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Anne Hidalgo propose pour Paris un budget 2015 « de vérité, de courage et de proximité »

Anne Hidalgo a présenté lundi aux conseillers de Paris le budget prévisionnel 2015 de la collectivité. Il résout le gap des 400 millions d’euros et se veut ambitieux pour l’avenir, avec des investissements à hauteur de 1,5 milliards d’euros.

« Mes chers collègues, le premier budget primitif de la mandature répond fidèlement aux priorités exprimées par les Parisiens lors des dernières élections. Chaque ligne budgétaire, chaque engagement de dépense, chaque planification d’opération traduit un engagement pris ou une orientation donnée dans le cadre de la campagne et avalisée par le vote de nos concitoyens.

Nous avons pour cela dû résoudre l’équation difficile que nous ont posées au mois de septembre la baisse des dotations de l’Etat, la progression de la péréquation et l’incertitude sur les recettes. Parce que la transparence me semble une condition sine qua non du débat démocratique, j’ai alors fait le choix de dire la vérité aux Parisiens sur le contexte économique et les 400 millions qui risquaient de faire défaut à Paris en 2015.

Ce diagnostic était nécessaire. Il nous a permis de travailler d’arrache-pied pour être en mesure de tenir les engagements pris face aux Parisiens. D’un côté nous avons construit un plan d’économies sur le fonctionnement particulièrement ambitieux. De l’autre, pour ne pas subir face aux baisses de dotations unilatérales de l’Etat, nous avons posé les bases d’un dialogue à la fois exigeant et constructif avec le gouvernement.

C’est ce volontarisme de chaque instant qui nous a permis, tout en tablant sur des recettes supérieures aux prévisions, de construire un budget ambitieux pour l’année 2015.

Nous avons privilégié pour cela un travail collégial pour tracer les perspectives ambitieuses et soutenables qui doivent permettre à Paris d’être, malgré la crise, une ville toujours plus dynamique et solidaire. Je remercie chacun d’avoir pris toute sa part à de ce processus exigeant.

C’est en recherchant simultanément toujours davantage de sobriété dans la gestion, toujours davantage de volontarisme dans l’investissement public et toujours davantage d’attention portée à la société parisienne et à un service public de qualité que nous avons posé les bases de ce budget.

Le contexte économique n’a pourtant jamais été aussi contraignant pour notre collectivité. Pour ne pas subir l’effet conjoint des baisses de dotation de l’État et de la montée en puissance de la péréquation, nous avons dû trouver les marges de manœuvre indispensables à la réalisation du programme souhaité par les Parisiens.

Comme je m’y étais engagée, aucune hausse d’impôt n’est venue suppléer le désengagement de l’État. Ce sont donc d’abord 130 millions d’économies de fonctionnement qui nous ont rendu les moyens d’agir. C’est un effort sans précédent et je tiens ici à saluer le travail courageux de mes adjoints et des directions de la ville, mais également de la préfecture de police de Paris.

À cet effort sans précédent viendront s’ajouter 55 millions de recettes issues de l’indispensable modernisation de la taxe de séjour et de la taxe d’habitation pour les résidences secondaires. Ces deux mesures ne pèseront pas pour l’essentiel sur la société parisienne. Elles ont été pensées et elles seront appliquées comme des instruments au service de l’équité et de la redistribution.

Il en va de même de la réforme de la politique de stationnement et de la refonte des tarifs municipaux, qui nous procureront 60 millions réinvestis au service de tous dans un souci d’égalité. J’insiste sur le fait qu’aucune de ces mesures ne pèsera sur le pouvoir d’achat des Parisiens des classes populaires et des classes moyennes.

Cumulées aux recettes en hausse de la fiscalité immobilière et de la CVAE, elles nous permettent de présenter un niveau d’autofinancement satisfaisant de 948 millions. Deux tiers de nos investissements étant ainsi couverts sans recourir à l’emprunt, nous continuons à nous inscrire dans les principes de bonne gestion qui depuis une décennie confèrent son assise financière à notre collectivité qui est peu endettée.

C’est donc grâce à des fondations particulièrement saines que nous serons en mesure d’investir plus d’un 1,475 milliards d’euros dans l’ensemble des équipements et services qui touchent à la vie des Parisiens.

Les 442 millions qui vont conduire à la création de 10.000 nouveaux logements et les 130 millions mobilisés sur le compte foncier répondent mieux que tous les discours du monde à la crise du logement.

Les 229 millions consacrés à la voirie et aux déplacements feront de la transition écologique une réalité pour Paris en même temps qu’un progrès pour l’ensemble des Parisiens.

Les presque 100 millions dédiés aux espaces verts et à l’environnement donneront naissance à des jardins nouveaux notamment dans le 19ième, le 10ième et le 12ième.

Les 256 millions injectés dans les grandes opérations d’urbanisme concourront au renouveau et à l’attractivité de notre ville plus que jamais hospitalière à la recherche, à l’innovation, et à l’ensemble du tissu des PME et des commerces.
C’est tout cela qui crée les conditions nécessaires au maintien et au développement d’un écosystème entrepreneurial unique au monde.

