Rhodia remet le prix Pierre-Gilles de Gennes pour la science et l’industrie au professeur Avelino Corma

Article d’archive, réécrit et mis à jour en 2026. La dépêche d’origine, publiée sur Edubourse le 22 octobre 2010, annonçait l’attribution par Rhodia du prix Pierre-Gilles de Gennes pour la science et l’industrie au chimiste espagnol Avelino Corma.

En octobre 2010, le chimiste français Rhodia remet son prix Pierre-Gilles de Gennes pour la science et l’industrie au professeur Avelino Corma, chercheur espagnol mondialement reconnu pour ses travaux sur la catalyse. L’événement peut sembler éloigné de la Bourse. Il dit pourtant beaucoup de la manière dont les groupes de chimie de spécialités créent de la valeur : par la recherche, les brevets et les partenariats avec les laboratoires publics. Quelques mois plus tard, Rhodia allait d’ailleurs être racheté par le belge Solvay, en partie pour ce savoir-faire.

Qui est Avelino Corma ?

Né le 15 décembre 1951 à Moncófar, dans la province de Castellón (Espagne), Avelino Corma étudie la chimie à l’université de Valence, puis obtient son doctorat à l’université Complutense de Madrid en 1976, avec des travaux menés à l’Institut de catalyse et de pétrochimie du CSIC. Après deux années à la Queen’s University au Canada, il entre comme chercheur au Conseil supérieur de la recherche scientifique espagnol (CSIC) en 1979.

En 1990, il fonde l’Institut de technologie chimique (ITQ) de Valence, centre de recherche commun au CSIC et à l’Université polytechnique de Valence, qu’il dirige jusqu’en 2010. Ses travaux portent sur la conception de catalyseurs, en particulier les zéolithes, et sur des procédés catalytiques plus durables pour le raffinage et la production de carburants à partir de la biomasse.

Son œuvre est considérable : plus de 1 400 articles scientifiques et plus de 200 brevets, dont plus d’une vingtaine exploités commercialement. Il est membre de plusieurs académies, dont la Royal Society britannique et l’Académie nationale d’ingénierie des États-Unis.

Le prix Rhodia Pierre-Gilles de Gennes

Le prix porte le nom de Pierre-Gilles de Gennes (1932-2007), physicien français, prix Nobel de physique en 1991 pour ses travaux sur la matière molle (cristaux liquides, polymères), un champ de recherche directement utile à l’industrie chimique. En associant son nom à un prix « science et industrie », Rhodia mettait en avant le lien entre recherche fondamentale et applications industrielles.

En distinguant Avelino Corma, le groupe récompensait un chercheur dont les catalyseurs ont des applications concrètes : améliorer les rendements des raffineries, réduire la consommation d’énergie des procédés chimiques et ouvrir la voie à des carburants issus de ressources renouvelables. La même année 2010, le chercheur recevait aussi le prix ENI et le prix du centenaire de la Royal Society of Chemistry.

Ce qui s’est passé ensuite : la carrière d’Avelino Corma

Le prix Rhodia s’inscrit dans une longue liste de distinctions. Parmi les plus marquantes depuis 2010 :

Année Distinction
2011 Grande médaille de l’Académie des sciences (France)
2014 Prix Prince des Asturies de la recherche scientifique et technique
2016 Spiers Memorial Award de la Royal Society of Chemistry
2018 Médaille Blaise Pascal de chimie de l’Académie européenne des sciences
2023 Prix de l’inventeur européen, catégorie « œuvre d’une vie »
2024 Prix Fondation BBVA Frontières de la connaissance (sciences fondamentales)

Ces récompenses confirment que la catalyse reste au cœur des grands enjeux industriels : décarbonation, recyclage chimique des plastiques, production d’hydrogène et de carburants durables.

Rhodia : de Rhône-Poulenc à Solvay

Pour comprendre l’importance de ce type d’initiative, il faut revenir sur l’histoire de Rhodia. Le groupe naît en 1998 de la séparation des activités de chimie de Rhône-Poulenc, qui se recentre alors sur la pharmacie (avant de fusionner avec Hoechst pour former Aventis, devenu ensuite une partie de Sanofi). Rhodia est introduit en Bourse et traverse au début des années 2000 une crise financière sévère, liée à son endettement, avant de se redresser.

