Combien gagnait Baudouin Prot à la tête de BNP Paribas ? Directeur général de la banque de 2003 à 2011, puis président de 2011 à 2014, il a dirigé l’un des rares grands établissements européens restés bénéficiaires pendant toute la crise financière de 2008. Cette page rassemble les chiffres connus de sa rémunération, toujours avec leur année et leur source, rappelle son parcours et explique comment lire la rémunération d’un dirigeant de banque quand on est actionnaire.
Qui est Baudouin Prot ?
Né le 24 mai 1951 à Paris, Baudouin Prot est diplômé d’HEC Paris (1972) et ancien élève de l’ENA (promotion Guernica, 1974-1976). Il commence sa carrière à l’Inspection générale des finances (1976-1980), puis devient adjoint du directeur général de l’Énergie et des Matières premières au ministère de l’Industrie.
Il entre à la Banque nationale de Paris (BNP) en 1983. Il y occupe successivement des postes à l’international, à la direction de l’Europe, puis à la direction des réseaux en France, avant d’être nommé directeur général de la BNP en septembre 1996. Après la fusion avec Paribas en 2000, il devient administrateur et directeur général délégué, puis directeur général du nouvel ensemble BNP Paribas, aux côtés du président Michel Pébereau. En décembre 2011, il succède à ce dernier à la présidence du conseil d’administration, fonction qu’il quitte le 1er décembre 2014 au profit de Jean Lemierre.
Son fils, Alexandre Prot, est le cofondateur de la néobanque Qonto.
Le bilan : BNL, Fortis et la traversée de la crise
Deux acquisitions majeures marquent son mandat :
- 2006 : rachat de Banca Nazionale del Lavoro (BNL), alors sixième banque italienne, qui donne à BNP Paribas un second marché domestique en Europe.
- 2009 : reprise de Fortis Banque, première banque belge, et de sa filiale luxembourgeoise, dans le sillage du sauvetage du groupe Fortis. L’État belge devient à cette occasion un actionnaire important de BNP Paribas.
En 2008, au plus fort de la crise, BNP Paribas dégage un bénéfice net supérieur à trois milliards d’euros. La banque fait partie des rares grands établissements mondiaux à n’avoir enregistré aucun exercice déficitaire pendant cette période. Ces résultats valent à Baudouin Prot plusieurs distinctions : « Financier de l’année » de l’Andese en 2006 et 2009, « Stratège de l’année » de La Tribune en 2009, « meilleur dirigeant bancaire européen » d’Institutional Investor en 2010. De septembre 2009 à septembre 2010, il préside aussi la Fédération bancaire française.
Rémunération de Baudouin Prot : les chiffres par année
Les montants ci-dessous correspondent aux rémunérations publiées à l’époque à partir des documents de BNP Paribas et reprises par la presse et par Wikipédia. Pour le détail officiel (fixe, variable, éléments différés, options), la référence reste le document de référence de BNP Paribas de l’année concernée.
| Année | Fonction | Rémunération rapportée | Commentaire |
|---|---|---|---|
| 2007 | Directeur général | 5 964 029 € | Année record avant la crise |
| 2008 | Directeur général | 6 231 852 € | Montant versé, en partie au titre de l’exercice précédent |
| 2009 | Directeur général | 1 045 530 € | Renoncement aux bonus, pas de stock-options attribuées |
| 2011 | Directeur général puis président | Fixe proche d’1 M€, variable annoncé de plus de 5 M€ | Selon les annonces reprises par la presse |
| 2014 | Départ | Retraite supplémentaire d’environ 500 000 € par an | Montant rapporté par la presse à son départ |
La chute de 2009 s’explique par un geste fort : en pleine crise, Baudouin Prot et Michel Pébereau renoncent à leurs bonus et refusent l’attribution de stock-options pour l’année. Les banques françaises étaient alors soutenues par l’État via la Société de financement de l’économie française, ce qui rendait les rémunérations élevées politiquement très sensibles.
Des documents déclarés à l’Autorité des marchés financiers font également état d’exercices de stock-options suivis de cessions d’actions, une pratique courante pour les dirigeants rémunérés en partie en options.
Comment lire la rémunération d’un dirigeant de banque
Depuis la crise de 2008, la rémunération des banquiers est encadrée plus strictement que dans les autres secteurs. Quelques repères :
- Plafonnement du bonus : depuis la directive européenne CRD IV, appliquée à partir de 2014, la part variable des preneurs de risques ne peut en principe pas dépasser 100 % de la part fixe (200 % avec l’accord des actionnaires).
- Paiement différé : une part importante du variable est versée sur plusieurs années et peut être réduite ou annulée en cas de pertes ou de comportement fautif (« malus » et « clawback »).
- Paiement en titres : une partie du variable est versée en actions ou en instruments indexés sur le cours, pour aligner les intérêts du dirigeant sur ceux des actionnaires.
- Vote des actionnaires : les assemblées générales se prononcent sur la politique de rémunération et sur les montants versés.
Pour l’actionnaire, la question n’est pas seulement « combien », mais « en échange de quoi ». Les critères du variable (rentabilité des fonds propres, coût du risque, solvabilité) révèlent les priorités du conseil. Les comparaisons doivent aussi tenir compte de la taille et du profil de risque de la banque.
BNP Paribas en 2026 : où en est la banque ?
Depuis le départ de Baudouin Prot, BNP Paribas a été dirigée par Jean-Laurent Bonnafé comme directeur général, avec Jean Lemierre comme président. La banque a poursuivi une stratégie de diversification entre banque de détail en Europe, banque de financement et d’investissement, gestion d’actifs et assurance. Elle a notamment cédé sa filiale américaine Bank of the West en 2023 et annoncé en 2024 le rachat d’AXA Investment Managers, pour renforcer sa gestion d’actifs.
Pour analyser la valorisation, le dividende et les risques de la banque, consultez notre fiche sur l’action BNP Paribas, et pour comparer avec un concurrent mutualiste coté, celle sur l’action Crédit Agricole.
Les valeurs bancaires réagissent fortement aux annonces de taux d’intérêt et aux résultats trimestriels. Pour se positionner à court terme sur ces mouvements, certains investisseurs utilisent des CFD ; notre avis sur Vantage présente un courtier qui en propose sur les grandes actions européennes. Les CFD sont des produits à effet de levier qui comportent un risque élevé de perte. Pour une détention de long terme, les actions BNP Paribas et Crédit Agricole sont éligibles au PEA. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.
FAQ
Combien gagnait Baudouin Prot chez BNP Paribas ?
Selon les montants publiés à l’époque, 5 964 029 € en 2007, 6 231 852 € en 2008 et 1 045 530 € en 2009, année où il a renoncé à ses bonus.
Pourquoi sa rémunération a-t-elle baissé en 2009 ?
En pleine crise financière, Baudouin Prot et Michel Pébereau ont renoncé à leurs bonus et à l’attribution de stock-options.
Qui a succédé à Baudouin Prot ?
Jean-Laurent Bonnafé est devenu directeur général en 2011, et Jean Lemierre a succédé à Baudouin Prot à la présidence en décembre 2014.