Sandoz est le leader mondial des médicaments génériques et biosimilaires. Détachée de Novartis en octobre 2023, la société bâloise est devenue en trois ans l’une des valeurs les plus dynamiques de la Bourse suisse, avec une progression de plus de 20 % sur le seul exercice 2026, portée par la vague des biosimilaires. Cotée sous le ticker SDZ et entrée au SMI en septembre 2026, elle incarne un pari industriel singulier : rendre les traitements les plus chers accessibles au plus grand nombre. Cette fiche présente le cours de l’action Sandoz, le modèle économique du groupe, ses perspectives et la manière d’investir depuis la France.
Cours de l’action Sandoz en temps réel
Le cours de l’action Sandoz s’établit actuellement à 79,58 CHF (francs suisses), avec une variation de 0,73 % sur la séance. Environ 365 322 titres ont été échangés aujourd’hui, et sur les douze derniers mois, le titre évolue entre 47,73 CHF et 79,62 CHF CHF.
À l’automne 2026, l’action cote autour de 86 euros à Francfort (en francs suisses à Zurich), pour une capitalisation d’environ 32 milliards de francs. Le code ISIN est CH1243598427. L’entrée de Sandoz dans l’indice SMI, effective en septembre 2026 en même temps que celle de Galderma, a élargi la base d’actionnaires institutionnels et contribué à la liquidité du titre.
Sandoz : présentation de l’entreprise
Sandoz n’est pas une nouvelle venue : fondée en 1886 à Bâle, rachetée par l’empire Sandoz qui fusionna avec Ciba-Geigy pour donner naissance à Novartis en 1996, la marque a ressurgi lorsque Novartis a décidé de se séparer de ses activités de génériques. La scission, effective le 4 octobre 2023, a donné aux actionnaires de Novartis une action Sandoz pour cinq actions détenues.
Le groupe, dirigé par Richard Saynor et présidé par Gilbert Ghostine, emploie environ 24 000 personnes dans le monde. Son modèle repose sur deux jambes complémentaires :
- Les génériques : copies de médicaments devenus libres de droits, produites à grande échelle pour les systèmes de santé et les patients d’Europe, d’Amérique et des marchés émergents — une activité de volumes, sensible aux prix, où l’avantage revient aux industriels intégrés ;
- Les biosimilaires : copies de médicaments biologiques (anticorps monoclonaux, protéines thérapeutiques), beaucoup plus complexes à développer et à produire. C’est le moteur de croissance du groupe : les biosimilaires ont représenté environ 1,5 milliard de dollars de ventes au premier semestre 2025 et accélèrent depuis.
Le siège social, inauguré fin 2024 à Bâle, symbolise la renaissance d’une identité propre après un siècle dans l’ombre des grands groupes pharmaceutiques.
Le cycle doré des biosimilaires
La décennie en cours voit expirer les brevets des médicaments biologiques les plus vendus de l’histoire — des bloqueurs du TNF aux anticorps anti-PCSK9, en passant par l’insuline et, à l’horizon 2026-2030, une partie des anticorps anti-amyloïdes et des interférons. Chaque expiration ouvre un marché de plusieurs milliards de dollars aux biosimilaires, avec des baisses de prix de 30 à 60 % qui font exploser les volumes au bénéfice des assurances maladie et des patients. Sandoz, qui a lancé le premier biosimilar de l’histoire européenne (l’oméritide de croissance en 2006) et l’un des premiers anticorps biosimilaires (Hyrimoz, copie de l’Humira, en 2023), est positionné sur la majorité de ces rendez-vous. Le groupe a d’ailleurs franchi un cap symbolique le 18 septembre 2026, avec l’approbation au Canada du premier générique du semaglutide — la molécule des traitements contre le diabète et l’obésité commercialisée sous les noms d’Ozempic et Wegovy — une première dans un grand marché qui ouvre un relais de croissance considérable lorsque les brevets et protections de données le permettront ailleurs.
Résultats : une accélération confirmée
Les publications récentes dessinent une trajectoire ascendante :
- Exercice 2025 (publié le 25 février 2026) : des résultats qualifiés de solides par la direction, avec une accélération attendue de la croissance en 2026 — la marge sous-jacente avait déjà été relevée en octobre 2025 au fil de l’exercice, signe d’une exécution supérieure aux prévisions initiales ;
- Premier semestre 2026 (publié le 5 août) : un semestre décrit comme solide, avec une croissance exceptionnelle des biosimilaires au deuxième trimestre, confirmant les objectifs annuels ;
- Prochain rendez-vous : la publication des ventes du troisième trimestre, attendue les 27-28 octobre 2026.
