EduBourseActualitésLes droits à polluer : une bonne affaire pour les sociétés allemandes

Les droits à polluer : une bonne affaire pour les sociétés allemandes

essence.jpgMis en place en 2005, les droits à polluer sont la solution financière au problème du réchauffement climatique. Chaque année les pays européens attribuent aux installations supérieures à 20 mégawatts, un quota maximum d’émissions de dioxyde de carbone ou Co². Si l’entreprise dépasse ce quota, elle peut acquérir des droits à polluer. Ces droits à polluer sont en fait vendus par les sociétés qui ont fait des efforts en matière de pollution et ont abaissé fortement leur production de Co². Le principe est simple et semble efficace. Euronext a même décidé de créer une bourse spécialisée dans les droits à polluer le 21 décembre 2007, à savoir Bluenext.

Mais comme toute bonne idée, elle a ses détracteurs et dans le cas qui nous préoccupe ces dérives. La fixation initiale des quotas s’est bornée à calculer les émissions de Co² d’une installation à l’instant t. Toutefois, en Europe, tous les pays ne sont pas au même niveau industriel. Ainsi, du côté du territoire français, les centrales au charbon sont plus que rares et le nucléaire domine donc la production énergétique en France. Par nature, le nucléaire n’émet que de faibles quantités de Co². Il sera donc difficile aux entreprises françaises de réduire leur production et donc de pouvoir céder, avec profit, leurs droits à polluer.

Il en est tout autrement pour l’Allemagne. L’Allemagne de l’Ouest est un pays ayant la fibre écologique mais son ancien voisin, l’Allemagne de l’Est, se caractérisait par des installations peu modernisées et surtout très polluantes, favorisant le charbon. Or compte tenu des fortes émissions de Co², la simple mise aux normes de ces installations fait chuter fortement ces émissions. Ainsi, selon un rapport commandé par WWF, 35 milliards d’euros provenant de la cession de droits à polluer iront dans les caisses des groupes énergétiques allemands d’ici 2012. EON gagnerait ainsi 11 milliards d’euros, RWE 9 milliards ou encore EnBW 2,3 milliards.

Dans le même temps, les groupes français n’auront que peu de droits à polluer à céder compte tenu de la forte nucléarisation du pays. Cela risque à horizon de 3-4 ans de modifier la carte des grands groupes énergétiques européens. Ces 35 milliards pourront être en effet utilisés de la manière dont le souhaite les groupes. Certains politiques ainsi insistent sur l’importance de développer le nucléaire en Allemagne. Ces sommes pourraient y être consacrées.

En savoir plus :
Bluenext, la bourse mondiale de l’environnement
Le baril bientôt à 250$

Pierre Perrin-Monlouis
Pierre Perrin-Monlouis
Fondateur de Rente et Patrimoine (cabinet de gestion de patrimoine), Pierre Perrin-Monlouis est un analyste et trader pour compte propre. Il vous fait profiter de son expérience en trading grâce à ses analyses financières et décrypte pour vous les actualités des marchés. Son approche globale des marchés combine à la fois l'analyse technique et l'analyse fondamentale sur l'ensemble des marchés : crypto, forex, actions et matières premières.
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