Kajima est la doyenne mondiale de la construction — fondée en 1840 — et l’un des cinq grands entrepreneurs généraux japonais. Son exercice clos en mars 2026 a établi un triple record historique : chiffre d’affaires, résultat opérationnel et résultat net, portés par la vague d’usines de semi-conducteurs et de centres de données qui transforme le secteur. Cotée sous le ticker 1812 au Nikkei 225, l’action affiche un rendement de plus de 3 % après la correction sectorielle de l’automne. Cette fiche présente le cours en temps réel, les résultats, le dividende et la manière d’investir depuis la France.
Cours de l’action Kajima en temps réel
Le cours de l’action Kajima s’établit actuellement à 4 745,00 ¥ (yens), avec une variation de -0,63 % sur la séance. Environ 1 835 200 titres ont été échangés aujourd’hui, et sur les douze derniers mois, le titre évolue entre 4 616,00 ¥ et 8 040,00 ¥ yen.
À l’automne 2026, l’action cotait autour de 4 745 yens, en retrait de son plus haut annuel — la correction sectorielle ayant frappé l’ensemble des majors malgré des fondamentaux record. Le consensus des analystes reste massivement positif, avec un objectif moyen autour de 7 000 yens.
Données de marché et historique, mis à jour automatiquement
1812.T · Tokyo| Exercice clos le | Chiffre d’affaires | Résultat net |
|---|---|---|
| 2026-03-31 | 3 067,28 Md ¥ | 177,33 Md ¥ |
| 2025-03-31 | 1 560,02 Md ¥ | 104,75 Md ¥ |
| 2024-03-31 | 2 665,18 Md ¥ | 115,03 Md ¥ |
| 2023-03-31 | 2 391,58 Md ¥ | 111,79 Md ¥ |
| Date de détachement | Montant par action |
|---|---|
| 2026-09-29 | 73,000 ¥ |
| 2026-03-30 | 90,000 ¥ |
| 2025-09-29 | 56,000 ¥ |
| 2025-03-28 | 59,000 ¥ |
| 2024-09-27 | 45,000 ¥ |
| 2024-03-28 | 55,000 ¥ |
| 2023-09-28 | 35,000 ¥ |
| 2023-03-30 | 41,000 ¥ |
Source : Yahoo Finance, données collectées par le serveur (date de collecte indiquée sous chaque bloc). Données indicatives, ne constituent pas un conseil en investissement.
Kajima : présentation de l’entreprise
Fondée en 1840 par un charpentier de Edo, Kajima a grandi avec le Japon moderne et conserve une culture d’entreprise imprégnée de son origine artisanale :
- Le bâtiment : bureaux, équipements culturels — dont des scènes théâtrales à mécanique complexe, une spécialité maison —, hôpitaux et logements ;
- Le génie civil : barrages, tunnels, travaux souterrains — la maison a inventé la méthode de construction « top-down » qui porte son nom, utilisée dans le monde entier ;
- Les usines et data centers : le cœur du cycle actuel, Kajima comptant parmi les constructeurs référencés des fabriques de semi-conducteurs qui se multiplient au Japon avec le soutien de l’État, et des centres de données de la région de Tokyo ;
- L’international et l’immobilier : des filiales en Asie, aux États-Unis et en Océanie, complétées par un portefeuille immobilier qui stabilise les résultats.
Résultats : le triple record
Les comptes de l’exercice clos fin mars 2026, publiés le 14 mai, sont sans précédent :
- Chiffre d’affaires de 3 067 milliards de yens (+5,3 %) — record historique ;
- Résultat opérationnel de 241 milliards de yens (+58,5 %) — record, avec une marge passée de 5,2 % à 7,9 %, son plus haut historique ;
- Résultat net de 177 milliards de yens (+41 %) — record également.
La guidance de l’exercice courant est volontairement conservatrice — le résultat ordinaire attendu recule mécaniquement par effet de base —, mais le carnet de commandes reste à des niveaux records, nourri par les fabriques de puces, les data centers et les infrastructures publiques. Dans la foulée des résultats, la direction a lancé un rachat d’actions de 40 milliards de yens, mené à bien dès juillet, dont les titres rachetés seront majoritairement annulés.
Dividende Kajima : la redistribution du record
Le dividende a bondi de 40 % au titre de l’exercice record, à 146 yens par action, niveau maintenu en prévision pour l’exercice courant — soit un rendement d’environ 3,1 % au cours d’octobre 2026. Le rachat de 40 milliards de yens — environ 6,9 millions d’actions, dont la majorité destinée à l’annulation — complète un retour aux actionnaires sans équivalent dans l’histoire récente du groupe. Pour un résident français : retenue à la source de 15 % sur les dividendes (convention franco-japonaise, imputable), achat en compte-titres ordinaire, le Japon n’étant pas éligible au PEA.
