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Rejet de la PPL Vigier

La CSMF appelle les députés à suivre les conclusions de la Commission des Affaires Sociales.

La CSMF salue la sagesse de la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée Nationale qui vient de rejeter la proposition de loi Vigier confirmant la dangerosité de ce texte absurde pour l’accès aux soins, déjà présenté et écarté par les députés au début de l’année.

La CSMF se félicite que les députés de la Commission aient mesuré les dangers de ce texte contreproductif qui, voulant résoudre les problèmes de démographie médicale par la coercition, aurait eu un effet opposé à celui recherché.

La CSMF s’étonne de l’obstination de M. Philippe VIGIER, député d’Eure-et-Loir et Secrétaire Général du Nouveau Centre, à vouloir imposer une coercition à l’installation des médecins libéraux alors qu’il méconnait totalement ce sujet. Il prétend avoir procédé à de nombreuses auditions, notamment de syndicats de médecins et d’internes, mais la rédaction de sa proposition de loi montre qu’il ne les a pas compris, ou pire, qu’il n’a pas voulu les entendre.

Ce nouveau texte est sans doute encore plus inepte que celui présenté au début de l’année.

Imposer un exercice obligatoire de trois ans dans une zone déficitaire à tout nouveau diplômé, revient à imposer aux jeunes médecins un service national obligatoire à l’heure où le service militaire n’existe plus, et conduirait les jeunes médecins à ne pas s’installer du tout. Ils choisiront la voie du remplacement et du salariat.

Imposer une coercition à l’installation et un conventionnement sélectif provoquerait la migration des candidats à l’installation vers le salariat et, pire, ceux qui seraient tentés de s’installer quand même choisiraient l’exercice non conventionné (secteur 3).

L’encadrement de l’installation proposé par M. Vigier porterait ainsi une atteinte grave à l’exercice conventionné, ce qui va totalement à l’encontre des efforts déployés par les partenaires conventionnels pour développer l’accès aux soins et pénaliserait très sévèrement les patients.

Au-delà, les patients doivent savoir que le corollaire de la fin de la liberté d’installation pour les professionnels de santé libéraux est la fin de leur liberté de choix, avec la création de l’équivalent d’une « carte scolaire » les contraignant à se faire soigner par les professionnels de leur secteur.

Enfin, la CSMF ne saurait trop recommander à M. Vigier de lire la convention médicale signée en juillet 2011. En plus de découvrir que le médecin « référent » a été remplacé depuis 2005 par le médecin « traitant », il apprendrait que des aides conséquentes pour maintenir et développer l’exercice dans les zones sous-denses sont bien prévues. Il pourrait ainsi aider utilement les syndicats médicaux à contraindre les ARS à établir un zonage sérieux, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui, pour permettre l’application de ces aides.

C’est pourquoi, la CSMF, premier syndicat médical français, appelle les députés à ne pas se tromper de combat et à rejeter massivement ce texte afin de préserver l’accès aux soins.

Pierre Perrin-Monlouis
Pierre Perrin-Monlouis
Fondateur de Rente et Patrimoine (cabinet de gestion de patrimoine), Pierre Perrin-Monlouis est un analyste et trader pour compte propre. Il vous fait profiter de son expérience en trading grâce à ses analyses financières et décrypte pour vous les actualités des marchés. Son approche globale des marchés combine à la fois l'analyse technique et l'analyse fondamentale sur l'ensemble des marchés : crypto, forex, actions et matières premières.
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