Teijin est l’un des grands chimistes japonais des matériaux de performance : fibres d’aramide — la famille des fibres ultra-résistantes qui équipent gilets pare-balles et composites aéronautiques —, films optiques, résines de spécialité et solutions médicales. Cotée à Tokyo sous le ticker 3401 et composante du Nikkei 225, la société traverse un creux marqué — résultat net négatif — sur lequel la direction répond par un plan de restructuration profond. Cette fiche présente le cours en temps réel, la situation, le dividende et la manière d’investir depuis la France.
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Cours de l’action Teijin en temps réel
Le cours de l’action Teijin s’établit actuellement à 1 873,00 ¥ (yens), avec une variation de 16,70 % sur la séance. Environ 3 984 400 titres ont été échangés aujourd’hui, et sur les douze derniers mois, le titre évolue entre 1 202,50 ¥ et 1 878,00 ¥ yen.
À l’automne 2026, l’action cotait autour de 1 600 yens, pour une capitalisation d’environ 310 milliards de yens — une décote prononcée au regard des actifs, dont le marché mesure le creux des profits et le coût de la restructuration en cours.
Pour comparer avec d’autres actions, consultez aussi notre analyse de l’action ICBC et celle de l’action Seven & i.
Données financières — Teijin Limited
| Place de cotation | Tokyo — ticker 3401.T |
| Secteur | Industrials — Conglomerates |
| Siège | Japan — site officiel |
| Capitalisation | ≈ 312,97 Md ¥ (au 27.10.2026) |
| Dividende | 50,00 ¥ par action — rendement ≈ 3,1 % |
Résultats annuels récents
| Exercice | Chiffre d’affaires | Résultat net |
|---|---|---|
| 2026 | 873,19 Md ¥ | -88003000000 ¥ |
| 2025 | 1,01 Tn ¥ | 28,35 Md ¥ |
| 2024 | 1,03 Tn ¥ | 10,60 Md ¥ |
Historique du dividende par action
| Date de détachement | Dividende |
|---|---|
| 29.09.2026 | 25,00 ¥ |
| 30.03.2026 | 25,00 ¥ |
| 29.09.2025 | 25,00 ¥ |
| 28.03.2025 | 25,00 ¥ |
| 27.09.2024 | 25,00 ¥ |
Sources : Yahoo Finance — cours, capitalisation, PER, comptes annuels et historique de dividende, données au 27.10.2026. Chiffres indicatifs, en devise de cotation ; ceci ne constitue pas un conseil en investissement.
Teijin : présentation du groupe
Fondée en 1918 comme première productrice japonaise de rayonne, Teijin a bâti un portefeuille de matériaux avancés :
- Les fibres d’aramide : Teijin produit le Twaron et le Technora, les concurrents du Kevlar — des fibres cinq fois plus résistantes que l’acier à poids égal, utilisées dans la protection balistique, les pneus, les câbles et les composites ;
- Les films et sheets optiques : films pour écrans et applications industrielles, exposés au cycle des panneaux ;
- Les plastiques de spécialité : résines d’ingénierie pour l’automobile, l’électronique et l’aéronautique ;
- La santé : équipements médicaux, dispositifs et pharmacie — un segment en croissance que la stratégie privilégie.
Résultats : le creux assumé
Les derniers chiffres publiés confirment la difficulté :
- Chiffre d’affaires d’environ 850 milliards de yens, en repli de 14 % — la contraction reflète les sorties de capacités et la faiblesse du cycle des films optiques ;
- Résultat net négatif d’environ 42 milliards de yens — le creux combine la compression des marges des films, des charges de restructuration et des dépréciations sur des actifs en sortie ;
- Le multiple avant d’environ huit fois signale que le marché valorise déjà la sortie de crise — le pari de l’investisseur est celui de l’exécution de la restructuration.
La direction a réagi par un plan profond : cession ou fermeture des lignes non compétitives, concentration sur les fibres d’aramide, la santé et les plastiques de spécialité — les segments où le groupe détient des positions défendables.
Dividende Teijin : maintenu malgré la tempête
Le dividende s’établit à 50 yens par action, pour un rendement d’environ 3,1 % au cours d’octobre 2026 — un niveau maintenu malgré le résultat négatif, la direction jugeant la perte exceptionnelle et le bilan capable de soutenir la distribution. Ce maintien est un signal fort de confiance dans la restructuration, mais il impose à l’investisseur une vigilance : un dividende versé sur un exercice de perte ne peut être permanent que si le redressement se matérialise. Pour un résident français : retenue à la source de 15 % sur les dividendes (convention franco-japonaise, imputable via le formulaire dédié), achat en compte-titres ordinaire, le Japon n’étant pas éligible au PEA.