En 2010, au moment du prix, Rhodia s’est repositionné sur la chimie de spécialités : polyamides techniques, silices pour pneumatiques à basse consommation, terres rares, produits pour la cosmétique et l’agrochimie. En avril 2011, Solvay annonce une offre amicale sur Rhodia, pour une valeur d’environ 3,4 milliards d’euros. L’opération est finalisée la même année et donne naissance à l’un des premiers groupes européens de chimie.

Depuis, Solvay a profondément remodelé son portefeuille. En décembre 2023, le groupe s’est scindé en deux sociétés cotées : Syensqo, qui regroupe les activités de spécialités et de matériaux avancés, et le nouveau Solvay, centré sur la chimie essentielle (carbonate de soude, peroxydes, silices). Une partie de l’héritage de Rhodia se retrouve ainsi dans chacune des deux entités. Pour suivre le groupe, consultez notre analyse de l’action Solvay.

Pourquoi la recherche compte pour l’investisseur en chimie

Dans la chimie, la différence entre un producteur de commodités et un acteur de spécialités tient largement à l’innovation :

  • Les commodités (produits de base, fabriqués en grands volumes) sont très sensibles aux cycles économiques et aux prix de l’énergie. Les marges y sont souvent faibles et volatiles.
  • Les spécialités reposent sur des formulations, des brevets et une relation étroite avec les clients. Elles offrent des marges plus élevées et plus stables, mais exigent des dépenses de recherche importantes.
  • Les partenariats avec la recherche publique, comme ceux noués avec des laboratoires tels que l’ITQ de Valence, permettent aux industriels d’accéder à des découvertes de pointe sans en supporter seuls le coût.

Pour l’investisseur, un ratio à surveiller est la part du chiffre d’affaires consacrée à la R&D, à comparer avec la part des ventes réalisée grâce à des produits récents. Un groupe qui investit peu dans l’innovation risque de voir ses produits se banaliser. C’est vrai pour Solvay comme pour d’autres acteurs européens du secteur, tels qu’Air Liquide, dont les technologies de séparation des gaz et d’hydrogène s’appuient aussi sur une recherche de long terme.

La chimie européenne en 2026 : un secteur sous pression

Depuis 2022, la hausse du prix du gaz en Europe a fortement pénalisé les chimistes du continent, dont les procédés sont très consommateurs d’énergie. Plusieurs groupes ont fermé ou réduit des capacités en Europe, tandis que la concurrence chinoise s’intensifiait sur les produits de base. Dans ce contexte, les activités de spécialités et les technologies de procédés plus efficaces, comme la catalyse, sont devenues des atouts stratégiques.

Les valeurs de la chimie restent cycliques et sensibles aux annonces de résultats. Les investisseurs qui souhaitent se positionner à court terme sur ces mouvements, à la hausse comme à la baisse, utilisent parfois des CFD ; notre avis sur Vantage présente un courtier qui en propose sur les grandes actions européennes. Les CFD sont des produits à effet de levier qui comportent un risque élevé de perte. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.

À lire aussi : Biographie Jean Francois Dehecq

FAQ

Quel prix Avelino Corma a-t-il reçu de Rhodia ?

En octobre 2010, il a reçu le prix Rhodia Pierre-Gilles de Gennes pour la science et l’industrie, qui récompense des travaux scientifiques ayant des applications industrielles.

Pourquoi Avelino Corma est-il célèbre ?

Pour ses travaux sur la catalyse, en particulier les zéolithes, utilisées dans le raffinage et la chimie. Il a fondé et dirigé de 1990 à 2010 l’Institut de technologie chimique de Valence et a reçu le prix Prince des Asturies en 2014.

Rhodia existe-t-il encore ?

Rhodia a été racheté par Solvay en 2011. Depuis la scission de Solvay en décembre 2023, ses anciennes activités sont réparties entre Solvay et Syensqo.

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Fondatrice de BK SEO Marketing
Cristina Balan est la fondatrice de BK SEO Marketing, société éditrice des plateformes Edubourse.com et TraderFrancophone.fr. Elle compte 15 ans d'expérience dans le courtage en ligne, dont 10 ans à la tête d'équipes commerciales chez XTB et Admirals (XTB 2011–2016, Admirals 2016–2021). Diplômée de l'ESCP Europe, elle a réussi l'examen de certification professionnelle AMF (janvier 2012) et a réussi l'examen CFA Level I (CFA Institute, 2011). Elle conçoit et supervise les contenus et analyses destinés aux investisseurs, avec un objectif : une information fiable, structurée et accessible.