchés très profonds et actifs ;
– Occuper, du fait de l’acquisition de la Banque Labouchere aux Pays bas, une position très élevée parmi les leaders de la clientèle aisée, dans une région qui constitue l’un des plus riches bassin d’épargne de la zone Euro ;
– Intégrer, dans toutes les parties du groupe, Internet et la banque à distance. Mais au delà, en dépassant le cadre des fonds de commerce actuels, lancer une banque directe pan-européenne, s’adressant à la clientèle aisée.

III-Une nouvelle progression des résultats en 1999

Les résultats 1999, en hausse de 22,8% à 814 Millions d’€ au total, et en hausse de 25,8% à 761 Millions d’€ pour la part du groupe, confèrent à Dexia , cette année encore, toute la solidité voulue pour conduire sa stratégie de développement. – Les Recettes ont progressé de 22,0% pour s’établir à 3 167 Millions d’€, en raison notamment de l’intégration globale de Crediop (+14,8% à périmètre constant, hors intégration de Crediop)
– Les charges d’exploitation se sont élevées à 1 724 Millions d’€, en augmentation de 18,3% (+ 15,6 % hors intégration globale de Crediop)
– Le Résultat brut d’exploitation s’est élevé à 1 443 Millions d’€, contre 1 138 Millions d’€ en 1998, soit une augmentation de 26,8% (+ 13,8% hors intégration globale de Crediop)
– La charge nette du risque, à 128 Millions d’€ s’est inscrite en recul de 34,4% (elle était de 195 Millions d’€ en 1998), ce qui atteste d’une amélioration du niveau de risque, déjà extrêmement bas chez Dexia, par comparaison à l’ensemble du secteur bancaire.
– Le ROE s’est élevé à 15,7% cette année (contre 14,0% en 1998 à méthode de calcul constante)
– Le Bénéfice par action, à 9,82 € a connu une nouvelle progression de 16%, après celle de 14,2% enregistrée une année plus tôt

– Analysée par métier, la rentabilité des 3 lignes de métiers stratégiques a aussi connu une progression, tantôt satisfaisante et tantôt excellente. Ainsi, le « Public Finance » a atteint un résultat net d’exploitation de 360 Millions d’€, en croissance de 19%. Dans la banque commerciale de proximité, le résultat a été de 165 Millions d’€, en augmentation de 4%, dans un environnement concurrentiel très fort et tout en réalisant une restructuration importante du réseau en Belgique . Le troisième métier, de banque privée, gestion d’actifs et administration de fonds d’investissement, a plus que doublé son résultat, avec 209 Millions d’€ (contre 96 Millions d’€ en 1998). Ce pôle représente maintenant 24% du résultat du groupe (contre seulement 13% en 1998). L’activité Marchés de capitaux et refinancement du groupe, qui est une activité de support chez Dexia, a enregistré un résultat de 113 Millions d’€, en légère baisse par rapport aux 124 Millions d’€ atteints en 1998.

Le Conseil proposera à l’Assemblée un dividende de 3,91 € par action, équivalant à un taux de distribution de 41,3%, en hausse par rapport à 1998.

