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Tourisme d’aventure : les nouveaux défis !

De nombreux vacanciers partent en quête de repos dans l’espoir de chasser le stress du quotidien. Mais d’autres rêvent leurs vacances comme de véritables films d’action ! Ils s’envolent vers l’aventure à la recherche de sensations fortes pour devenir acteurs de leurs vacances. Entre le choix du décor (montagne, jungle, désert, etc.), celui des activités (randonnée, canyoning, safari, etc.) et leur degré de difficulté, l’apprenti Robinson et l’Indiana Jones confirmé ont de quoi se concocter une aventure personnalisée. Qui sait vers quels hasards et quelles rencontres le destin les mènera ?
1, 2, 3… Action !
Quels enfants ne rêvent pas de faire de l’aventure leur métier ? Bien que personne ne dispose de chiffres à ce sujet, il est fort probable qu’ils soient très nombreux. Ce qui est moins attendu, c’est la multiplication de grands enfants qui souhaitent devenir de vrais aventuriers pendant quelques jours, le temps de leurs vacances. Voilà ce que c’est que d’avoir trop regardé « Man vs. Wild », cette émission de télé-réalité où l’aventurier Bear Grylls, déposé en hélicoptère dans un territoire hostile, doit survivre par ses propres moyens !
Le secteur du tourisme d’aventure connaît en effet une véritable expansion. En Europe, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud, où sont concentrés près de 70 % des départs touristiques internationaux, la part des touristes ayant fait le choix de l’aventure extrême a augmenté de 62 % par an en moyenne entre 2009 et 2012 . En 2010 déjà, une étude de la George Washington University School of Business prévoyait 150 millions de voyages d’aventure au départ de ces trois régions pour l’année suivante.
Mais qu’entend-on exactement par tourisme d’aventure ? L’aventure extrême, justement n’en est que l’un des aspects. Le tourisme d’aventure, dans son acceptation la plus large, se réfère aux voyages nationaux ou internationaux qui intègrent au moins deux de ces trois composantes : activité physique, immersion dans la nature et apprentissage ou échanges culturels.

À partir de là, les professionnels du secteur classent les activités en trois catégories. D’une part, les activités extrêmes (Hard adventure) comme la spéléologie, l’escalade ou le trekking ; d’autre part les activités plus douces (soft adventure) comme le camping, la pêche, le rafting ; et enfin d’autres activités qui n’entrent ni dans l’une ni dans l’autre de ces catégories, et qui sont généralement plus culturelles. Par exemple, participer à un festival, rencontrer les populations locales, apprendre une nouvelle langue ou encore visiter des sites historiques.
À l’origine, le tourisme d’aventure est imprégné de l’imaginaire des pionniers américains : l’aventurier est alors celui qui s’affranchit de tout confort pour partir à la découverte de territoires vierges . Puis il devient l’apanage des touristes fuyant le tourisme de masse. Aujourd’hui, le tourisme d’aventures est rattrapé par son succès, mais les professionnels du secteur font leur maximum pour satisfaire à la fois les puristes et la demande grandissante afin de donner au plus grand nombre la possibilité de partir et aux aventuriers dans l’âme la garantie de voyages qui restent intimistes et authentiques.
D’aventure en aventure
Il y a de la place pour l’aventure sur tous les continents. Y compris en Antarctique, où l’on peut partir sur les traces du commandant Charcot jusqu’à la Terre de Graham où le « Gentleman des Pôles », comme on l’appelle, fut le premier à hiverner au XXe siècle . Un bon plan pour voir des baleines !

Les destinations sont donc très variées. Elles dépendent principalement des activités choisies. Par exemple, il existe de nombreux endroits où sauter à l’élastique, mais tous n’offrent pas de plongeon aussi vertigineux que le pont de Bloukrans en Afrique du Sud, haut de 216 mètres ! Le voyageur se laissera guider par son âme d’aventurier, dans les déserts de Namibie ou sur les hauteurs de l’Himalaya. Mais pour ceux qui n’ont que deux ou trois jours, il n’est pas toujours nécessaire de s’aventurer bien loin pour faire une grande randonnée à pied ou à cheval, du canoë ou de l’escalade.
L’été prochain l’AdventureWeek (semaine de l’aventure) organisée par l’ATTA (Adventure Travel Trade Association) aura lieu en Europe de l’Est. L’objectif de ces 9 jours est de mettre en valeur le potentiel des Balkans en matière d’aventures : au programme, la visite de sites classés au Patrimoine Mondial de l’Unesco, des expériences culinaires en direct de fermes locales, des paysages à couper le souffle avec leur lot de cascades et de lacs, et des activités sportives comme l’escalade, la plongée, ou encore du parapente !
Les destinations les plus prisées sont celles où le tourisme de masse n’est pas trop développé. Aujourd’hui, l’un des enjeux du tourisme d’aventure est de proposer des voyages responsables, qui respectent la nature et permettent de partager au niveau local une partie des retombées économiques.
Si les véhicules motorisés non conventionnels comme le quad ou la motoneige enchantent les fans de James Bond et Lara Croft, force est de constater que c’est le vélo – oui, le vélo – qui a la cote aujourd’hui. Le cyclotourisme est en effet bien plus éco-responsable : pas de CO² et des bénéfices pour les petits villages traversés en cours de ballade. Et tout le monde peut en profiter, les couples pour une escapade romantique, les familles pour faire se dépenser les enfants ou les seniors pour revivre leurs 20 ans. Les agences de voyages spécialisées dans le tourisme d’aventure proposent désormais de plus en plus de circuits dédiés à cette activité. Il n’y a plus qu’à pédaler !