Histoire : un siècle de fibres japonaises
Teijin naît en 1918 de la volonté d’industriels japonais de produire la rayonne — la soie artificielle — dont le pays dépendait des importations : le nom même signifie « rayonne » en néerlandais, la langue technique de l’époque. La croissance suit celle du textile japonais, mais dès les années 1960, l’entreprise comprend que la fibre de commodité la mène dans un mur, et engage la conversion vers les matériaux de spécialité qui la définit encore : d’abord les polyester techniques, puis les films, puis — moment décisif — l’entrée dans l’aramide par l’acquisition des activités européennes de fibres hautes performances dans les années 2000, qui apporte le Twaron. La santé complète le portefeuille par acquisitions successives. Un siècle après sa fondation, le groupe traverse sa crise la plus profonde — mais son histoire est précisément celle d’entreprises qui, à chaque génération, ont sacrifié les segments confortables pour conquérir les matériaux que l’industrie mondiale ne peut pas remplacer.
Le marché de l’aramide : un duopole mondial
Le segment qui justifie le mieux la valeur résiduelle de Teijin mérite une explication. Les fibres d’aramide — liquides cristallins orientés en fil — offrent une résistance à la traction exceptionnelle à poids égal, avec une tolérance thermique et chimique qui les rend irremplaçables dans leurs applications : gilets et casques pare-balles, renforts de pneus, câbles marins et aéronautiques, composites de protection, blindages industriels. La production exige une chimie exigeante et des procédés de filature maîtrisés par très peu d’acteurs : le marché mondial se partage essentiellement entre l’américain DuPont — le Kevlar — et le japonais Teijin — le Twaron et le Technora —, un duopole que les barrières technologiques ont stabilisé depuis des décennies. La demande suit des moteurs structurels : les budgets de défense mondiaux, en hausse continue depuis 2022 ; la protection industrielle, dont les normes se durcissent ; les câbles et composites, qui accompagnent les infrastructures de l’énergie. Dans une restructuration qui sort les actifs vulnérables, l’aramide est la forteresse que le groupe garde.
La restructuration : le coût du renouveau
Le plan de transformation de Teijin est l’un des plus agressifs du secteur chimique japonais récent. Son principe : accepter une douloureuse charge comptable immédiate — dépréciations, provisions, charges de sortie — pour éliminer définitivement les segments qui érodent la rentabilité, notamment les capacités de films optiques exposées à la surcapacité chinoise. La logique financière est limpide : mieux vaut payer une fois le coût de sortie que de subir indéfiniment les pertes opérationnelles. La logique industrielle l’est tout autant : concentrer le capital sur l’aramide, les plastiques de spécialité et la santé, où les positions du groupe défendent des marges. Pour l’investisseur, la lecture du plan se fait dans les publications successives : le creux actuel est le prix du billet, le retour aux profits en est la destination — et l’écart entre les deux, la décote de crise qui fait l’intérêt ou le piège du dossier, selon l’exécution.
Analyse : la value de la restructuration
Le dossier Teijin est le cas d’école du retournement japonais : des actifs de premier plan mondial — l’aramide n’a que deux producteurs majeurs au monde —, un creux comptable profond, un plan de restructuration engagé et une valorisation de crise. Les risques sont la durée du cycle des films, le coût social et financier de la restructuration, et l’exécution toujours incertaine de telles transformations. Les atouts sont la rareté de la position aramide, la montée du médical et la décote qui laisse une large marge au rétablissement. Profil de contrarian averti, pour la poche dynamique du portefeuille. Ces éléments ne constituent pas une recommandation d’investissement.
Teijin en cinq chiffres à retenir
- Twaron et Technora : les fibres d’aramide de Teijin, concurrentes du Kevlar, cinq fois plus résistantes que l’acier ;
- −42 milliards de yens : le creux du résultat net sur la période récente ;
- 50 yens par action : le dividende maintenu, environ 3,1 % de rendement ;
- 8 fois : le multiple avant — la valorisation de crise qui matérialise le pari de la restructuration ;
- 1918 : l’année de fondation de la première productrice japonaise de rayonne.
Ces repères résument la proposition : les actifs mondiaux de l’aramide et du médical, valués au prix d’une restructuration à exécuter.