IV-Des initiatives d’importance pour l’avenir du groupe Dexia

1. Au travers de l’acquisition de FSA, Dexia devient le leader mondial incontesté du financement des équipements collectifs et des services financiers au secteur public…
Déjà premier acteur en Europe, avec 15% de part de marché, Dexia devient également le leader du marché du financement du secteur local aux Etats Unis, à travers le rachat amical de FSA.
Cette société fait partie des quatre plus grands assureurs spécialisés dits « Monolines » qui interviennent dans le financement public local en offrant des services de rehaussement de crédit auprès des municipalités émettrices d’obligations municipales. Ce mode d’appel direct au marché prévaut dans le secteur public local aux Etats Unis, principalement du fait de l’exemption fiscale dont bénéficient les obligations émises.
Le principe du rehaussement de crédit est de permettre à ces émetteurs d’obtenir une notation élevée qui les autorise à accéder dans les meilleures conditions aux marchés de capitaux.
Le marché des obligations municipales représente annuellement un marché de USD 150 milliards. FSA détient 23% du marché de l’assurance-crédit de ces obligations.
…et acquiert une position forte sur le marché en fort développement des « Asset Backed Securities ».
Par ailleurs FSA est également l’un des principaux intervenants dans les services de rehaussement de crédit liés aux opérations de titrisation, dont le marché a connu et connaîtra encore de très forts taux de croissance. Ce secteur des « ABS » (Asset Backed Securities) est l’autre spécialité de FSA. Le marché mondial des « ABS » représente USD 550 milliards dont 21% font l’objet de rehaussement de crédit. L’Europe est la région du monde qui connaît les plus forts taux de croissance dans cette activité (+84% en 1999).
FSA est actuellement une société cotée à la Bourse de New York, et elle est régie par le code des assurances. Elle a encaissé un montant de primes brutes de USD 363 millions en 1999. Son résultat net s’est élevé à USD 125,4 millions pour cette même année.
L’acquisition de FSA par Dexia se fera par la mise en oeuvre de la procédure américaine des « proxy solicitations ». L’acquisition est soumise à l’approbation des différentes autorités de tutelle.
Cette opération apportera de nombreux avantages stratégiques et synergies financières tant à Dexia qu’à FSA. Ainsi, Dexia et FSA pourront regrouper leurs compétences en matière de crédit et de rehaussement de crédit pour fournir à la clientèle des solutions « sur mesure » à leurs besoins de financement à long terme. En Europe, l’introduction du rehaussement de crédit comme nouvelle technique de financement pourra bénéficier de l’ensemble de la force commerciale de Dexia dans les 12 pays où le groupe est implanté. Par ailleurs, l’élargissement de l’offre de Dexia à l’ABS lui permettra de prendre position sur de nouveaux segments de clientèle (véhicules de titrisation, banques, émetteurs sur le marché primaire), avec un avantage concurrentiel majeur provenant de la compétence de FSA dans cette technique, et sans risque de cannibalisation, vu la nature du fond de commerce actuel de Dexia en Europe.
Enfin, financièrement, l’intégration à Dexia de FSA, lui permettra d’améliorer encore sa rentabilité au travers d’un moindre recours à la réassurance et d’une meilleure utilisation de ses fonds propres.
L’acquisition de FSA se fera au prix unitaire de 76 USD par action. L’investissement de Dexia s’élèvera ainsi pour 100% de la société à USD 2,6 Milliards.

2. Au travers de l’acquisition de la Banque Labouchere aux Pays Bas, Dexia renforce sa position, déjà établie, dans la gestion patrimoniale en Europe.
Précédemment détenue en totalité par le groupe Aegon, la Banque Labouchere détient une place remarquable dans le marché de la clientèle « aisée » aux Pays Bas, tant par la nature novatrice de ses produits et de ses outils de distribution, que par la base de clientèle qu’elle y a développé. La Banque Labouchere détient ainsi 225 000 clients pour le seul produit « equity lease » qui a été un grand succès depuis son introduction il y a cinq ans. La banque, à travers sa filiale « Alex » est le premier intervenant aux Pays Bas en matière de courtage en ligne avec 13 000 clients qui effectuent plus de 6 000 transactions par jour. De nombreux autres services complètent la gamme de la banque, telles que « VEB Bottom line », un centre d’appel téléphonique qui fournit à 8 000 clients une gamme étendue de services, et qui détient 1 Milliard d’€ en conservation, ou encore « Finance Television », chaîne spécialisée dans la fourniture d’informations financières, en partenariat avec l’opérateur NOB.
La Banque Labouchere a connu une hausse ininterrompue de ses revenus (246 Millions d’€ en 1999) et de ses résultats nets (85 Millions d’€ en 1999). Le taux de croissance annuel de ces derniers a été de 37% sur les trois dernières années.
En procédant à l’acquisition de la Banque Labouchere, Dexia poursuit sa stratégie de croissance dans les métiers de banque privée et de gestion patrimoniale en direction de la clientèle aisée en Europe, où le groupe détient déjà une position majeure à travers sa filiale la BIL à Luxembourg. Ce métier à lui seul a réalisé un résultat net (avant FRBG et intérêts minoritaires) de 209 Millions d’€ , en augmentation de 118% par rapport à 1998. Il contribue désormais à 24% des résultats du groupe Dexia, et dégage un Retour sur Fonds propres économiques de 49%.
Avec Labouchere, Dexia opère désormais dans l’ensemble du Benelux, une région où le patrimoine privé moyen est parmi les plus élevés dans la zone Euro.
L’opération est conclue pour un prix de 896 Millions d’€ pour 100%, soit un multiple de 10,5 fois les bénéfices 1999, et 3,33 fois l’actif net comptable. De très nombreuses synergies sont attendues, et à court terme, de l’intégration de la Banque Labouchere au sein du troisième métier de Dexia.

