La Corée du Nord est un pays isolé internationalement, avec un système économique particulier. De ce fait, existe-il une bourse Corée du Nord ? Quels sont les indices boursiers du pays ? Dans cet article, nous allons examiner de plus près la situation financière singulière de ce pays et ses tentatives limitées dans le domaine des marchés financiers.
La Corée du Nord et la bourse : une histoire complexe
La Corée du Nord n’a pas de bourse officielle. Le pays n’a pas de marché financier organisé, ni de système bancaire moderne. Le won nord-coréen, la monnaie nationale, n’est pas convertible sur le marché international. Le pays utilise principalement le dollar américain, le yuan chinois ou l’euro pour ses transactions commerciales avec l’étranger.
L’économie de la Corée du Nord est largement basée sur l’autarcie, le contrôle étatique et la planification centralisée. Le pays ne publie pas de statistiques officielles sur son produit intérieur brut (PIB), son inflation, sa balance commerciale ou ses réserves de change.
Bourse Corée du Nord : existe-il des indices boursiers ?
La Corée du Nord n’a pas de véritable indice boursier, qui refléterait la valeur de ses entreprises et de son économie. Le seul indice qui existe est le Koryo Composite Index (KCI), créé en 2012 par une société sud-coréenne, Daishin Securities.
Cet indice suit la performance de 30 entreprises nord-coréennes, dont la plupart sont des filiales de sociétés chinoises, qui sont cotées sur des bourses étrangères, comme la bourse Hong Kong ou la bourse Shanghai. Le KCI n’est donc pas représentatif de l’économie nord-coréenne, mais il donne une idée de son potentiel.
L’état de l’économie de la Corée du Nord
Il existe quelques moyens indirects d’obtenir des informations sur l’économie nord-coréenne et ses perspectives. L’un d’eux est d’observer les indices boursiers des pays voisins, notamment la Corée du Sud et la Chine, qui sont les principaux partenaires commerciaux de la Corée du Nord. Ces indices peuvent être affectés par les tensions politiques, les sanctions internationales, les échanges humanitaires ou les projets de coopération entre les deux Corées ou entre la Corée du Nord et la Chine.
Par exemple, le **KOSPI**, l’indice phare de la bourse de Séoul, qui regroupe les 200 plus grandes entreprises sud-coréennes, a tendance à baisser lorsque la Corée du Nord effectue des essais nucléaires ou des tirs de missiles balistiques, ce qui augmente le risque de conflit dans la péninsule coréenne. À l’inverse, le KOSPI peut augmenter lorsque les relations entre les deux Corées s’améliorent, comme lors des sommets intercoréens de 2018 ou de la déclaration conjointe sur la dénucléarisation de 2019.
De même, le **SSE Composite**, l’indice principal de la bourse de Shanghai, qui regroupe les actions cotées sur le marché chinois, peut être influencé par les événements en Corée du Nord. La Chine est le principal allié politique et économique de la Corée du Nord, et représente plus de 90 % de son commerce extérieur. La Chine soutient également la Corée du Nord sur la scène internationale, en s’opposant aux sanctions trop sévères ou en favorisant le dialogue avec les États-Unis. Le SSE Composite peut donc réagir aux signes d’apaisement ou d’escalade entre Pékin et Pyongyang
Taille de la Bourse Corée du Nord
- Le marché de capital de la Corée du Nord est très limité et peu transparent. Il n’existe pas de bourse officielle ni de marché secondaire pour les titres financiers.
- La plupart des transactions se font de gré à gré ou sur des marchés informels, souvent contrôlés par des réseaux de « donjus », des entrepreneurs privés qui profitent de la tolérance du régime à l’égard de l’économie de marché .
- Le nombre des investisseurs est difficile à estimer, mais il est probablement très faible, car la population manque de revenus et de confiance dans le système financier. Les sanctions internationales, la fermeture des frontières due à la pandémie et la crise économique et humanitaire ont encore réduit les possibilités d’investissement et d’accès au capital .