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Les entreprises françaises liées à l’activité économique aux Etats-Unis

Tout le monde sait qu’il existe une évidente et étroite corrélation positive à long terme entre la politique monétaire et l’activité économique subséquente. L’allure de la courbe des rendements affecte le taux de changement de l’appareil de production industrielle, tendance qu’il est possible de prévoir en suivant l’évolution des principaux indicateurs économiques. Autre corrélation importante : les changements qui interviennent dans la production industrielle orientent non seulement les bénéfices des entreprises, mais aussi leurs marges d’exploitation. Ce phénomène s’explique par le fait que les entreprises sont rarement préparées à un ralentissement de l’économie et que dès lors, dans un premier temps, les marges pâtissent de la diminution de la demande, mais qu’ensuite leur reprise s’accélère dès que les adaptations internes ont été apportées à la structure des coûts.
Nous savons également que les bénéfices des entreprises sont étroitement liés aux mouvements des marchés des actions, ce qui signifie en substance que la politique monétaire de la Fed influence les indices sous-jacents du marché des actions.
Les bénéfices des entreprises françaises sont également sensibles à l’activité économique aux Etats-Unis. Le déclin du marché français des actions au cours de l’été peut s’expliquer par l’absence de signe clair indiquant que l’économie américaine était sur la voie de la reprise. Devant les nouvelles détériorations des bénéfices des entreprises, la reprise attendue du marché des actions ne s’est pas concrétisée, en dépit de la corrélation évidente qui existe entre la politique de la FED et les cours des actions.

Malgré le relâchement des taux des Fed funds de 400 points de base depuis le début du mois de janvier, ce qui représente la réduction de taux la plus agressive de ces vingt dernières années, la pression à la baisse qui continue de s’exercer sur les cours des actions et les rendements obligataires indique que les marchés des capitaux ne croient pas en une reprise forte ou durable. Les analystes qui annoncent aujourd’hui une diminution des cours des actions en revoyant sans cesse à la baisse les prévisions de bénéfices sont les mêmes que ceux qui avaient contribué à créer un climat d’euphorie il y a deux ans en faisant exactement le contraire.
Il est un fait que la Banque Centrale Européenne a réagi tardivement ou a peut-être fait une erreur en ne réduisant pas ses taux de manière plus agressive dans le contexte d’un ralentissement de l’économie mondiale et que cette attitude n’a pas été bénéfique aux investissements européens. De vastes programmes de réduction des coûts ont été mis en place, mais l’amélioration attendue des marges prendra du temps à se manifester. Même si le taux de croissance des bénéfices des entreprises françaises a chuté, passant de plus de 30% à près de zéro en l’espace d’un an, les principaux indicateurs sont plutôt encourageants.

Avant les événements tragiques du 11 septembre, les principaux indicateurs économiques des Etats-Unis avaient affiché des signes de reprise pendant quatre mois consécutifs, ce qui portait à croire que les Etats-Unis avaient déjà atteint le plus bas niveau de leur cycle économique et que leur économie décollait à nouveau. Chose étonnante, le dernier indice directeurs d’achat de Chicago ainsi que les deux indices NAPM de septembre ont affiché de meilleurs résultats que prévu, ce qui pourrait être une nouvelle indication du fait que l’Economie réagit aux mesures prises par la Fed.
De surcroOî, les programmes de dépenses et de crédits menés par le gouvernement fédéral pour un montant d’environ 150 milliards de dollars donneront aussi un sérieux coup de pouce à l’économie, sans compter l’influence des taux d’intérêt à court terme qui ont atteint leur niveau le plus bas depuis quarante ans.
Il s’ensuit que même si la croissance de la zone euro restera en principe tout juste positive pour le reste de l’année, une amélioration de l’activité économique américaine suffira à raviver l’intérêt des investisseurs pour les actions américaines et européennes.
Il est à noter que les valorisations pour le marché français des actions qui utilise le ratio du rendement boursier (taux d’intérêt français à dix ans divisé par le PE inversé du marché des actions) a atteint son niveau le plus bas depuis près de 15 ans, un taux qui n’a été dépassé qu’une fois brièvement mais brutalement au cours du mois d’octobre 1998 en raison de la crise du LTCM.
En conclusion, l’inflation se maintient à un niveau peu élevé, les banques centrales poursuivent leur politique de détente, les budgets des gouvernements sont excédentaires, les politiques fiscales sont favorables, les niveaux de liquidités ont rarement été aussi élevés et le mouvement de balancier à la baisse du moral de l’investisseur a rarement atteint un tel extrême.
Nous avons également dû constater que la confiance des consommateurs s’est encore détériorée depuis les attentats du 11 septembre, mais il ne faut pas exclure que les investisseurs adopte une vision à plus long terme et anticipent un retour à un meilleur climat économique. Si un tel scénario se matérialise, on assistera à une reprise des cours des actions dans la mesure où les marchés d’actions jouant le rôle d’un indicateur précurseur, anticipent en général une reprise économique avec une avance de six à neuf mois.

Pierre Perrin-Monlouis
Pierre Perrin-Monlouis
Fondateur de Rente et Patrimoine (cabinet de gestion de patrimoine), Pierre Perrin-Monlouis est un analyste et trader pour compte propre. Il vous fait profiter de son expérience en trading grâce à ses analyses financières et décrypte pour vous les actualités des marchés. Son approche globale des marchés combine à la fois l'analyse technique et l'analyse fondamentale sur l'ensemble des marchés : crypto, forex, actions et matières premières.
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