Comparer Teijin et Kuraray : deux creux, deux histoires
Les deux valeurs partagent le même secteur, le même indice et le même passage à vide cyclique — mais leurs situations diffèrent sur un point essentiel. Kuraray traverse un creux de marge avec des profits restants positifs et un socle — le PVA — qui finance l’attente : c’est une value défensive en bas de cycle. Teijin, elle, a choisi la rupture comptable : pertes, charges, sorties d’actifs, pour rebâtir un périmètre plus petit mais plus rentable : c’est un dossier de retournement actif. Pour l’investisseur, la différence se traduit en risque et en horizon : le premier rémunère la patience par un dividende couvert, le second demande de croire à l’exécution d’un plan dont les jalons sont publics. Les deux peuvent coexister dans une poche matériaux japonaise — l’un comme socle, l’autre comme option — à condition de les suivre avec leurs grilles respectives, sans confondre un creux de cycle avec une restructuration.
Les jalons publics de la sortie de crise
La restructuration de Teijin se vérifie par des étapes datées et publiques, que l’investisseur peut cocher à chaque publication. Les premières sont comptables : l’essoufflement des charges exceptionnelles — provisions, dépréciations — signale que la vague de nettoyage s’achève. Les suivantes sont opérationnelles : le retour à un résultat opérationnel positif consolidé, puis la remontée de la marge des segments conservés — aramide, plastiques, santé. Les dernières sont financières : la stabilisation de la dette, puis la recapitalisation du dividende par les profits. Entre chaque publication trimestrielle, les signaux sectoriels — prix des films, budgets de défense, demande de composites — anticipent la direction. C’est une check-list exigeante, mais transparente : le dossier Teijin se juge sur des faits vérifiables, pas sur des promesses.
Comment acheter l’action Teijin depuis la France ?
Le titre cote à Tokyo en yens ; l’achat se fait dans un compte-titres ordinaire — le Japon n’étant pas éligible au PEA :
- Vérifiez l’accès à la Bourse de Tokyo auprès de votre courtier ;
- Recherchez le titre sous le code 3401 ;
- Passez un ordre à cours limité, la volatilité étant à la mesure de la situation ;
- Intégrez la fiscalité : retenue à la source de 15 % sur les dividendes, imputable via la convention franco-japonaise, puis imposition française selon votre régime.
La taille de la position se calibre sur le risque de retournement : c’est un dossier binaire dont l’issue — exécution réussie ou rechute — déplace fortement la valeur dans un sens comme dans l’autre. Le suivi se fait sur l’avancement de la restructuration — cessions, fermetures, coûts — et sur le retour des marges des fibres, chaque publication mesurant l’exécution du plan.
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FAQ : questions fréquentes sur l’action Teijin
Que fabrique Teijin exactement ?
Des matériaux de performance : fibres d’aramide ultra-résistantes pour la protection et les composites, films optiques pour les écrans, résines d’ingénierie et une plateforme santé en croissance.
Quel est le rendement du dividende ?
Environ 3,1 % au cours d’octobre 2026 — un dividende maintenu malgré le creux, sur la confiance de la direction dans le redressement, avec la vigilance qu’impose cette situation.
Peut-on acheter Teijin dans un PEA ?
Non : la valeur est japonaise ; l’achat se fait en compte-titres ordinaire avec change en yens.
Qui sont les clients de l’aramide ?
Les industriels de la protection et du composite : équipementiers de défense pour les gilets et blindages, fabricants de pneus pour les renforts, câbliers marins et aéronautiques, producteurs de composites — une clientèle industrielle mondiale dont les budgets suivent la sécurité et l’infrastructure.
Pourquoi le résultat est-il négatif ?
Par la combinaison du cycle des films optiques, des charges de restructuration et des dépréciations d’actifs en sortie — la perte est le coût comptable de la transformation, dont le plan vise le retour durable aux profits.
Le nom Teijin veut-il dire quelque chose ?
Oui : il signifie « rayonne » en néerlandais, la langue technique du Japon de 1918 — un nom qui rappelle que l’entreprise est née pour produire la soie artificielle dont le pays manquait.
Les fibres d’aramide sont-elles rentables ?
Oui : le segment aramide, où Teijin est l’un des deux grands producteurs mondiaux, reste structurellement rentable — la protection balistique, les pneus et les composites soutiennent une demande que la restructuration préserve.
Le dividende peut-il vraiment être maintenu ?
C’est la question centrale du dossier : la direction l’a maintenu en s’appuyant sur le bilan et le caractère exceptionnel des charges. Si la restructuration ramène les profits comme prévu, la distribution redevient couverte ; sinon, un ajustement serait probable — d’où l’importance de suivre chaque publication.
Quel est le prochain rendez-vous de publication ?
Les résultats du second trimestre de l’exercice courant sont attendus en novembre 2026.
Cette fiche a un but purement informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures ; tout investissement en actions présente un risque de perte en capital.
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