Article d’archive, réécrit et mis à jour en 2026. La dépêche d’origine, publiée sur Edubourse en 2001, relayait l’annonce du rachat par Hi-Media de la régie publicitaire en ligne allemande Advenda Media AG.
En 2001, alors que la bulle Internet se dégonfle, la régie publicitaire française Hi-Media annonce le rachat d’Advenda Media AG, l’une des principales régies publicitaires en ligne d’Allemagne. L’opération, payée essentiellement en actions, doit permettre à Hi-Media de s’implanter sur le premier marché publicitaire d’Europe continentale. Vingt-cinq ans plus tard, l’histoire de cette acquisition, et de la société qui l’a réalisée, devenue Adux, est un cas d’école sur la croissance externe des petites valeurs technologiques.
Hi-Media en 2001 : une jeune pousse cotée
Fondée à Paris en 1996, Hi-Media commence comme régie publicitaire pour les médias en ligne. La société entre en Bourse en juin 2000, quelques semaines après le pic de la bulle Internet. Son modèle repose sur la commercialisation d’espaces publicitaires pour le compte d’éditeurs de sites, en échange d’une commission sur les recettes.
Au moment de l’opération, Hi-Media revendique une présence dans dix pays et un réseau d’environ un milliard de pages vues par mois. Sa stratégie européenne combine deux approches : des acquisitions de sociétés rentables ou proches de l’équilibre dans le Nord de l’Europe, et une croissance organique dans le Sud et l’Est.
Advenda Media AG : la cible
Advenda Media AG est alors une filiale de l’éditeur allemand Endemann Internet AG, coté sur le Neuer Markt, le compartiment de croissance de la Bourse de Francfort. Advenda commercialise l’espace publicitaire d’un réseau de 23 sites représentant environ 40 millions de pages vues par mois. Selon les chiffres annoncés à l’époque, elle a réalisé en 2000 un volume d’activité d’environ 5 millions d’euros, soit près de 3 % du marché allemand de la publicité en ligne, avec un résultat à l’équilibre, et vise plus de 11 millions d’euros en 2001.
Le montage de l’opération
Le schéma retenu est progressif et majoritairement payé en titres, une pratique courante pour les sociétés Internet qui préservaient alors leur trésorerie :
| Étape | Part du capital d’Advenda | Modalités annoncées |
|---|---|---|
| 1re tranche | 51 % | Émission d’environ 1,28 million d’actions Hi-Media (soumises à une période de conservation) et paiement d’environ 1,47 million d’euros en numéraire |
| 2e tranche | 30 % (total 81 %) | Paiement sur la base d’un cours au moins égal à celui de la première tranche |
| 3e tranche | 19 % (total 100 %) | Montée à 100 % prévue d’ici juin 2002 |
Au total, la part payée en numéraire est plafonnée à environ 2,3 millions d’euros. L’apport en actions devait être approuvé par les actionnaires de Hi-Media réunis en assemblée.
L’accord comprend aussi la reprise de l’activité de régie d’Endemann en Autriche et la gestion exclusive, pendant cinq ans, de la publicité du portail Abacho.de et de ses futures déclinaisons européennes. Hi-Media indiquait que sa filiale allemande contribuerait positivement à ses résultats dès 2001, avant amortissement des écarts d’acquisition, et confirmait un objectif de rentabilité du groupe pour 2003.
Ce qui s’est passé ensuite
Advenda est devenue Hi-Media Deutschland, qui a commercialisé au fil des années des sites comme hamburg.de, GIGA.de ou adac.de. Le parcours du groupe a ensuite connu plusieurs étapes marquantes :
- 2009 : Hi-Media reprend les activités de publicité display d’AdLINK, filiale de l’allemand United Internet. En contrepartie, United Internet reçoit environ 10,7 % du capital de Hi-Media et environ 12,2 millions d’euros en numéraire.
- Années 2010 : le groupe se scinde entre ses activités publicitaires et ses activités de paiement en ligne, ces dernières étant regroupées dans HiPay.
- 2016 : la société de publicité est rebaptisée Adux.
- 2019 : la filiale allemande est cédée en totalité au groupe néerlandais Azerion.
- 2020 : le chiffre d’affaires d’Adux s’établit à 17,9 millions d’euros, en recul de 28 % par rapport à 2019 (24,8 millions d’euros).
Pour suivre la situation actuelle de la société, consultez notre analyse de l’action Adux.
Les leçons de cette acquisition pour l’investisseur
Payer en actions n’est pas gratuit
En 2001, payer une acquisition en actions permettait de préserver la trésorerie. Mais pour l’actionnaire existant, cela signifie une dilution : sa part dans le capital diminue. L’opération ne crée de la valeur que si la cible rapporte plus, par action, que ce qu’elle coûte en titres émis. Lors de toute annonce de rachat payé en actions, il faut donc calculer le nombre de titres créés et le comparer au nombre de titres existants.
La publicité en ligne est un marché de géants
Au début des années 2000, les régies indépendantes comme Hi-Media occupaient une place importante. Depuis, l’essentiel des dépenses publicitaires numériques est capté par quelques grandes plateformes, ce qui a réduit l’espace des intermédiaires. Les grands groupes de communication, comme Publicis, ont dû se réinventer autour des données et du conseil technologique pour rester incontournables.
Les petites valeurs sont plus risquées
Une petite capitalisation dépend souvent de quelques clients ou de quelques contrats, comme ici le contrat d’exclusivité avec Abacho. La perte d’un contrat ou un retournement du marché peut avoir un impact considérable sur le chiffre d’affaires. La liquidité du titre est aussi plus faible, ce qui amplifie les mouvements de cours.
Repères : Hi-Media / Adux
| Année | Événement |
|---|---|
| 1996 | Création de Hi-Media à Paris |
| 2000 | Introduction en Bourse (juin) |
| 2001 | Rachat d’Advenda Media AG, devenue Hi-Media Deutschland |
| 2009 | Reprise des activités display d’AdLINK |
| 2016 | La société prend le nom d’Adux |
| 2019 | Cession de la filiale allemande à Azerion |
Les petites valeurs technologiques peuvent connaître des variations très fortes. Certains investisseurs préfèrent se positionner à court terme via des CFD ; notre avis sur Vantage détaille les conditions d’un courtier qui en propose. Les CFD sont des produits à effet de levier, à risque élevé de perte. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.
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FAQ
Qu’est-ce qu’Advenda Media AG ?
Une régie publicitaire en ligne allemande, filiale de l’éditeur Endemann Internet AG, rachetée par Hi-Media à partir de 2001 et rebaptisée ensuite Hi-Media Deutschland.
Comment Hi-Media a-t-elle payé ce rachat ?
Essentiellement en actions nouvelles, avec une part en numéraire limitée à environ 2,3 millions d’euros, selon un calendrier en trois étapes jusqu’à juin 2002.
Qu’est devenue Hi-Media ?
Ses activités de publicité ont pris le nom d’Adux en 2016, tandis que ses activités de paiement ont été regroupées dans HiPay.
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