Combien gagnait Frédéric Oudéa à la direction de Société Générale ? L’ancien inspecteur général des finances a dirigé la banque de 2009 à 2023, dans une période allant du krach financier à la remontée des taux. Les montants ci-dessous proviennent des communications officielles de Société Générale post-conseil d’administration et des rapports d’assemblée générale, plus une donnée récente issue du document de résolutions de Sanofi.
Qui est Frédéric Oudéa ?
Né le 3 juillet 1963 à Paris, Frédéric Oudéa est diplômé de l’École polytechnique et de l’ENA. Il rejoint l’inspection générale des finances de 1987 à 1995 avant d’entrer à la Société Générale en 1995.
Il y devient directeur financier, puis directeur général en 2008, à la veille de la crise. En mai 2009, il est nommé président-directeur général. En mai 2015, les fonctions de président et de directeur général sont dissociées : il reste directeur général, tandis qu’un président non exécutif est installé.
Il quitte la banque le 23 mai 2023, à l’échéance de son mandat, et Slawomir Krupa lui succède. Il est aujourd’hui président du conseil d’administration de Sanofi.
Rémunération de Frédéric Oudéa à Société Générale : les chiffres
| Exercice | Élément | Montant | Source |
|---|---|---|---|
| 2011 | Rémunération variable annuelle | 682 770 € (−43 % vs 2010) | Document de référence, transmis à l’AMF |
| 2012 | Rémunération variable annuelle | ≈ 1 194 000 € (+75 %) | Document de référence actualisé, mai 2013 |
| 2013 | Rémunération variable annuelle | ≈ 1 400 000 € (+18 %) | Document de référence, mars 2014 |
| 2023 | Rémunération variable annuelle (prorata 1ᵉʳ janv. – 23 mai) | 542 088 € | Communication post-CA du 7 février 2024 |
Le fixe : 1 300 000 €, inchangé de 2011 à 2023
La caractéristique la plus notable de la rémunération de Frédéric Oudéa est la stabilité de son fixe. Il s’élève à 1 300 000 € brut annuels, montant déterminé par le conseil d’administration du 19 mai 2015 et approuvé par l’assemblée générale du 18 mai 2016, mais qui était en réalité resté inchangé depuis 2011.
Le conseil d’administration du 8 mars 2023 a explicitement décidé de le maintenir à ce niveau pour 2023, en invoquant trois arguments : le niveau de la rémunération fixe médiane du numéro 1 exécutif du CAC 40 (2,5 M€ pour les banques européennes comparables en 2022), la médiane du marché, et la recommandation du code AFEP-MEDEF selon laquelle le fixe ne doit être revu qu’à intervalle de temps relativement long.
La variable : plafonnée et fortement pondérée à la performance
La rémunération variable annuelle est fondée sur 60 % de critères quantitatifs et 40 % de critères qualitatifs. Les indicateurs financiers sont le résultat brut d’exploitation, le bénéfice par action et le coefficient d’exploitation, à parts égales.
Depuis le 1er septembre 2014, son montant est plafonné à 135 % de la rémunération fixe pour le directeur général. L’intéressement à long terme a de même été ramené à 100 % du fixe. La cible de variable a été fixée à 120 % du fixe pour l’exercice 2023.
À titre de repère, pendant la crise, Frédéric Oudéa avait renoncé à ses rémunérations variables des exercices 2008 et 2009.
Conditions de départ : aucune indemnité, aucune retraite supplémentaire
C’est le point le plus instructif pour un actionnaire. Le rapport du conseil d’administration à l’assemblée générale du 22 mai 2024 est formel : la fin du mandat de directeur général de Frédéric Oudéa n’a donné lieu à aucune indemnité de fin de mandat, et il ne bénéficie d’aucun droit à retraite surcomplémentaire de la part de Société Générale.
Seule contrepartie : conformément à sa clause de non-concurrence, il a perçu sa rémunération fixe mensuelle pendant la durée d’application de celle-ci, soit six mois. Ses actions d’intéressement à long terme non encore acquises ont été acquises au prorata du temps passé entre l’attribution et le 23 mai 2023, sous réserve du maintien des autres conditions de performance.
Après la banque : la présidence de Sanofi
Frédéric Oudéa est président du conseil d’administration de Sanofi. Selon le document de résolutions de l’assemblée générale 2026, sa rémunération pour 2025 s’établissait à 880 000 € bruts de fixe, auxquels s’ajoutait un avantage en nature de 4 836 € (véhicule de fonction avec chauffeur), soit un total de 884 836 €. Il ne perçoit ni rémunération variable, ni rémunération en actions, ni indemnité de départ, ni droit à retraite supplémentaire.
Ce qu’un actionnaire peut en retenir
Un fixe plat n’est pas un signe de faiblesse. Le maintien de 1,3 M€ pendant douze ans traduit une discipline de gouvernance, pas une économie.
Le coût réel d’un départ se lit dans les annexes. L’absence d’indemnité et de retraite chapeau est plus parlante que le chiffre du fixe.
Attention aux comparaisons inter-années. Les montants 2023 sont proratisés sur une durée de mandat de moins de cinq mois : les comparer à une année pleine n’a pas de sens.
FAQ
Quel était le salaire de Frédéric Oudéa à la Société Générale ?
Sa rémunération fixe annuelle était de 1 300 000 € bruts, inchangée de 2011 à 2023, à laquelle s’ajoutait une variable plafonnée. La variable attribuée au titre de 2023, proratisée jusqu’au 23 mai, s’élève à 542 088 €.
Frédéric Oudéa a-t-il touché une indemnité de départ ?
Non. L’assemblée générale de mai 2024 a confirmé que la fin de son mandat n’a donné lieu à aucune indemnité et qu’il ne bénéficie d’aucun droit à retraite surcomplémentaire.
Que fait Frédéric Oudéa aujourd’hui ?
Il est président du conseil d’administration de Sanofi, fonction qu’il exerce avec une rémunération fixe de 880 000 € en 2025 et sans composante variable.
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