Lars Olofsson : rémunération chez Carrefour (2009-2012)

Lars Olofsson a dirigé Carrefour de 2009 à 2012, d’abord comme directeur général puis comme président-directeur général. Venu de Nestlé, où il avait fait l’essentiel de sa carrière, il a pris la tête du numéro un français de la distribution dans une période difficile. Son mandat reste associé à une forte baisse du cours de Bourse et à un débat sur le coût de sa présence pour l’entreprise. Cette page rassemble les chiffres connus de sa rémunération, avec leur année et leur source, et explique ce que ce cas enseigne aux actionnaires.

Qui est Lars Olofsson ?

Né le 19 décembre 1951 à Kristianstad, en Suède, Lars Olofsson étudie à Malmö puis aux États-Unis, à Kansas City. Diplômé en sciences économiques de l’université de Lund, il obtient ensuite un master à l’IMD de Lausanne, l’une des grandes écoles de management européennes.

Sa carrière commence en 1976 chez Nestlé, comme chef de produits chez Findus en Suède. En 1981, il rejoint la filiale française de la marque de surgelés, où il devient directeur marketing. Après un passage à la direction de la division produits laitiers et diététiques de Sopad Nestlé, il dirige brièvement le groupe public suédois Procordia (1990-1992), puis revient chez France Glaces Findus comme directeur général.

Il gravit ensuite les échelons du groupe suisse : responsable des marchés scandinaves, président-directeur général de Nestlé France à partir du 1er novembre 1997, directeur général pour l’Europe à partir de 2001, puis, en 2005, directeur général chargé du développement stratégique et du marketing. Pressenti pour succéder à Peter Brabeck-Letmathe à la tête de Nestlé, il voit le conseil choisir Paul Bulcke.

Carrefour : un mandat de trois ans et demi

Le 14 novembre 2008, le conseil d’administration de Carrefour le nomme directeur général en remplacement de José Luis Duran, avec effet au 1er janvier 2009. Le 22 juin 2011, il devient président-directeur général. Son contrat n’est pas renouvelé en 2012 ; Georges Plassat lui succède.

Le contexte était exigeant : concurrence accrue des enseignes de hard discount et de Leclerc en France, crise financière, difficultés dans plusieurs pays européens. Plusieurs initiatives lancées pendant son mandat ont été critiquées par la presse économique, notamment le changement de concept des hypermarchés (le « Carrefour Planet ») et une politique de prix jugée peu lisible. Le magazine Challenges a ainsi publié en janvier 2012 un article consacré aux « cinq erreurs » de Lars Olofsson.

En Bourse, la sanction a été nette : selon les cours généralement cités, l’action Carrefour valait environ 31,8 euros lors de l’annonce de sa nomination, le 14 novembre 2008, et environ 14,4 euros au moment de son départ, en mai 2012. Une partie de cette baisse s’explique par la crise financière et par les difficultés de l’ensemble du secteur de la distribution en Europe, mais la sous-performance de Carrefour par rapport à ses concurrents a été largement soulignée.

Rémunération de Lars Olofsson : les chiffres connus

Année Fonction Montant rapporté Source
2009 Directeur général de Carrefour 6 917 043 € Données publiées à l’époque, reprises par Wikipédia
2009-2012 Coût total de son passage pour Carrefour 60 à 70 M€ selon une estimation de presse (incluant logement de fonction et voiture avec chauffeur) Estimation citée par la presse économique, reprise par Wikipédia

Le montant de 2009 inclut sa rémunération fixe, sa part variable et des éléments liés à son arrivée (compensation d’avantages abandonnés chez Nestlé, actions ou options). Ce type d’élément, dit de « bienvenue » ou de « golden hello », est fréquent lorsqu’un groupe recrute un dirigeant venu d’une autre entreprise. L’estimation du coût total sur l’ensemble du mandat, plus large, doit être prise avec prudence : elle agrège des éléments de nature différente et ne provient pas des documents officiels du groupe. Pour le détail exact, la référence reste le document de référence annuel de Carrefour de chaque exercice.

Pourquoi ce cas est souvent cité

Le mandat de Lars Olofsson est devenu un exemple de décalage entre rémunération et performance boursière. Il a nourri plusieurs évolutions :

  • Un examen plus strict des rémunérations d’arrivée : les investisseurs demandent désormais que les compensations versées à un nouveau dirigeant soient conditionnées à la performance.
  • Le vote des actionnaires : depuis la loi Sapin 2 de 2016, les actionnaires des sociétés françaises cotées votent de manière contraignante sur la rémunération des dirigeants.
  • La publication des ratios d’équité : depuis la loi Pacte de 2019, l’écart entre la rémunération du dirigeant et celle des salariés est rendu public.

Carrefour depuis 2012

Après Georges Plassat (2012-2017), Alexandre Bompard a pris la direction de Carrefour en 2017. Le groupe a mené plusieurs plans de transformation : développement du commerce en ligne, des produits à marque propre et du format proximité, réduction des coûts, recentrage géographique. En 2024 et 2025, Carrefour a cédé ou réorganisé plusieurs activités internationales pour se concentrer sur ses principaux marchés (France, Espagne, Brésil). Pour analyser la valeur aujourd’hui, consultez notre fiche sur l’action Carrefour, et pour comparer avec l’ancien employeur de Lars Olofsson, celle sur l’action Nestlé.

Ce qu’un actionnaire peut en retenir

  1. Un bon parcours ailleurs ne garantit pas le succès. L’expertise marketing acquise dans l’agroalimentaire n’était pas forcément transposable à la distribution, un métier de marges faibles, de logistique et de prix.
  2. La rémunération doit être liée à des critères mesurables. Croissance des ventes à magasins comparables, marge opérationnelle, flux de trésorerie et rentabilité des capitaux employés sont des indicateurs plus pertinents qu’un montant fixe élevé.
  3. Le secteur compte autant que le dirigeant. La grande distribution européenne a connu une décennie difficile. Comparer une société à ses concurrents directs permet de distinguer ce qui relève de la stratégie et ce qui relève du marché.

Les valeurs de la distribution réagissent fortement aux publications de chiffre d’affaires trimestrielles. Pour se positionner à court terme sur ces mouvements, certains investisseurs utilisent des CFD ; notre avis sur Vantage présente un courtier qui en propose sur les grandes actions européennes. Les CFD sont des produits à effet de levier, à risque élevé de perte. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.

FAQ

Combien gagnait Lars Olofsson chez Carrefour ?

Ses revenus pour 2009, sa première année comme directeur général, ont été rapportés à 6 917 043 euros.

Quand Lars Olofsson a-t-il dirigé Carrefour ?

Il a été directeur général à partir du 1er janvier 2009, président-directeur général à partir du 22 juin 2011, puis a quitté ses fonctions en 2012.

Qui a succédé à Lars Olofsson ?

Georges Plassat, en 2012, auquel a succédé Alexandre Bompard en 2017.