Histoire : du charpentage d’Edo à la méthode mondiale
L’histoire de Kajima commence en 1840, quand Iwakichi Kajima ouvre un atelier de charpentage à Edo. L’entreprise familiale grandit avec la modernisation du pays, décrochant à l’ère Meiji ses premiers grands chantiers publics. Le tournant industriel arrive au XXe siècle : le groupe se structure en entreprise générale, adopte le béton armé, puis invente dans les années 1950 la méthode de construction « top-down » — bâtir les sous-sols et les étages simultanément, en coulant les planchers de haut en bas — qui révolutionne la construction urbaine dense et porte depuis le nom de la maison. Les décennies suivantes ajoutent les barrages, les centrales, les tunnels sous-marins et l’internationalisation. Cette trajectoire a forgé une identité que le secteur japonais respecte comme une institution : celle de l’ingénieur d’abord, du bâtisseur ensuite, du gestionnaire toujours — une hiérarchie des priorités qui se lit encore dans la structure des projets du groupe.
L’ingénierie souterraine et les niches mondiales de la maison
Au-delà des grands classiques du bâtiment, Kajima cultive des spécialités que peu d’entreprises au monde maîtrisent. L’ingénierie souterraine d’abord : la méthode top-down, les techniques de soutènement des fouilles profondes et les tunnels urbains — des compétences que les mégapoles asiatiques et américaines sollicitent pour leurs métros et leurs stations souterraines. La mécanique de scène ensuite : les théâtres et opéras modernes exigent des machineries d’une précision horlogère — plateformes tournantes, ascenseurs de fosse, passerelles motorisées — et Kajima domine ce marché de niche mondial. Les technologies de vibration enfin : les fabriques de semi-conducteurs exigent des environnements sans vibration aucune, et les solutions d’isolation antisismique et antivibratile du groupe sont précisément ce qui le qualifie pour les chantiers les plus exigeants de la vague actuelle. Ces niches partagent une même économie : des qualifications difficiles à répliquer, des marges supérieures aux travaux courants, et une réputation qui attire les projets avant même la mise en concurrence.
Ce que le consensus des analystes reflète
Le consensus sur Kajima est l’un des plus favorables du secteur : la majorité des analystes qui couvrent le titre le classent en achat fort, avec un objectif moyen autour de 7 000 yens — près de la moitié au-dessus du cours d’octobre 2026. Cette unanimité relative repose sur un raisonnement simple : les multiples du titre sont retombés à des niveaux de marché morose alors que les fondamentaux — marges record, carnet plein, redistribution — sont ceux d’un apogée cyclique. Le désaccord porte sur la durée : les plus prudents anticipent une normalisation des marges dès 2027, les plus optimistes y voient un nouveau palier structurel. Entre les deux positions, le rendement de plus de 3 % et le rachat d’actions offrent une rémunération d’attente — la situation que les gestionnaires de valeur appellent un pari asymétrique.
Analyse : la qualité au service du cycle
Le dossier Kajima combine la solidité sectorielle — marges record, carnet plein, redistribution massive — avec la spécificité d’une maison dont la culture d’ingénierie traverse les siècles : la méthode Kajima de construction souterraine équipe encore les chantiers du monde entier, et la mécanique de scène du groupe domine un marché de niche mondial. Les risques sont ceux du secteur : la correction du titre depuis son plus haut traduit le doute du marché sur la durée du cycle d’investissement technologique, et un retournement des projets de data centers ou de fabriques ferait mécaniquement refluer le carnet. Le consensus, massivement acheteur, parie sur la continuité. Profil de rendement cyclique, adossé à la maison la plus ancienne du secteur. Ces éléments ne constituent pas une recommandation d’investissement.
Kajima en cinq chiffres à retenir
- 1840 : l’année de fondation — la plus ancienne entreprise générale cotée au monde ;
- 3 067 milliards de yens : le chiffre d’affaires record de l’exercice clos en mars 2026 ;
- 7,9 % : la marge opérationnelle record, contre 5,2 % deux ans plus tôt ;
- 146 yens par action : le dividende, en hausse de 40 %, pour un rendement d’environ 3,1 % ;
- 40 milliards de yens : le rachat d’actions exécuté dès juillet 2026, majoritairement destiné à l’annulation.
