emeis est le nouveau nom d’Orpea, l’un des principaux groupes européens de prise en charge de la dépendance et des soins : maisons de retraite, cliniques psychiatriques et de rééducation, soins à domicile. Après la crise de 2022 et une restructuration financière d’une ampleur inédite à la Bourse de Paris, le groupe est désormais coté sous le ticker EMEIS et figure dans le SBF 120 et le CAC Mid 60, selon la composition Euronext arrêtée au 30 septembre 2026. Cette fiche fait le point sur le cours de l’action emeis, l’activité du groupe, son redressement, ses résultats et les précautions à prendre avant d’investir.
Cours de l’action emeis en temps réel
Le cours de l’action emeis s’établit actuellement à 9,75 €, avec une variation de -0,26 % sur la séance. Environ 403 343 titres ont été échangés aujourd’hui, et sur les douze derniers mois, le titre évolue entre 9,34 € et 16,01 €.
À la clôture du 21 octobre 2026, l’action emeis cotait 9,91 €. Depuis le regroupement d’actions de mars 2024, le capital compte environ 159 millions d’actions, ce qui situe la capitalisation boursière aux alentours de 1,6 milliard d’euros. Le titre se négocie sous le code ISIN FR001400NLM4, attribué le 22 mars 2024 en remplacement de l’ancien code d’Orpea.
emeis : présentation de l’entreprise
emeis intervient dans le soin et l’accompagnement des personnes fragiles à travers cinq métiers complémentaires :
- Les maisons de retraite médicalisées (EHPAD en France), activité historique du groupe ;
- Les cliniques psychiatriques, l’un des segments les plus dynamiques ;
- Les cliniques de soins médicaux et de réadaptation, qui accueillent des patients après une hospitalisation ;
- Les soins et services à domicile ;
- Les résidences services pour seniors autonomes.
Selon les données publiées par la société, emeis compte environ 83 500 collaborateurs et accompagne quelque 280 000 résidents, patients et clients chaque année, dans 19 pays et un peu plus de 1 000 établissements. Le siège social est situé à Puteaux, dans les Hauts-de-Seine. Le groupe est dirigé par Laurent Guillot, directeur général reconduit par le conseil d’administration en avril 2026, secondé depuis le 1er juillet 2026 par Jean-Marc Boursier, directeur général délégué.
De la crise d’Orpea à la naissance d’emeis
En janvier 2022, la publication du livre-enquête Les Fossoyeurs du journaliste Victor Castanet met en cause les pratiques de l’entreprise dans ses établissements. L’affaire provoque des inspections administratives, le départ de l’ancienne direction et une crise de confiance majeure. Le groupe décide notamment de rembourser les sommes réclamées par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie et dépose plainte contre son ancien directeur général. Ces événements, très médiatisés, ont durablement marqué l’image du secteur.
La crise de réputation se double rapidement d’une crise financière : lourdement endetté, le groupe ne peut plus se refinancer. Un accord de principe est conclu le 1er février 2023 avec un consortium d’investisseurs publics et mutualistes. Il débouche sur une procédure de sauvegarde accélérée ouverte le 24 mars 2023 et sur un plan approuvé par le tribunal de commerce de Nanterre le 24 juillet 2023. Le 20 mars 2024, Orpea annonce sa nouvelle identité : emeis, un nom adopté pour tourner la page et porter un projet d’entreprise refondé autour de la qualité des soins.
La restructuration financière : ce qu’il faut savoir
La restructuration d’Orpea est l’une des plus importantes jamais réalisées par une société cotée en France. Ses principales étapes, telles que publiées par le groupe :
- Conversion de dette en capital pour environ 3,9 milliards d’euros, les créanciers non sécurisés devenant actionnaires ;
- Augmentation de capital réservée au consortium de 1,16 milliard d’euros ;
- Augmentation de capital avec maintien du droit préférentiel de souscription de 390 millions d’euros, dont environ la moitié souscrite par le consortium ;
- Regroupement d’actions à raison d’une action nouvelle pour 1 000 anciennes, finalisé le 21 mars 2024.
À l’issue de l’opération, le consortium formé par la Caisse des Dépôts, CNP Assurances, la MAIF et la MACSF détient environ 50 % du capital, les anciens créanciers environ 49 %, et les anciens actionnaires n’ayant pas suivi l’augmentation de capital ne conservent qu’environ 0,4 % du capital. Pour ces derniers, la dilution a été quasi totale : c’est une leçon importante sur les risques d’investir dans une entreprise en difficulté financière.
