Dominique Ceolin est le cofondateur et président-directeur général d’ABC Arbitrage, l’une des rares sociétés de gestion quantitative françaises cotées en Bourse. Né le 9 décembre 1967 à La Rochelle, mathématicien et actuaire de formation, il incarne une approche scientifique des marchés financiers : modéliser les prix, repérer les anomalies et les exploiter de façon systématique. Voici son parcours, le fonctionnement de l’arbitrage et ce que ce métier enseigne aux investisseurs particuliers.
Un mathématicien avant d’être financier
Fils d’un ingénieur du bâtiment, Dominique Ceolin se passionne très jeune pour les jeux de stratégie, les échecs et la voile. Il découvre les mathématiques au collège, à Niort, puis l’informatique, et rêve d’abord de devenir enseignant-chercheur. Après un baccalauréat obtenu à Tours en 1985 et une classe préparatoire scientifique, il obtient une maîtrise de mathématiques pures à l’université de Poitiers, complétée par un DEA de mathématiques et d’informatique.
Diplômé de l’Institut de statistique de l’université Pierre-et-Marie-Curie (aujourd’hui Sorbonne Université), il découvre la finance pendant ses études d’actuariat. Il devient membre de l’Institut des actuaires en 1994. L’un de ses anciens professeurs le décrit comme un praticien qui a gardé intacte la conviction que les mathématiques peuvent modéliser la réalité et agir sur elle.
De l’enseignement aux salles de marché
En 1990, il réalise sa vocation première en devenant enseignant en électronique, électrotechnique et automatique à l’université de Poitiers. En parallèle, de 1990 à 1993, il est analyste quantitatif chez ABN Amro, au sein du département de recherche et développement en arbitrage. Il y rencontre Grégoire Bouguereau, qui sera à l’initiative de la création d’ABC Arbitrage. En 1994, il est consultant pour une grande banque française.
1995 : la création d’ABC Arbitrage
En 1995, il cofonde ABC Arbitrage. Il y dirige successivement l’analyse statistique et la modélisation, les systèmes d’information et la supervision des risques de marché, avant d’en devenir président-directeur général. En 2004, il prend aussi la tête de la filiale de gestion d’actifs, ABC Arbitrage Asset Management, qui gère des fonds pour le compte d’investisseurs institutionnels.
La société est cotée à la Bourse de Paris, ce qui permet aux particuliers d’investir dans un métier habituellement réservé aux fonds spéculatifs. Pour suivre la valeur, consultez notre fiche sur l’action ABC Arbitrage.
Qu’est-ce que l’arbitrage ?
L’arbitrage consiste à tirer profit d’écarts de prix anormaux entre des actifs liés, en prenant simultanément des positions opposées pour limiter l’exposition aux mouvements généraux du marché. Quelques exemples de stratégies :
| Stratégie | Principe |
|---|---|
| Arbitrage de fusions et acquisitions | Acheter la société visée par une offre et, le cas échéant, vendre l’acquéreur, pour capter l’écart entre le cours et le prix proposé |
| Arbitrage d’indices | Exploiter les écarts entre un contrat à terme sur indice et le panier d’actions qui le compose |
| Arbitrage statistique | Repérer des écarts temporaires entre actions habituellement corrélées et parier sur leur retour à la normale |
| Événements sur titres | Exploiter les opérations particulières : détachement de dividendes, changements de composition d’indices, augmentations de capital |
Chaque opération rapporte généralement peu ; la performance vient du grand nombre d’opérations, de la rigueur des modèles et de la maîtrise des coûts. Le risque principal n’est pas la baisse du marché, mais l’échec d’une opération (une OPA abandonnée, par exemple) ou une raréfaction des opportunités dans les marchés calmes.
Un modèle de rémunération des actionnaires
ABC Arbitrage est connue des investisseurs pour sa politique de distribution généreuse, souvent fractionnée en plusieurs versements dans l’année. Le niveau de bénéfice dépend toutefois fortement de la volatilité et du nombre d’opérations sur les marchés : les années riches en fusions-acquisitions et en mouvements de marché sont généralement favorables, les années très calmes le sont moins. L’investisseur doit donc considérer les résultats sur plusieurs années plutôt que sur un seul exercice.
Les risques d’une société d’arbitrage cotée
Investir dans une société comme ABC Arbitrage n’est pas sans risque. Ses revenus dépendent du nombre d’opportunités sur les marchés : une année avec peu de fusions-acquisitions, une faible volatilité ou des écarts de prix rapidement corrigés par la concurrence peut réduire nettement les résultats. Les stratégies quantitatives sont aussi exposées au « risque de modèle » : un comportement de marché inédit peut rendre les modèles moins efficaces. Enfin, une valeur moyenne présente une liquidité plus faible que les grandes capitalisations. Ces éléments plaident pour une position mesurée dans un portefeuille diversifié.
Engagements
Dominique Ceolin est membre de CroissancePlus depuis 2007 et de MiddleNext, l’association professionnelle des valeurs moyennes cotées, depuis 2006 ; il en a assuré la présidence de juillet 2018 à juillet 2020. Il a été entendu en 2013 par la commission « Finance responsable » de la Fondation Banque de France et soutient des initiatives en faveur de l’égalité des chances, comme l’association Les Maisons des Jeunes Talents, qui aide des élèves de milieux modestes à accéder aux classes préparatoires.
Ce que son parcours apprend à l’investisseur
- La rigueur méthodique paie sur la durée. L’arbitrage repose sur des règles précises, appliquées sans émotion. Le particulier peut s’en inspirer en fixant ses règles d’entrée et de sortie à l’avance.
- Les petits gains répétés valent mieux que les paris risqués. La gestion du risque compte plus que la recherche du « coup » exceptionnel.
- Il existe des valeurs cotées qui donnent accès à des stratégies alternatives. Une action comme ABC Arbitrage offre une exposition à un métier peu corrélé à la tendance générale du marché, utile pour diversifier un portefeuille.
Pour ceux qui souhaitent appliquer eux-mêmes des stratégies de court terme, notamment des stratégies de paires ou de couverture, les CFD permettent de prendre des positions à la hausse comme à la baisse ; notre avis sur Vantage présente un courtier qui en propose. Les CFD sont des produits à effet de levier, à risque élevé de perte. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.
FAQ
Qui a fondé ABC Arbitrage ?
ABC Arbitrage a été cofondée en 1995 par Dominique Ceolin, à l’initiative de Grégoire Bouguereau, rencontré chez ABN Amro.
Quelle est la formation de Dominique Ceolin ?
Il est titulaire d’une maîtrise de mathématiques pures et d’un DEA de mathématiques et d’informatique, diplômé de l’Institut de statistique de Sorbonne Université et membre de l’Institut des actuaires.
Qu’est-ce que l’arbitrage en Bourse ?
C’est une stratégie qui consiste à profiter d’écarts de prix anormaux entre des actifs liés, en prenant des positions opposées pour limiter l’exposition aux mouvements généraux du marché.