Ces repères résument la proposition : la doyenne du bâtiment mondial en année record, qui partage généreusement les fruits du cycle.
Le cycle des fabriques de semi-conducteurs : le moteur du carnet
La demande qui porte les résultats du secteur mérite d’être détaillée dans son mécanisme profond. Le Japon a fait de la relocalisation de sa filière des semi-conducteurs une priorité nationale : subventions massives aux fabricants de puces et de matériaux, incitations à construire sur le sol japonais, partenariats technologiques internationaux. Chaque fabrique annoncée — et plusieurs l’ont été sur l’île de Kyushu et dans le nord du pays — se traduit par des années de chantier : terrassement, génie civil lourd, bâtiment à environnement contrôlé, utilités complexes. Pour les entrepreneurs généraux, ces projets combinent volume, exigence technique et durée — la trilogie idéale. Le même mécanisme s’applique aux centres de données, dont les campus se multiplient autour de Tokyo avec les exigences électriques et sismiques décrites plus haut. Ensemble, ces deux vagues forment le socle du carnet record du secteur, et leur visibilité — les programmes étant engagés sur plusieurs exercices — explique la confiance des directions dans les rachats d’actions massifs de 2026.
La gouvernance d’une maison bicentenaire
La longévité de Kajima s’accompagne d’une gouvernance singulière dans le paysage boursier japonais : la société a introduit des administrateurs externes plus tôt que la moyenne du secteur, publie une communication financière au standard international et a fait de la sécurité sur chantier — un héritage de sa culture d’ingénieur — un indicateur de gestion suivi par le conseil. Cette modernisation progressive tranche avec l’image parfois poussiéreuse du secteur, et les investisseurs internationaux y ont vu un facteur de réévaluation : une maison bicentenaire qui redistribue massivement et rachète ses actions n’est plus la value endormie que le marché cotait à décote une décennie plus tôt. La transition générationnelle du management, engagée ces dernières années, prolonge ce mouvement.
Comment acheter l’action Kajima depuis la France ?
Le titre cote à Tokyo en yens ; l’achat se fait dans un compte-titres ordinaire — le Japon n’étant pas éligible au PEA :
- Vérifiez l’accès à la Bourse de Tokyo auprès de votre courtier ;
- Recherchez le titre sous le code 1812 ;
- Passez un ordre à cours limité, la séance de Tokyo ouvrant tôt le matin en heure d’Europe ;
- Intégrez la fiscalité : retenue à la source de 15 % sur les dividendes, imputable via la convention franco-japonaise, puis imposition française selon votre régime.
Les annonces d’annulation des actions rachetées — la majorité du programme de 2026 est destinée à disparaître du capital — sont publiées séparément et donnent le tempo précis de la réduction du nombre de titres. Le dividende est versé semestriellement ; le carnet de commandes et les annonces de rachat rythment l’actualité de la valeur entre les publications.
FAQ : questions fréquentes sur l’action Kajima
Kajima est-elle vraiment la plus ancienne entreprise de construction au monde ?
Oui : fondée en 1840, elle est la doyenne des grandes entreprises générales cotées — cent quatre-vingt-six ans d’activité continue, traversant shogunat, modernisation, guerres et miracle économique.
Quel est le rendement du dividende ?
Environ 3,1 % au cours d’octobre 2026, sur la base de 146 yens — auquel s’ajoute le rachat d’actions de 40 milliards de yens exécuté à l’été 2026.
Peut-on acheter Kajima dans un PEA ?
Non : la valeur est japonaise ; l’achat se fait en compte-titres ordinaire avec change en yens.
Qu’est-ce qui a provoqué le triple record ?
La conjonction de la demande d’usines de semi-conducteurs et de centres de données, des révisions contractuelles de prix et de la discipline du secteur — le tout sur un carnet déjà plein, dont l’exécution a atteint son rythme optimal.
Comment suivre le carnet de commandes ?
Il est publié chaque trimestre avec les résultats, ventilé par segment et par zone : sa profondeur — le nombre de mois d’activité qu’il couvre — est l’indicateur synthétique que les analystes comparent d’un trimestre à l’autre pour anticiper les marges.
La guidance prudente est-elle inquiétante ?
Elle est surtout comptable : l’exercice record sert de base de comparaison difficile, et la direction préfère afficher des objectifs prudents. Le carnet de commandes record et le rachat d’actions immédiat disent la confiance réelle du management.
Quel est le prochain rendez-vous de publication ?
Les résultats semestriels de l’exercice courant sont attendus en novembre 2026.
Cette fiche a un but purement informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures ; tout investissement en actions présente un risque de perte en capital.
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