Données financières : un redressement progressif
Les comptes publiés depuis la restructuration montrent une amélioration graduelle :
| ISIN | FR001400NLM4 |
| Place et ticker | Paris — EMEIS.PA |
| Secteur | Healthcare |
| Rendement indicatif du dividende | 0,00 % (au 22/10/2026) |
- Exercice 2025 (publié le 8 avril 2026) : chiffre d’affaires de 5 895 millions d’euros, en hausse de 4,6 % (+6,1 % à périmètre constant) ; perte nette part du groupe ramenée à 298 millions d’euros, contre 412 millions d’euros en 2024 ;
- Premier semestre 2026 (publié le 29 juillet 2026) : chiffre d’affaires de 3 011 millions d’euros (+3,5 %, +6,0 % à périmètre constant) ; perte nette part du groupe réduite à 40 millions d’euros, contre 137 millions d’euros un an plus tôt ; dette nette d’environ 3,9 milliards d’euros ;
- Objectifs relevés : la direction vise désormais une progression de 12 à 14 % de l’EBITDAR en 2026.
Le prochain rendez-vous est la publication du chiffre d’affaires du troisième trimestre, le 29 octobre 2026 après la clôture. Les investisseurs surveillent en particulier le taux d’occupation des établissements, l’évolution des tarifs et le rythme de cessions d’actifs immobiliers, qui conditionne le désendettement.
Yahoo Finance — données vérifiées le 22/10/2026 : cours et fondamentaux, historique des détachements. Les données de marché sont indicatives et ne constituent pas un conseil en investissement.
Le marché de la dépendance et de la santé mentale en Europe
emeis évolue sur des marchés portés par des tendances démographiques lourdes. En Europe, la part des plus de 80 ans dans la population augmente rapidement, et avec elle le nombre de personnes nécessitant un accompagnement quotidien ou une prise en charge médicalisée. Parallèlement, les besoins en santé mentale progressent nettement, alors que l’offre de lits psychiatriques reste insuffisante dans de nombreux pays : c’est l’une des raisons pour lesquelles les cliniques psychiatriques constituent un relais de croissance important pour le groupe. Les soins de suite et de réadaptation bénéficient, eux, de la volonté des systèmes de santé de raccourcir les durées d’hospitalisation en hôpital général.
Ces marchés présentent cependant des particularités qu’un investisseur doit comprendre. Les prix sont souvent encadrés ou cofinancés par les autorités publiques et l’assurance maladie, ce qui limite la capacité d’augmenter les tarifs. Les coûts de personnel représentent la plus grosse part des charges, dans un contexte de pénurie de soignants qui pousse les salaires à la hausse. Enfin, la réglementation et les contrôles se sont durcis après 2022, en France comme dans d’autres pays. Les acteurs privés, parmi lesquels emeis et son concurrent coté Clariane, doivent donc concilier rentabilité, investissements dans la qualité et acceptabilité sociale.
Le projet de transformation d’emeis
Le changement de nom ne se limite pas à une opération de communication. La direction présente emeis comme une entreprise à mission tournée vers la qualité de l’accompagnement, avec des engagements renforcés en matière de transparence, de contrôle interne et de dialogue avec les familles et les autorités. Sur le plan économique, le plan de transformation combine trois leviers : la remontée du taux d’occupation des établissements après la crise de confiance, la maîtrise des coûts et la cession d’une partie du patrimoine immobilier pour réduire la dette. Les publications trimestrielles permettent de mesurer l’avancement de chacun de ces chantiers, et c’est leur succès qui conditionnera le retour durable aux bénéfices.
Dividende emeis : pas de distribution à court terme
Le dernier dividende versé par le groupe remonte à l’exercice 2020 (0,90 € par action, payé en 2021, sous l’ancien nom d’Orpea). Aucun dividende n’a été distribué depuis l’exercice 2021. Compte tenu des pertes encore enregistrées et de la priorité donnée au désendettement, une reprise de la distribution n’est pas à l’ordre du jour : les prévisions de consensus compilées par les sites financiers n’anticipent pas de dividende sur les prochains exercices. L’action emeis s’adresse donc exclusivement à des investisseurs à la recherche d’un potentiel de redressement, et non de revenus réguliers.
