Article d’archive, réécrit et mis à jour en 2026. La dépêche d’origine, publiée sur Edubourse le 10 septembre 2009, relayait l’annonce d’American Express sur les expériences réservées à ses porteurs de carte pendant la New York Fashion Week.
En septembre 2009, American Express annonce une série d’expériences exclusives pour ses porteurs de carte pendant la New York Fashion Week : accès à des défilés, présentations privées de collections et événements avec des créateurs. L’annonce peut sembler anecdotique pour un site consacré à la Bourse. Elle illustre pourtant l’un des ressorts les plus solides du modèle économique d’American Express : vendre bien plus qu’un moyen de paiement, un accès privilégié qui justifie des cotisations élevées et fidélise une clientèle aisée.
Ce qu’American Express proposait en 2009
American Express était à l’époque un partenaire majeur de la semaine de la mode new-yorkaise. Le programme annoncé en septembre 2009 s’adressait à ses porteurs de carte et reposait sur trois idées :
- L’accès : la possibilité d’assister à des défilés habituellement réservés aux professionnels, aux acheteurs et à la presse.
- Les coulisses : des rencontres et des présentations pensées pour montrer le travail des créateurs au-delà du simple podium.
- L’exclusivité : des places limitées, réservées aux clients de la marque, avec des avantages plus étendus pour les cartes haut de gamme.
L’exemple le plus cité est celui du créateur Phillip Lim. Sa collection printemps 2010 pour la marque 3.1 Phillip Lim, présentée le 16 septembre 2009 dans le cadre de la Fashion Week et saluée par la presse spécialisée, a été montrée une seconde fois le lendemain lors d’un défilé exclusif réservé aux porteurs de carte American Express. Le créateur expliquait alors vouloir offrir aux clients un regard sur le processus de création au-delà du défilé traditionnel. Le défilé a toutefois été marqué par un incident de podium, une mannequin ayant chuté à plusieurs reprises, qui a fait l’objet de nombreux articles.
Septembre 2009, c’est un an après la faillite de Lehman Brothers. American Express sort d’une période difficile : hausse des impayés sur les cartes de crédit, recul des dépenses de ses clients et, fin 2008, transformation en holding bancaire pour accéder aux dispositifs de soutien de la Réserve fédérale. La société a bénéficié du programme TARP, qu’elle a remboursé dès juin 2009.
Dans ce contexte, miser sur des expériences haut de gamme n’a rien d’un caprice. C’est une manière de défendre le cœur de la clientèle, les porteurs de cartes premium, dont les dépenses sont plus résistantes en période de ralentissement et qui génèrent l’essentiel des commissions.
Pourquoi les « expériences » sont au cœur du modèle d’American Express
Pour comprendre l’intérêt de cette annonce, il faut rappeler ce qui distingue American Express de Visa et Mastercard. Ces deux derniers sont des réseaux : ils ne prêtent pas d’argent et ne choisissent pas directement les clients, ce rôle revenant aux banques émettrices. American Express, au contraire, fonctionne en grande partie comme un réseau fermé : la société émet elle-même la majorité de ses cartes, gère la relation client, porte une partie du risque de crédit et encaisse les commissions des commerçants.
Ses revenus reposent donc sur trois piliers :
- Les commissions sur transactions payées par les commerçants, généralement plus élevées que celles des réseaux concurrents.
- Les cotisations annuelles des cartes, dont la part a fortement progressé avec le succès des cartes premium.
- Les intérêts sur les encours de crédit renouvelable.
Les événements comme la Fashion Week, les préventes de billets de concerts ou l’accès à des salons d’aéroport servent à justifier des cotisations élevées. Plus le client perçoit de la valeur, plus il dépense avec sa carte, et plus American Express perçoit de commissions. C’est un cercle vertueux que la société a poussé beaucoup plus loin dans les années 2010 et 2020 avec ses cartes Platinum et Gold, et une stratégie explicitement tournée vers les millennials et la génération Z.
Pour une analyse détaillée de la valorisation, de la politique de dividendes et des risques, consultez notre fiche sur l’action American Express.
Ce qui s’est passé depuis 2009
Avec le recul, la stratégie « premium » a été payante. Quelques jalons :
- Années 2010 : American Express perd en 2016 le partenariat de cartes co-marquées avec Costco aux États-Unis, un coup dur à l’époque, mais se recentre sur ses propres cartes premium.
- 2020 : la pandémie fait chuter les dépenses de voyage et de restauration, cœur de la clientèle Amex. La société adapte ses avantages pour conserver ses abonnés.
- Depuis 2021 : la reprise du voyage et le succès des cartes auprès des jeunes clients aisés soutiennent la croissance des revenus. Le parcours boursier d’American Express sur la période a été nettement supérieur à celui de nombreuses banques traditionnelles.
- Warren Buffett : Berkshire Hathaway, actionnaire historique d’American Express depuis des décennies, y a conservé une participation importante, souvent citée comme exemple d’investissement de long terme dans une marque à fort pouvoir de prix.
Le lien avec la mode, lui, s’est prolongé sous diverses formes : partenariats avec des créateurs, accès à des événements culturels et sportifs, préventes réservées aux porteurs de carte. Le principe posé en 2009 n’a pas changé.
American Express face à Visa et Mastercard
| Critère | American Express | Visa / Mastercard |
|---|---|---|
| Modèle | Réseau fermé : émetteur et réseau à la fois | Réseaux ouverts : les banques émettent les cartes |
| Risque de crédit | Porté en partie par la société | Porté par les banques émettrices |
| Commissions commerçants | Généralement plus élevées | Plus faibles, acceptation plus large |
| Clientèle | Orientée haut de gamme et entreprises | Grand public, mondiale |
| Sensibilité au cycle | Plus forte (impayés, dépenses de voyage) | Plus faible (revenus liés aux volumes) |
Visa et Mastercard présentent des marges particulièrement élevées et une sensibilité moindre au risque de crédit ; American Express offre un profil plus cyclique mais une relation directe avec ses clients. Pour comparer, voir nos analyses de l’action Visa et de l’action Mastercard.
Ce qu’un investisseur peut retenir
- Une annonce marketing peut révéler une stratégie. Derrière les défilés, c’est la défense du segment le plus rentable qui se joue.
- Le pouvoir de prix est un critère clé. Une entreprise capable d’augmenter ses cotisations sans perdre ses clients dispose d’un avantage concurrentiel durable.
- Le cycle de crédit reste un risque. En cas de récession, les impayés augmentent et les provisions pèsent sur les résultats, comme en 2008-2009.
Les actions américaines comme American Express ne sont pas éligibles au PEA : il faut passer par un compte-titres ou un courtier en ligne. Pour se positionner sur les valeurs de Wall Street via des CFD, notre avis sur Vantage présente les frais et le fonctionnement de ce courtier ; rappelons que les CFD, à effet de levier, comportent un risque élevé de perte. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.
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FAQ
Qu’a annoncé American Express en septembre 2009 ?
Un programme d’expériences exclusives pour ses porteurs de carte pendant la New York Fashion Week, incluant l’accès à des défilés et des présentations privées de créateurs, dont un défilé réservé de 3.1 Phillip Lim.
Pourquoi American Express investit-elle dans ce type d’événements ?
Parce que ces avantages justifient des cotisations élevées, fidélisent une clientèle aisée qui dépense davantage et augmentent ainsi les commissions perçues sur les transactions.
American Express est-elle comparable à Visa ?
Pas vraiment : Visa est un réseau ouvert qui ne porte pas de risque de crédit, alors qu’American Express émet la plupart de ses cartes et gère directement ses clients.
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