Article d’archive, réécrit et mis à jour en 2026. La dépêche d’origine reprenait un communiqué de Havas d’octobre 2008 annonçant le renforcement de sa présence au Royaume-Uni.
En octobre 2008, le groupe de communication français Havas annonce l’acquisition de BLM, présentée comme la première agence média indépendante du Royaume-Uni. L’agence rejoint le réseau Arena Media Communications de Havas Media et prend le nom d’Arena BLM. L’opération intervient en pleine crise financière, à un moment où peu de groupes osaient investir. Elle illustre la stratégie de consolidation des grands groupes publicitaires sur leurs marchés clés, et la montée en puissance du numérique dans les métiers du conseil média.
Le contenu de l’opération
Selon le communiqué de l’époque, l’opération présentait plusieurs volets :
- BLM rejoint Arena Media Communications, l’un des réseaux d’agences de Havas Media, et devient Arena BLM. L’offre média de Havas au Royaume-Uni s’en trouve doublée.
- BLM Quantum, l’agence digitale de BLM, est rapprochée de Media Contacts, l’agence digitale de Havas. Ensemble, elles deviennent le deuxième groupe média digital du pays, selon le classement des agences interactives de New Media Age pour 2007.
- La direction en place est maintenue : Steve Booth, directeur général de BLM, prend la tête d’Arena BLM et rend compte à Joaquín Bohórquez, président-directeur général d’Arena.
BLM apportait un portefeuille de clients reconnus, parmi lesquels Paul Smith, Suzuki, Domino’s Pizza, Dollond & Aitchison, Setanta Sports ou Bulgari.
Qui était BLM ?
Fondée en 1990, BLM était, selon le communiqué, la seule agence média à avoir reçu cinq IPA Advertising Effectiveness Awards, des prix qui récompensent l’efficacité des campagnes publicitaires. En 2007, le groupe comptait 115 salariés et gérait environ 123 millions de livres de budgets publicitaires. Il s’était diversifié :
| Entité | Création | Spécialité |
|---|---|---|
| BLM Quantum | 1998 | Agence digitale, nommée agence digitale de l’année en 2007 |
| BLM Azure | 2002 | Marketing des jouets et des produits pour enfants |
| BLM Red | 2006 (acquisition de Red Media) | Médias du secteur du luxe |
| Arena BLM Clilverd | – | Bureau régional à Bristol |
Le contexte : Havas en 2008
En 2008, Havas, l’un des principaux groupes mondiaux de communication, est contrôlé par Vincent Bolloré, qui en a pris le contrôle progressivement au milieu des années 2000. Le groupe cherche à rattraper ses grands concurrents (WPP, Omnicom, Publicis, Interpublic) sur le numérique et sur les grands marchés anglo-saxons. Le Royaume-Uni, deuxième marché publicitaire européen et laboratoire du marketing digital, est alors une priorité.
L’opération intervient quelques semaines après la faillite de Lehman Brothers. Les budgets publicitaires vont fortement reculer en 2009, ce qui rend le pari risqué à court terme, mais permet aussi d’acquérir des actifs à des conditions plus favorables qu’en haut de cycle.
Ce qui s’est passé ensuite
- 2009-2010 : le marché publicitaire mondial recule nettement, puis se redresse, porté par le numérique.
- 2017 : Vivendi, également contrôlé par le groupe Bolloré, prend le contrôle de Havas, qui est retiré de la cote.
- Décembre 2024 : à l’occasion de la scission de Vivendi, Havas est de nouveau coté, cette fois à la Bourse d’Amsterdam, sous le nom Havas N.V.
Le secteur a lui aussi profondément changé : l’essentiel de la croissance publicitaire est désormais capté par les plateformes numériques, et les groupes de communication misent sur les données, le commerce en ligne et l’intelligence artificielle pour justifier leur rôle d’intermédiaires. Pour comparer avec le grand concurrent français coté à Paris, consultez notre analyse de l’action Publicis. Le parcours de Vivendi, ancien actionnaire de contrôle de Havas, est détaillé dans notre fiche sur l’action Vivendi.
Comment gagnent de l’argent les agences média
Une agence média conseille les annonceurs sur la répartition de leurs budgets publicitaires entre télévision, presse, radio, affichage et numérique, puis achète les espaces pour leur compte. Sa rémunération repose sur des honoraires ou des commissions calculées sur les budgets gérés. Le volume d’achat, appelé « billings », est un indicateur de taille, mais pas de rentabilité : c’est le revenu net, après reversement aux médias, qui compte pour l’analyse financière.
La concentration du marché s’explique par la puissance d’achat : plus un groupe gère de budgets, plus il peut négocier des conditions favorables auprès des médias. C’est l’une des raisons pour lesquelles Havas cherchait à grossir au Royaume-Uni. Depuis, la montée des plateformes numériques, qui vendent directement leurs espaces de façon automatisée, a réduit cet avantage et obligé les agences à se repositionner sur le conseil, la donnée et la création de contenus. L’intelligence artificielle générative accélère encore cette transformation depuis 2023, en automatisant une partie de la production publicitaire.
Le marché publicitaire britannique
Le Royaume-Uni est l’un des marchés publicitaires les plus avancés d’Europe dans le numérique : dès la fin des années 2000, la publicité en ligne y dépassait la télévision en part des investissements, ce qui en faisait un terrain stratégique pour les groupes de communication souhaitant développer leur expertise digitale. Londres reste aujourd’hui l’un des principaux centres mondiaux de la création publicitaire et du conseil média.
Ce que l’investisseur peut retenir
- Les acquisitions en période de crise peuvent être des opportunités, à condition d’avoir le bilan pour les absorber.
- Les agences de publicité sont des entreprises de personnes : maintenir les équipes dirigeantes, comme ici, est souvent la condition pour garder les clients.
- Le secteur est cyclique : les budgets publicitaires suivent la conjoncture et reculent vite en cas de ralentissement.
- Les structures de contrôle comptent : la présence d’un actionnaire de référence comme le groupe Bolloré conditionne la stratégie et les opérations sur le capital.
Pour se positionner à court terme sur les valeurs des médias et de la communication, certains investisseurs utilisent des CFD ; notre avis sur Vantage présente un courtier qui en propose. Les CFD sont des produits à effet de levier, à risque élevé de perte. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.
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FAQ
Qu’a annoncé Havas en octobre 2008 ?
L’acquisition de BLM, première agence média indépendante du Royaume-Uni, rapprochée de son réseau Arena Media Communications sous le nom d’Arena BLM.
Qui contrôlait Havas à l’époque ?
Le groupe Bolloré, actionnaire de référence depuis le milieu des années 2000.
Havas est-il coté en Bourse aujourd’hui ?
Oui, depuis décembre 2024, à la Bourse d’Amsterdam, après la scission de Vivendi.
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