Tout aussi écolo et relativement accessible également, le trail est devenu très tendance. Il s’agit de courses en milieu naturel, sur des terrains accidentés. Il existe désormais de très nombreux circuits, dans des paysages époustouflants, comme l’Ö-till-Ö en Suède. Une course de 75 km dans l’archipel de Stockholm, dont 10 parcourus à la nage dans une eau qui n’est pas forcément très chaude ni très calme !
Mais par-delà les frontières, ce qui compte, c’est le dépassement de soi. Un objectif de vacances très ambitieux pour revenir épuisé, mais accueilli en héros ! Figure ultime de cet héroïsme, l’Anglaise Lizzy Hawker, qui a remporté 5 fois l’ultra-trail du Mont-Blanc en France et parcourt chaque semaine environ 150 km pour s’entraîner ! Cours Lizzy, cours !
Le tourisme expérimental
Le tourisme d’aventure a pris plusieurs chemins. Il se divise en plusieurs sous-catégories, comme le tourisme de jungle, qui propose des excursions dans des régions tropicales. Par exemple, en Amérique centrale, sur la route des Mayas, au Mexique ou au Guatemala, ou encore en Malaisie pour s’éprendre de la faune et de la flore luxuriantes de ces riches contrées. Une autre forme est celle du « tourisme noir » qui consiste à se rendre dans des zones sinistrées de la planète, comme à Ground Zero ou à Auschwitz, mais aussi – et cela est plus controversé – à Pripiat par exemple, cette ville d’Ukraine désertée après la catastrophe de Tchernobyl.
Inclassable, le tourisme expérimental est une forme improbable de tourisme qui se rapproche du tourisme d’aventure par les folies qu’il peut faire faire. Voici comment le décrit son inventeur : « Le tourisme expérimental échappe à la définition. Il peut cependant être approximativement défini comme une façon amusante de voyager, pour laquelle la méthodologie du voyage est claire, mais la destination parfois inconnue » . L’inventeur en question est un Français nommé Joël Henry, lui-même inclassable : tour à tour photographe, travailleur social, bouquiniste, inventeur de jeux de société et créateur du Latourex, Laboratoire de Tourisme Expérimental.
Que nous propose le Latourex ? Par exemple, une cure de Cunéitourisme. Malgré les apparences, rien de bien compliqué : il s’agit de suivre à la lettre les recommandations des locaux. Une expérience à tenter, pourquoi pas, dans sa propre ville par un dimanche un peu morne ? Avec le Dodécatourisme, en revanche, les choses se compliquent. Pourtant l’idée est simple, il s’agit d’organiser son voyage en fonction du chiffre 12. Par exemple, prendre un train à 12 h 12 et descendre au 12e arrêt, ou marcher le long du 12e parallèle, ou ne partir qu’avec 12 € en poche, etc.

Joël Henry est, on l’aura compris, très créatif. Il existe de nombreuses autres expériences de tourisme expérimental à tester ! Comme l’Érotourisme, qui consiste à partir avec l’être aimé dans une ville, mais en empruntant chacun un mode de transport différent et sans se donner rendez-vous. Le but est d’errer dans le paysage urbain à la recherche de son double amoureux… Ou encore ce concept de « voyage fictif » nommé Bibliodyssée, qui prend la forme d’un tour du monde littéraire : la lecture d’un livre d’un auteur concitoyen, puis d’un auteur d’un pays voisin, etc. jusqu’à retourner au pays d’origine ! Poétique, n’est-ce pas ?
Dans la lignée du voyage d’aventure, mais tout aussi abracadabrantesque que le tourisme expérimental, la marque ibis a lancé un défi inédit à l’aventurier Aaron Chervenak au début de l’année : « The Ultimate Sleep ». Le temps d’une nuit, il devait dormir en haut du mont Roraima, au bord d’un précipice de 2 810 m ! L’endroit est réputé pour être l’un des plus hostiles et inaccessibles de la planète : ce n’est pas pour rien qu’il est surnommé « la Montagne du diable » par les locaux. Malgré cela, Aaron Chervenak s’est réveillé d’excellente humeur, en affirmant qu’il avait eu une excellente nuit ! En même temps, bien qu’au-dessus du vide, il avait pu profiter du confort d’un lit « Sweet Bed by ibis » !

Pierre Perrin-Monlouis
Pierre Perrin-Monlouis
Fondateur de Rente et Patrimoine (cabinet de gestion de patrimoine), Pierre Perrin-Monlouis est un analyste et trader pour compte propre. Il vous fait profiter de son expérience en trading grâce à ses analyses financières et décrypte pour vous les actualités des marchés. Son approche globale des marchés combine à la fois l'analyse technique et l'analyse fondamentale sur l'ensemble des marchés : crypto, forex, actions et matières premières.
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