Frank Esser est un dirigeant allemand des télécommunications qui a présidé SFR, deuxième opérateur mobile français, pendant une décennie, et siégé au directoire de Vivendi, alors actionnaire de référence de l’opérateur. Sa rémunération de membre du directoire, publiée dans les documents de référence de Vivendi, était l’une des plus élevées du secteur. Voici son parcours, les chiffres connus de sa rémunération et ce qu’ils révèlent.
Parcours : de Mannesmann à SFR
Né à Erkelenz, en Allemagne, Frank Esser est diplômé en économie, finance et informatique des universités de Fribourg-en-Brisgau et de Cologne, et docteur en économie. Après avoir enseigné l’économie à l’université de Cologne, il rejoint en 1988 le groupe Mannesmann, pionnier du téléphone mobile en Allemagne, où il occupe plusieurs postes de direction jusqu’en 2000.
En septembre 2000, Jean-Marie Messier, alors patron de Vivendi, le nomme directeur général de Cegetel, qui deviendra SFR. Il en devient président-directeur général en 2002 et entre au directoire de Vivendi. Sous sa direction, SFR absorbe Neuf Cegetel (2008) et devient un opérateur intégré fixe et mobile. Il quitte la présidence de SFR en mars 2012, peu après l’arrivée de Free Mobile, qui bouleverse le marché.
Il a également été administrateur de Faurecia, membre du conseil de surveillance de Maroc Telecom, président de la Fédération française des télécoms et membre du conseil exécutif du Medef.
Rémunération : les chiffres connus
En tant que membre du directoire de Vivendi, la rémunération de Frank Esser était publiée chaque année dans le document de référence du groupe, comme pour les autres dirigeants de notre rubrique rémunération des dirigeants. Pour l’exercice 2010, sa rémunération au titre de ce mandat s’élevait à 2 507 510 € (montant brut dû au titre de l’exercice, tel que rapporté à l’époque).
Comme pour la plupart des dirigeants du CAC 40, cette rémunération combinait :
- une part fixe ;
- une part variable annuelle, liée à des objectifs financiers (résultat, flux de trésorerie) et opérationnels de SFR et de Vivendi ;
- des éléments de long terme (stock-options ou actions de performance), dont la valeur dépend du cours de Bourse de Vivendi.
Ce que ces chiffres apprennent à l’investisseur
- La rémunération variable reflète les objectifs du groupe. Lire la partie « gouvernement d’entreprise » du document d’enregistrement universel permet de voir sur quels critères la direction est évaluée, avant d’acheter des actions d’une société.
- Un choc concurrentiel peut changer la donne très vite. L’entrée de Free Mobile en 2012 a fait baisser les prix et pesé sur les marges des opérateurs historiques, et donc sur la valeur de Vivendi, qui a fini par céder SFR en 2014. Le même mouvement de prix cassés a touché le courtage en ligne avec l’arrivée de néo-courtiers comme Trade Republic.
- Le vote « say on pay ». Depuis la loi Sapin II, les actionnaires votent sur la rémunération des dirigeants des sociétés cotées : un outil de contrôle à suivre en assemblée générale.
FAQ
Quel était le salaire de Frank Esser chez Vivendi ?
Sa rémunération au titre de son mandat au directoire de Vivendi était de 2 507 510 € pour l’exercice 2010.
Quand Frank Esser a-t-il dirigé SFR ?
Il a été directeur général de Cegetel à partir de 2000, puis PDG de SFR de 2002 à mars 2012.
Cette page est une analyse à visée éducative. Elle ne constitue pas un conseil en investissement.