Benoît Potier a dirigé Air Liquide pendant plus de vingt ans, d’abord comme directeur général et président du directoire, puis comme président-directeur général de 2006 à 2022. Ingénieur entré dans le groupe en 1981 au département recherche et développement, il a profondément transformé le leader mondial des gaz industriels, notamment par le rachat de l’américain Airgas en 2016. Cette page présente son parcours, les chiffres connus de sa rémunération et de sa retraite, avec leur source, et ce qu’ils enseignent aux actionnaires.
Formation et carrière
Né le 3 septembre 1957 à Mulhouse, Benoît Potier prépare les concours au lycée Sainte-Geneviève de Versailles et sort ingénieur de l’École centrale Paris en 1979. Il suit ensuite des programmes de management à l’INSEAD et au Wharton International Forum.
| Année | Fonction chez Air Liquide |
|---|---|
| 1981 | Ingénieur à la direction recherche et développement |
| 1994 | Directeur des marchés de la grande industrie |
| 1995 | Directeur adjoint chargé du développement et des opérations grande industrie |
| 1997 | Directeur général du groupe |
| 2001 | Président du directoire |
| 2006 | Président-directeur général |
| 2022 | Cède la direction générale à François Jackow et conserve la présidence du conseil |
Le bilan : Air Liquide transformé
Sous sa direction, Air Liquide a plus que doublé son chiffre d’affaires et son effectif, multiplié par trois le nombre de ses clients et par cinq sa capitalisation boursière, selon les chiffres généralement cités. Le rachat d’Airgas aux États-Unis, finalisé en 2016 pour environ 13 milliards de dollars, a fait du groupe le numéro un mondial des gaz industriels. Benoît Potier a aussi positionné Air Liquide sur l’hydrogène, en coprésidant le Conseil national de l’hydrogène et en participant à la création du Conseil mondial de l’hydrogène. Il a été élu « stratège de l’année » par La Tribune en 2008.
Air Liquide est aussi connu pour sa fidélité envers ses actionnaires individuels : distributions régulières d’actions gratuites, prime de fidélité de 10 % sur le dividende pour les titres détenus au nominatif depuis plus de deux ans. Pour analyser la valeur, consultez notre fiche sur l’action Air Liquide.
Rémunération et retraite : les chiffres connus
| Élément | Montant rapporté | Période | Source |
|---|---|---|---|
| Retraite supplémentaire | Environ 650 000 € par an | À partir de son départ de la direction générale en 2022 | Chiffres publiés lors du passage de témoin, repris par la presse et Wikipédia |
| Plan d’épargne retraite du groupe | Environ 200 000 € par an | À partir de 2022 | Idem |
| Rémunération de président non exécutif | Environ 800 000 € par an | À partir de juin 2022 | Idem |
| Dividendes perçus sur ses actions | Environ 1,5 M€ | 2021 | Idem |
Pour les années où il était président-directeur général, les montants détaillés (fixe, variable, actions de performance) figurent dans les documents de référence et documents d’enregistrement universels d’Air Liquide, rubrique rémunération des mandataires sociaux. Les dividendes, eux, rémunèrent sa qualité d’actionnaire et ne font pas partie de sa rémunération de dirigeant.
Le débat sur les retraites chapeaux
Les retraites supplémentaires à prestations définies, dites « retraites chapeaux », ont longtemps permis aux dirigeants de grands groupes de percevoir une pension calculée sur leur dernière rémunération. Elles ont été fortement encadrées : depuis une ordonnance de 2019, les nouveaux régimes doivent prévoir une acquisition progressive des droits, plafonnée chaque année, et les droits acquis dans les anciens régimes ont été gelés. Les montants versés aux anciens dirigeants restent toutefois visibles dans les documents des sociétés et régulièrement débattus en assemblée générale.
Autres mandats
Benoît Potier a présidé la Table ronde des industriels européens (ERT), a été membre du conseil de surveillance de Michelin et administrateur de Danone, ainsi que de plusieurs organisations patronales et écoles. Il a présidé la Fondation Air Liquide de sa création en 2008 jusqu’en 2017. Il est officier de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre national du Mérite.
Ce qu’un actionnaire peut retenir
- La longévité d’un dirigeant peut être un atout lorsqu’elle s’accompagne d’une stratégie cohérente et d’une succession préparée en interne.
- Les éléments de retraite sont à examiner dans les documents de la société : ils peuvent représenter des montants importants sur longue période.
- La séparation des fonctions de président et de directeur général, adoptée en 2022, est généralement considérée comme une bonne pratique de gouvernance.
Air Liquide est éligible au PEA, apprécié des investisseurs de long terme. Pour se positionner à court terme sur les grandes valeurs industrielles, certains utilisent des CFD ; notre avis sur Vantage présente un courtier qui en propose. Les CFD sont des produits à effet de levier, à risque élevé de perte. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.
Le métier d’Air Liquide
Air Liquide produit et distribue des gaz industriels et médicaux : oxygène, azote, argon, hydrogène, gaz rares. Ses clients vont de la sidérurgie et de la chimie, qu’il approvisionne par canalisations sur des contrats de long terme, jusqu’aux hôpitaux, aux laboratoires et aux artisans. Ce modèle, fondé sur des contrats pluriannuels avec des clauses d’indexation des coûts de l’énergie, procure une grande régularité de résultats, ce qui explique la réputation de valeur de « bon père de famille » du titre auprès des actionnaires individuels.
La transition énergétique ouvre de nouveaux débouchés au groupe, avec la production d’hydrogène bas carbone et le captage du CO2 pour l’industrie.
En résumé
Benoît Potier a fait d’Air Liquide le leader mondial des gaz industriels. Les chiffres de retraite et de rémunération publiés lors de son passage à la présidence non exécutive illustrent les enjeux de gouvernance que tout actionnaire peut suivre dans les documents annuels de la société.
FAQ
Quand Benoît Potier a-t-il dirigé Air Liquide ?
Il a été directeur général à partir de 1997, président du directoire à partir de 2001, puis président-directeur général de 2006 à juin 2022, avant de rester président du conseil d’administration.
Quel est le montant de la retraite de Benoît Potier ?
Selon les chiffres publiés en 2022, environ 650 000 euros par an de retraite supplémentaire, auxquels s’ajoutent environ 200 000 euros par an au titre du plan d’épargne retraite du groupe.
Qui a succédé à Benoît Potier à la direction générale ?
François Jackow, devenu directeur général le 1er juin 2022.