Analyse de l’action emeis : atouts et risques
Les atouts
Le premier atout d’emeis est la demande structurelle liée au vieillissement de la population européenne et aux besoins croissants en santé mentale : le nombre de personnes âgées dépendantes doit progresser fortement dans les prochaines décennies. Le deuxième est la présence d’un actionnariat de référence stable et de long terme, composé d’institutions publiques et mutualistes. Enfin, la trajectoire des résultats — croissance du chiffre d’affaires, réduction des pertes, objectifs relevés — suggère que le plan de transformation produit ses premiers effets.
Les risques
Les risques restent toutefois élevés. L’endettement, bien que réduit, demeure important au regard de la rentabilité actuelle, et le groupe n’est pas encore revenu au bénéfice net. Le secteur est fortement régulé, avec des tarifs encadrés par les pouvoirs publics et des exigences de qualité renforcées, et reste exposé au risque de réputation. Enfin, l’actionnariat très concentré réduit le flottant et peut limiter la liquidité du titre. Ces caractéristiques en font une valeur nettement plus spéculative que les grandes capitalisations du CAC 40. Rien de ce qui précède ne constitue une recommandation d’achat ou de vente.
Pour suivre l’évolution du dossier, trois indicateurs méritent une attention particulière lors de chaque publication : la croissance du chiffre d’affaires à périmètre constant, qui reflète le taux d’occupation et les tarifs ; l’EBITDAR, principal indicateur de rentabilité opérationnelle du secteur ; et la dette nette, dont la baisse dépend largement des cessions immobilières. Une amélioration simultanée de ces trois indicateurs serait le signal le plus convaincant d’un redressement durable.
Comment acheter l’action emeis en 2026 ?
Société anonyme de droit français cotée sur Euronext Paris, emeis peut être achetée dans un compte-titres ordinaire ou dans un PEA, avec l’avantage fiscal propre à ce plan après cinq ans de détention. Les étapes :
- Ouvrez un compte chez un courtier donnant accès à Euronext Paris ;
- Recherchez le titre sous le code EMEIS ou l’ISIN FR001400NLM4 — attention, l’ancien code d’Orpea n’est plus coté depuis mars 2024 ;
- Privilégiez un ordre à cours limité, la liquidité pouvant être plus faible que sur les grandes valeurs ;
- Limitez la part de ce titre dans votre portefeuille, compte tenu de son profil de redressement à risque, et suivez de près les publications trimestrielles.
Les anciens actionnaires d’Orpea qui détiennent encore des titres n’ont aucune démarche à effectuer : le regroupement de 2024 a été opéré automatiquement par les teneurs de compte, et les actions apparaissent désormais sous le nom emeis.
FAQ : questions fréquentes sur l’action emeis
Orpea et emeis, est-ce la même entreprise ?
Oui. emeis est le nouveau nom d’Orpea, annoncé le 20 mars 2024 à l’issue de la restructuration financière. L’action a changé de code ISIN le 22 mars 2024, après un regroupement d’une action nouvelle pour 1 000 anciennes.
Qui contrôle emeis aujourd’hui ?
Un consortium réunissant la Caisse des Dépôts, CNP Assurances, la MAIF et la MACSF détient environ la moitié du capital. Les anciens créanciers convertis en actionnaires détiennent la majeure partie du reste.
emeis verse-t-elle un dividende ?
Non. Le dernier dividende remonte à l’exercice 2020, sous le nom d’Orpea, et aucune distribution n’est attendue tant que le groupe n’a pas retrouvé une rentabilité durable.
emeis est-elle bénéficiaire ?
Pas encore : la perte nette part du groupe a été ramenée à 298 millions d’euros en 2025 et à 40 millions d’euros au premier semestre 2026. La tendance est à l’amélioration, mais le retour au bénéfice reste à confirmer.
Où se trouve le siège d’emeis et combien de salariés compte le groupe ?
Le siège social d’emeis est situé à Puteaux, dans les Hauts-de-Seine. Le groupe emploie environ 83 500 collaborateurs dans 19 pays, selon ses dernières publications.
Quand emeis publiera-t-elle ses prochains chiffres ?
Le chiffre d’affaires du troisième trimestre 2026 sera publié le 29 octobre 2026 après la clôture de la Bourse.
Cette fiche a un but purement informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures ; tout investissement en actions présente un risque de perte en capital.
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