Le taux de défaut mesure la proportion d’emprunteurs (entreprises, particuliers ou États) qui ne respectent pas leurs obligations de remboursement sur une période donnée. C’est un indicateur central pour les banques, les investisseurs obligataires, les agences de notation et les entreprises qui accordent des délais de paiement. Ce lexique explique ce qu’est un défaut, comment se calcule le taux de défaut, ses liens avec la notation et les taux d’intérêt, avec des exemples et des repères pour 2026.
Qu’est-ce qu’un défaut ?
Un emprunteur est en défaut lorsqu’il ne paie pas à l’échéance un intérêt ou un remboursement de capital prévu par son contrat de dette. Les définitions précises varient :
- Pour les agences de notation, un défaut inclut le non-paiement, mais aussi la restructuration forcée d’une dette (échange de titres à des conditions moins favorables pour les créanciers).
- Pour les banques européennes, la réglementation considère qu’un prêt est en défaut lorsque l’emprunteur a plus de 90 jours d’impayés significatifs ou qu’il est jugé peu susceptible de rembourser.
- Pour les entreprises, on parle aussi de défaillance lorsqu’une procédure collective (sauvegarde, redressement, liquidation) est ouverte.
Comment se calcule le taux de défaut ?
Taux de défaut = Nombre (ou montant) d’emprunteurs en défaut sur la période / Nombre (ou montant) total d’emprunteurs au début de la période
On distingue le taux de défaut en nombre (part des émetteurs) et en montant (part de la dette). Par exemple, si sur 1 000 entreprises notées en début d’année, 30 font défaut dans l’année, le taux de défaut annuel est de 3 %.
Taux de défaut et notation
Les agences de notation (S&P, Moody’s, Fitch) publient chaque année des études sur les taux de défaut historiques par catégorie de notation. Le constat est constant : plus la note est basse, plus le taux de défaut est élevé.
| Catégorie | Notes (échelle S&P) | Risque de défaut |
|---|---|---|
| Investment grade de haute qualité | AAA à A | Très faible |
| Investment grade | BBB | Faible |
| High yield (spéculatif) | BB | Modéré |
| High yield | B | Élevé |
| Très spéculatif | CCC et en dessous | Très élevé |
Le taux de défaut des obligations spéculatives (« high yield ») varie fortement avec la conjoncture : faible en période de croissance, il peut grimper à plus de 10 % lors des récessions profondes, comme en 2009.
Taux de défaut et taux de recouvrement
Un défaut ne signifie pas que le créancier perd tout. Le taux de recouvrement mesure la part de la créance finalement récupérée, par la vente des actifs ou la restructuration. La perte attendue sur un portefeuille de crédits se calcule ainsi :
Perte attendue = Probabilité de défaut × Exposition au moment du défaut × (1 – Taux de recouvrement)
Exemple : sur un portefeuille de 10 millions d’euros, avec une probabilité de défaut de 2 % et un taux de recouvrement de 40 %, la perte attendue est de 10 000 000 × 0,02 × 0,60 = 120 000 euros, soit 1,2 %. C’est ce que la rémunération du prêteur doit au minimum couvrir.
Pourquoi le taux de défaut compte pour l’investisseur
- Obligations : l’écart de rendement (spread) entre une obligation d’entreprise et un emprunt d’État rémunère le risque de défaut. Lorsque les défauts augmentent, ces écarts s’élargissent et les prix des obligations risquées baissent.
- Banques : la hausse des défauts entraîne des provisions (le « coût du risque »), qui pèsent sur les résultats. Voir notre définition de la réglementation prudentielle.
- Actions : les entreprises très endettées sont plus vulnérables en cas de hausse des taux ou de ralentissement ; leur cours anticipe souvent le risque de défaut.
- Économie : la hausse des défaillances d’entreprises est un indicateur avancé du ralentissement économique.
Le défaut des États
Les États peuvent aussi faire défaut. L’histoire en compte de nombreux exemples, de l’Argentine, qui a connu plusieurs défauts dont celui de 2001, à la Grèce, dont la dette a été restructurée en 2012 avec une perte importante pour les créanciers privés. Le risque de défaut souverain se mesure par l’écart de rendement entre les obligations d’un pays et celles d’un pays jugé très sûr, comme l’Allemagne en zone euro. En France, l’écart avec l’Allemagne a été suivi de près ces dernières années, dans un contexte de déficits publics élevés et d’abaissements de la note du pays par plusieurs agences. Un défaut d’un grand pays développé reste toutefois considéré comme très peu probable.
Le contexte en 2026
Après des années de taux très bas, la remontée des taux à partir de 2022 a renchéri le coût du refinancement des entreprises. En France, le nombre de défaillances d’entreprises a nettement augmenté en 2023 et 2024, dépassant les niveaux d’avant la pandémie, en partie par rattrapage après les années de soutien public pendant la crise sanitaire. Les secteurs de la construction, du commerce et de l’hébergement-restauration ont été particulièrement touchés. Pour les investisseurs obligataires, la sélection des émetteurs est redevenue essentielle.
Pour placer son épargne de façon adaptée à ces risques, consultez notre guide sur les obligations. Les marchés de taux et de devises réagissent fortement aux données sur le crédit ; notre avis sur Vantage présente un courtier qui propose des CFD sur ces marchés. Les CFD sont des produits à effet de levier, à risque élevé de perte. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.
Les investisseurs particuliers qui achètent des fonds obligataires à haut rendement doivent garder en tête que leur rendement supérieur rémunère précisément ce risque de défaut, qui se matérialise surtout pendant les récessions.
En résumé
Le taux de défaut est un baromètre de la santé financière des emprunteurs et de l’économie. Pour l’investisseur, il aide à juger si le rendement offert par une obligation ou une banque compense correctement le risque pris, en tenant compte du taux de recouvrement.
FAQ
Qu’est-ce que le taux de défaut ?
La proportion d’emprunteurs qui ne remboursent pas leurs dettes à l’échéance sur une période donnée.
Quel lien entre notation et taux de défaut ?
Plus la note de crédit est basse, plus le taux de défaut historique est élevé ; les obligations spéculatives font beaucoup plus souvent défaut que les obligations de bonne qualité.
Qu’est-ce que le taux de recouvrement ?
La part de la créance récupérée par le créancier après un défaut, grâce à la vente d’actifs ou à une restructuration.