Sur le fond, les analystes suivent trois indicateurs : la croissance des ventes de biosimilaires en Europe comme aux États-Unis, la marge d’EBITDA sous-jacente — dont la trajectoire haussière traduit les gains de productivité industrielle — et l’avancement du pipeline d’une quarantaine d’actifs en développement, régulièrement enrichi par des partenariats comme celui conclu avec mAbxience sur l’emicizumab, biosimilaire d’un traitement de l’hémophilie.
Le marché des génériques : une industrie de volumes sous pression
Le générique chimique est une industrie de marge étroite, où la compétitivité se joue au centime : coûts de production, taille des lots, profondeur de portefeuille et présence dans les appels d’offres nationaux. En Europe, la plupart des pays achètent leurs génériques via des enchères où le moins-disant raflent le marché — un système qui a consolidé le secteur autour d’une poignée d’acteurs globaux, Sandoz en tête, face aux producteurs indiens et chinois. Cette pression permanente sur les prix a un avantage sélectif : elle élimine les acteurs sous-dimensionnés et valorise les groupes capables de produire en Europe, à proximité des marchés, avec une sécurité d’approvisionnement que les systèmes de santé valorisent de plus en plus ouvertement depuis les pénuries de la période post-Covid. C’est précisément le positionnement de Sandoz : une base industrielle européenne et américaine, un portefeuille couvrant des centaines de molécules, et la capacité de reconvertir ses usines vers les biosimilaires, plus rentables, à mesure que le chimique se commoditise.
Kundl et la pénicilline : le symbole d’un enjeu européen
Le site autrichien de Kundl, hérité des industries historiques de la région, est la dernière grande usine occidentale de pénicilline. Sandoz y a annoncé début 2026 la suppression d’une centaine d’emplois, dans un contexte de concurrence chinoise sur les antibiotiques de base — un dossier suivi de près à Bruxelles et Vienne, car il pose la question de la souveraineté sanitaire de l’Europe : dépendre de fournisseurs asiatiques pour les antibiotiques de première ligne est un risque que les pouvoirs publics commencent à arbitrer. Pour l’actionnaire, ce dossier illustre la transformation du groupe : conserver les sites stratégiques, investir là où la valeur se crée (biosimilaires, substances actives complexes), et redéployer les capacités des produits devenus commodités. La communication du groupe sur Kundl et sur ses investissements slovènes dessine la même stratégie : rester l’industriel de référence du médicament accessible en Occident.
Bio100 : la feuille de route à l’horizon 2040
À sa journée investisseurs de septembre 2026, la direction a dévoilé sa vision « Bio100 » : doubler le chiffre d’affaires d’ici 2035 et proposer cent biosimilaires d’ici 2040. Le plan s’appuie sur des investissements industriels massifs, dont une nouvelle usine de biosimilaires de 300 millions de dollars en Slovénie et un centre de production de substances actives ouvert fin septembre 2026 à Lendava, complétés par l’acquisition des capacités biologiques de Just-Evotec Biologics, qui inclut une usine à Toulouse. Ce maillage industriel — le seul à cette échelle hors d’Asie — constitue la barrière à l’entrée du modèle : développer et produire des biosimilaires conformes aux standards américains et européens exige des décennies de savoir-faire.
Dividende Sandoz : la croissance avant la distribution
Point important pour l’investisseur de rendement : Sandoz ne verse aucun dividende depuis sa cotation. La direction préfère allouer la totalité des flux de trésorerie aux investissements industriels et à la croissance — un choix cohérent avec la phase de développement du groupe, mais qui exclut le titre des portefeuilles recherchant un revenu immédiat. La rémunération de l’actionnaire passe entièrement par la progression du cours, adossée à la croissance des profits. Dans l’hypothèse où le cycle des biosimilaires dépasserait les attentes, une distribution pourrait être réexaminée à moyen terme, mais rien n’est annoncé à ce jour : tout placement sur Sandoz doit être motivé par la perspective de plus-values, non de revenus.