Dans le même temps, nous continuerons à investir pour que les jeunes Parisiens se voient dotés des mêmes chances à l’issue de leur scolarisation.

C’est le sens des 104 millions dédiés à l’ouverture de nouvelles places de crèches et des 79 millions consacrés à la création de 3 écoles parallèlement au lancement de nombreux travaux de réhabilitation. Enfin dans le même esprit d’égalité et de cohésion, nous rapprocherons la culture, le sport et les loisirs de nos concitoyens.

Ce souci d’investir dans la proximité se traduira dès les prochains mois par l’ouverture de nouveaux équipements : une médiathèque, un conservatoire, deux gymnases verront par exemple le jour dans nos quartiers grâce aux 79 millions investis dans la culture et aux 60 millions investis dans le sport. Comme ces établissements, la Philharmonie sera conçue, au-delà de son rayonnement international, comme un lieu d’éducation par l’art ouvert à son environnement.

Avec de tels investissements j’ai bien la conviction que notre ville avance au service de tous les Parisiens de tous les quartiers, de tous les âges.

Le point commun entre ces investissements nombreux et massif est en effet leur contribution décisive à l’émergence d’une ville bienveillante c’est-à-dire à la fois ouverte sur le monde et fortement soudée autour des valeurs qui l’identifient : à la fois rayonnante et solidaire.

Avec un effort social de 2,3 milliards d’euros, en progression par rapport au niveau déjà record de l’année précédente, Paris ne désarme pas face à la crise.

Le bouclier social que nous avions été amenés à mettre en place l’an dernier est intégralement reconduit. C’est un dispositif de protection toujours plus solide que compose pour les plus fragiles l’agrégat des aides sociales, des dispositifs de lutte contre la grande exclusion, des établissements de soins en secteur 1 et des établissements d’accueil pour toutes les générations.

Conformément aux objectifs fixés en début de mandature, il sera renforcé par la formalisation du pacte parisien de lutte contre la grande exclusion, mais également par le déploiement du programme départemental d’insertion et d’emploi et du programme d’accès à l’emploi.

Les 77 millions consacrés à la politique de la ville au terme d’un dialogue sans concession avec l’État viendront compléter un dispositif global dont la vocation est de ne laisser personne en marge du progrès de Paris.

Et parce que je ne conçois pas ce progrès sans une amélioration constante dans les domaines de la sécurité et de la propreté, nous investissons 52 millions pour un meilleur entretien de l’espace public.

Cette nouvelle dynamique passe notamment par le déploiement de 30.000 nouvelles corbeilles de rue et la mise en place d’une démarche de « zéro déchet » dans la perspective d’une conversion totale de notre ville à l’économie circulaire.

Dans le même temps, alors que l’effort de rattrapage des effectifs vient combler le manque à gagner des années 2009-2012, nous confortons le budget alloué à la prévention et à la sécurité en renforçant les équipes de correspondants de nuit et en sanctuarisant les opérations ville vie vacances dans les quartiers populaires.

La contribution de la préfecture de police aux efforts budgétaires de notre collectivité n’aura donc pas d’impact sur l’efficacité opérationnelle des policiers et des pompiers au service des Parisiens.

Cette année donnera enfin lieu à la mise en œuvre du budget participatif. Les Parisiens feront des propositions et auront leur mot à dire sur 5% du budget d’investissement. Voilà une avancée démocratique concrète.

Mes chers collègues, ce budget est d’abord un budget de vérité parce qu’il n’occulte aucune des contraintes inhérentes à la période que nous traversons.

C’est ensuite un budget courageux si l’on considère les efforts accomplis pour viser à davantage de sobriété en matière de fonctionnement.

C’est également un budget de proximité si l’on mesure la déclinaison de chaque priorité en mesures et en réalisations concrètes accessibles à nos concitoyens.

C’est enfin un budget de combat dans une situation de crise :
– combat pour l’investissement public, seul capable de relancer l’économie et de préparer l’avenir ;
– combat pour la solidarité, dans une ville qui continue à faire tout son possible pour protéger ses habitants des effets de la crise ;
– combat enfin pour libérer l’avenir d’une ville déterminée à continuer à avancer.

Je tiens à remercier Julien Bargeton et Emmanuel Gregoire pour leur constance et leur disponibilité qui nous ont permis d’avancer en levant les obstacles les uns après les autres. Au travers de son secrétaire général je salue également l’administration parisienne qui a été une vraie force de proposition. Et je vous invite à voter de budget pensé et construit par et pour les Parisiens. »

Pierre Perrin-Monlouis
Pierre Perrin-Monlouis
Fondateur de Rente et Patrimoine (cabinet de gestion de patrimoine), Pierre Perrin-Monlouis est un analyste et trader pour compte propre. Il vous fait profiter de son expérience en trading grâce à ses analyses financières et décrypte pour vous les actualités des marchés. Son approche globale des marchés combine à la fois l'analyse technique et l'analyse fondamentale sur l'ensemble des marchés : crypto, forex, actions et matières premières.
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