La Banque Centrale Européenne (BCE) devrait abaisser ses taux d’intérêt de 25 points de base jeudi, ce qui constituerait la première baisse de ce type dans la zone euro depuis 2019. Avec une probabilité de 99 % d’une baisse des taux déjà prise en compte sur le marché des swaps de la zone euro, l’attention se porte désormais sur les actions ultérieures de la BCE.
Baisse des taux de la BCE assurée
Le marché anticipe pleinement une baisse des taux, qui serait la première depuis 2019. Les décideurs politiques se sont montrés très loquaces en affirmant que le mois de juin était « en marche ». Dans une récente interview, l’économiste en chef de la BCE, Philip Lane, a déclaré qu' »à ce stade, ce que nous voyons est suffisant pour lever le niveau supérieur de restriction ». Il n’y a pas de signal plus clair que celui-là dans le discours d’une banque centrale, et il y a eu beaucoup d’autres personnes qui ont dit en gros qu’il y aurait un abaissement en juin.
Recalibrage des anticipations de futures baisses de taux de la BCE
Au cours de la période précédant cette réunion, les attentes concernant les futures baisses de taux de la BCE ont connu un ajustement significatif. Actuellement, la probabilité d’une baisse en juillet n’est plus que de 12 %. Les probabilités d’une baisse des taux en septembre et en décembre ont également diminué, les probabilités étant désormais de 62 % et 54 %, respectivement. Même avec la baisse des taux prévue ce jeudi, le marché considère qu’il s’agit d’une baisse prudente ou « hawkish », suggérant que la BCE procédera avec précaution à toute réduction future.
Le marché anticipe désormais moins de 2,5 baisses de taux de la BCE cette année, soit une diminution par rapport aux 3 baisses attendues ces dernières semaines. Les attentes concernant les taux de décembre ont augmenté depuis janvier. Le marché s’attend maintenant à ce que les taux de fin d’année atteignent 3,27 %, ce qui représente une hausse significative par rapport aux taux légèrement supérieurs à 2,2 % anticipés en janvier.
L’issue de cette réunion sera déterminante pour savoir si ces prévisions de taux à long terme continuent d’augmenter ou se stabilisent.
Projections économiques de la BCE
La BCE présentera également des prévisions macroéconomiques actualisées au cours de cette réunion. Ces prévisions sont cruciales, d’autant plus que le taux d’inflation a augmenté en mai. En mars, la BCE prévoyait une forte baisse de l’inflation au cours des prochaines années, avec des taux de 2,3 % en 2025, 2 % en 2025 et 1,9 % en 2026. Cependant, l’inflation est passée de 2,4 % en avril à 2,6 % en mai, ce qui indique une augmentation des pressions sur les prix, contrairement aux prévisions précédentes de la BCE.
En outre, les pressions sur les prix pourraient se poursuivre en raison de facteurs tels que la croissance des salaires, qui est passée de 4,5 % au troisième trimestre à 4,7 % au premier trimestre. Le taux de chômage de la zone euro ayant atteint un niveau record de 6,5 % au premier trimestre, l’étroitesse du marché du travail pourrait soutenir les pressions inflationnistes. Par conséquent, la BCE pourrait revoir ses prévisions d’inflation à la hausse pour cette année et l’année prochaine, ce qui pourrait conduire à un nouveau report des réductions de taux.
Impact de la réunion de la BCE sur l’Euro
La paire EUR/USD évolue dans un range étroit entre 1,08 et 1,09.
- Si la BCE révise à la hausse ses prévisions d’inflation, l’Euro Dollar pourrait casser le niveau de 1,09 et viser 1,10. Une position plus ferme de la BCE pourrait également avoir un impact négatif sur les actions.
- Si la BCE surprend le marché avec un résultat plus accommodant ou « dovish », l’impact baissier sur EUR USD pourrait être plus fort avec la paire de devises qui pourrait rapidement tomber à 1,08 et poursuivre sa chute à court terme. De leur coté les actions pourraient fermement rebondir.
En conclusion, la BCE devrait adopter une position plus ferme, ce qui pourrait limiter les nouvelles baisses de taux cette année. Les attentes du marché concernant les baisses de taux de la BCE ont déjà diminué, mais il pourrait y avoir des ajustements supplémentaires si la BCE révise les prévisions d’inflation à la hausse et si Lagarde signale une approche plus prudente des futures baisses de taux.