3. Stratégie Internet : création d’une Banque Directe pan-européenne pour la clientèle aisée.

Dexia dispose de tous les avantages concurrentiels pour être un acteur déterminé et offensif de la nouvelle économie bancaire. L’originalité de son réseau « en dur » en Belgique (agents commissionnés) donne en particulier à ce réseau toute la réactivité voulue pour intégrer Internet et la banque par téléphone dans l’offre à la clientèle et se présenter ainsi comme une banque « Brick and Click ». Ceci est déjà largement en route, 60 000 clients étant connectés aux réseaux alternatifs mis en place par le Crédit Communal de Belgique, auxquels s’ajoutent 10 000 clients au Luxembourg.
Dans le reste de l’Europe, l’absence d’agences « brick » permet à Dexia d’engager une action commerciale résolue sans craindre la cannibalisation. Ainsi une Banque Directe sera lancée, dès le deuxième semestre 2000, à l’échelle européenne, en direction de la clientèle aisée, dont Dexia connaît bien les besoins et les attentes. La gamme sera essentiellement orientée vers les services de gestion patrimoniale. La nouvelle banque démarrera sur le marché français pour commencer, et étendra rapidement son territoire à d’autres pays d’Europe.
Cette initiative s’ajoute au projet d’intervenir dans le capital de Ze Bank aux côtés d’[email protected], comme Dexia l’a rendu public il y a quelques semaines, et dont la finalité est d’être une banque exclusivement par Internet, procédant à la distribution de produits émanant de différents fournisseurs.

COMPTE DE RESULTATS CONSOLIDE

En millions d’EUR
Evolution

31/12/98
31/12/99
99/98

Revenus nets d’intérêts
1 787
2 081
16,5%

Autres revenus
808
1 086
34,4%

Produit net bancaire
2 595
3 167
22,0%

Charges d’exploitation
( 1 457)
( 1 724)
18,3%

Résultat brut d’exploitation
1 138
1 443
26,8%

Corrections de valeur et provisions
( 195)
( 128)
-34,4%

Impôts
( 334)
( 524)
56,9%

Résultat net des entreprises
54
23
-57,4%

mises en équivalence

Résultat net
663
814
22,8%

Part des tiers
58
53
-8,6%

Résultat net part du groupe
605
761
25,8%

Résultat net par action
8,52
9,82

BILAN CONSOLIDE

En millions d’EUR
Evolution

31/12/98
31/12/99
99/98

TOTAL DE BILAN
198 996
244 644
22,9%

Fonds propres *
4 749
5 499
15,8%

Dépôts de la clientèle
39 464
46 919
18,9%

Dettes représentées par un titre
104 360
132 267
26,7%

Créances sur la clientèle
106 032
128 531
21,2%

Obligations, actions et autres titres
45 368
63 130
39,2%

* Avant affectation du résultat net de la période correspondante

Pierre Perrin-Monlouis
Pierre Perrin-Monlouis
Fondateur de Rente et Patrimoine (cabinet de gestion de patrimoine), Pierre Perrin-Monlouis est un analyste et trader pour compte propre. Il vous fait profiter de son expérience en trading grâce à ses analyses financières et décrypte pour vous les actualités des marchés. Son approche globale des marchés combine à la fois l'analyse technique et l'analyse fondamentale sur l'ensemble des marchés : crypto, forex, actions et matières premières.
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