Analyse : les atouts et les risques du pari biosimilaire
Le dossier Sandoz repose sur une thèse simple et documentée : des vagues d’expiration de brevets programmées des années à l’avance, une position de leadership mondial, une base industrielle occidentale recherchée par les acheteurs publics soucieux de sécurité d’approvisionnement, et un pipeline profond. Les risques sont tout aussi identifiables : la concurrence des producteurs asiatiques sur les génériques chimiques, la pression continue des appels d’offres européens sur les prix, l’aléa réglementaire propre à chaque biosimilaire et la perspective, à plus long terme, d’une normalisation du rythme des expirations de brevets. Le titre, volontairement volatil pour une valeur suisse de cette taille, convient à un profil croissance acceptant l’absence de dividende, en diversification d’une poche santé — aux côtés, par exemple, d’un laboratoire innovant comme Novartis, sa maison mère d’origine, ou du britannique GSK dans les vaccins et la spécialité. Ces éléments ne constituent pas une recommandation d’investissement.
Comment acheter l’action Sandoz depuis la France ?
Cotée à Zurich en francs suisses, l’action Sandoz s’achète dans un compte-titres ordinaire — la Suisse n’étant pas éligible au PEA :
- Vérifiez l’accès à SIX Swiss Exchange auprès de votre courtier, ou passez par la cotation allemande en euros (Francfort) si votre courtier la propose avec des frais réduits ;
- Recherchez le titre sous le code SDZ (ISIN CH1243598427) ;
- Passez un ordre à cours limité, le change CHF/EUR étant réalisé par le courtier ;
- Suivez les ventes trimestrielles — le rythme des biosimilaires en est l’indicateur clé — et les actualités réglementaires d’approbation.
Pour ceux qui préfèrent éviter la conversion en francs suisses, la cotation allemande en euros offre une alternative pratique aux horaires et frais identiques à ceux des autres valeurs européennes. En l’absence de dividende, il n’y a ni retenue à la source suisse à récupérer ni revenu à déclarer : la fiscalité ne se déclenche qu’à la vente, au titre de la plus-value.
FAQ : questions fréquentes sur l’action Sandoz
Sandoz verse-t-elle un dividende ?
Non. Depuis sa cotation d’octobre 2023, le groupe ne distribue rien et consacre ses flux à la croissance industrielle et au pipeline de biosimilaires.
Quelle est la différence entre générique et biosimilaire ?
Le générique est la copie exacte d’un médicament chimique ; le biosimilaire est la copie d’un médicament biologique — une protéine ou un anticorps produit par des cellules vivantes — techniquement impossible à reproduire à l’identique, d’où un développement plus coûteux et des marges plus élevées que le générique chimique.
Pourquoi Sandoz est-elle entrée au SMI ?
En septembre 2026, l’indice suisse a intégré Sandoz et Galderma en remplacement de Kühne+Nagel et Swisscom, reflétant la montée en capitalisation du groupe depuis sa scission et l’élargissement du panel industriel helvétique.
Qu’est-ce que Bio100 ?
La feuille de route présentée en septembre 2026 : doubler les ventes d’ici 2035 et compter cent biosimilaires lancés d’ici 2040, adossés à des investissements industriels en Slovénie et ailleurs en Europe.
Où Sandoz produit-elle ses biosimilaires ?
Dans un réseau d’usines en Europe — dont les nouveaux sites slovènes et les capacités biologiques acquises à Toulouse via Just-Evotec Biologics — et aux États-Unis, ce qui distingue le groupe des producteurs purement asiatiques sur le critère de sécurité d’approvisionnement.
Le générique du semaglutide est-il disponible ?
Une première mondiale a eu lieu le 18 septembre 2026 avec l’approbation au Canada d’un générique du semaglutide développé par Sandoz. Son déploiement dans les autres grands marchés dépend des protections de données et de brevets restantes.
Pourquoi acheter Sandoz plutôt qu’un laboratoire innovant ?
Les profil sont complémentaires plutôt que concurrents : un laboratoire innovant monétise la nouveauté à prix élevé, Sandoz monétise l’expiration des brevets à prix accessible. Historiquement, les deux activités réagissent différemment aux cycles, ce qui en fait des diversifications mutuelles dans une poche santé.
Quel est le prochain rendez-vous de publication ?
Les ventes du troisième trimestre 2026 sont attendues les 27-28 octobre 2026.
Cette fiche a un but purement informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures ; tout investissement en actions présente un risque de perte en capital.
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